BEAU Hippolyte, Marcel

Par Delphine Leneveu, Claude Pennetier, Dominique Tantin

Né le 9 mai 1906 à Lavaudieu (Haute-Loire), fusillé comme otage le 2 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier maçon à Brioude, manoeuvre, ouvrier-savonnier à Clermont-Ferrand ; syndiqué CGTU puis CGT ; résistant dans le réseau Marceau.

Graffiti de la Chapelle des Fusillés au Mont-Valérien : " Beau (illisible) Mort pour la France 2 Octobre".
ONACVG Mont-Valérien

Fils de Pierre, cultivateur et de Louise, née Javaugue, ménagère, Hippolyte Beau fut d’abord maçon à Brioude (Haute-Loire) de 1931 à fin 1935 puis chez la société Vaury rue de Grande-Bretagne à Clermont-Ferrand pendant un an, puis manoeuvre spécialisé aux Ateliers de Construction du Centre (ACC) à Clermont-Ferrand, puis ouvrier-concierge à l’usine Savosse au domaine de Pontcharroux, commune de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), près d’Aulnat.
Il se maria le 27 avril 1929 à Lavaudieu avec Jeanne Compte, qui décéda le 3 mars 1946. Ils eurent deux enfants, Gabriel (1931) et Juliette (1936).
Hippolyte Beau habitait avant d’être concierge, 85 rue du Ressort à Clermont-Ferrand, au domaine de Pontcharroux.
Il est considéré en 1943 comme un ancien militant syndical très actif, militant à la CGTU quand il était maçon à Clermont-Ferrand. On lui reproche aussi d’avoir été particulièrement actif aux ACC en particulier au moment de la grève générale du 30 novembre 1938 qui entraîna son licenciement des Ateliers de Construction du Centre, rue du pré la Reine, à Clermont-Ferrand, en janvier 1939. Il est considéré comme de tendance socialiste mais sympathisant "avec les extrémistes".

Affilié au réseau Marceau à compter du 5 janvier 1943, « sous-chef » des parachutages, il constitua un dépôt d’armes à son domicile situé sur son lieu de travail à l’entrepôt de la savonnerie Savosse, route du Pont-du-Château à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Il mit une cave à la disposition du réseau pour y stocker à la fin du mois d’avril 1943 sept containers contenant des mitraillettes, munitions et grenades provenant des parachutages de Saint-Ours-les-Roches (Puy-de-Dôme).
Il fut arrêté par la Sipo-SD le 4 mai 1943 à son domicile à la suite d’une perquisition. Selon son épouse et le témoignage d’un des membres de son réseau, il aurait été dénoncé à la police allemande par un membre du réseau, emprisonné à la Libération et contre lequel sa femme déposa plainte.
D’abord interné à la prison militaire allemande de Clermont-Ferrand, installée dans la caserne du 92e Régiment d’infanterie, Hippolyte Beau fut torturé, ainsi que sa femme put le constater lors d’un parloir. Transféré de Clermont à Moulins (Allier), il fut ensuite conduit au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis) avec d’autres captifs, enchaîné à Jules, imprimeur à Clermont ; ils arrivèrent à Romainville le 25 septembre dans la matinée. Le 30 septembre, un photographe requis par les autorités allemandes, Le Gay, domicilié 2 place de la Mairie aux Lilas (Seine, Seine-Saint-Denis), a photographié tous les internés du fort et a donné son adresse en cachette aux internés.
Le 2 octobre vers 18 heures, après étiquetage des objets personnels, cinquante détenus de Romainville – parmi lesquels Hippolyte Beau – ont été enfermés dans des cars, escortés par un nombre double de sentinelles, conduits au Mont-Valérien et fusillés comme otages entre 18 heures et 19 heures en représailles à l’exécution de Julius Ritter, colonel SS, responsable en France du Service du travail obligatoire (STO), abattu le 28 septembre 1943 par un détachement des Francs-tireurs et partisans-Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) composé de Marcel Rayman, Léo Kneler, Spartaco Fontanot et Celestino Alfonso. Il fut incinéré au Père-Lachaise à Paris et ses cendres furent rendues à son épouse avec ses objets personnels.
Déclaré « Mort pour la France » le 10 mai 1946, il a été homologué au grade de sous-lieutenant le 17 novembre 1947 et reconnu « Interné Résistant » le 27 avril 1953. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de sa commune natale, sur le Monument commémoratif cloche au Mont-Valérien, sur le Monument aux Morts à Mazerat-Aurouze (Haute-Loire).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159470, notice BEAU Hippolyte, Marcel par Delphine Leneveu, Claude Pennetier, Dominique Tantin, version mise en ligne le 4 juin 2014, dernière modification le 28 mars 2021.

Par Delphine Leneveu, Claude Pennetier, Dominique Tantin

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Graffiti de la Chapelle des Fusillés au Mont-Valérien : " Beau (illisible) Mort pour la France 2 Octobre".
ONACVG Mont-Valérien

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Mémoire des hommes. – Sur le réseau Marceau, on peut consulter le dossier déposé aux archives de l’Institut d’Histoire du Temps Présent (IHTP-CNRS) sous la cote 72 AJ 63. — Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 900 W 84, dossier d’internement d’Hippolyte Beau. — Mémorialgenweb. — État-civil Lavaudieu (en ligne). — Compléments par Eric Panthou.

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