DARRITCHON Alexandre

Par Dominique Tantin

Né le 12 juillet 1892 à Biarritz (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques), fusillé le 27 novembre 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; entrepreneur du bâtiment ; résistant.

Fils de Bernard et de Marie née Larroude, Alexandre Darritchon épousa Marthe Léonie Lajus dont il eut deux filles, Madeleine (1913) et Marguerite (1915). Le couple résidait à Biarritz, chemin Simonet.
Il s’engagea dans la Résistance au sein du Réseau Georges-France 31. Il s’agissait d’un réseau de renseignements britannique créé fin 1940-début 1941 autour de Suzanne Wilborts, l’épouse du médecin de l’île de Bréhat (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) dont la fille, Marie-José (Chombart de Lauwe après la guerre), servit d’agent de liaison entre Bréhat et Rennes. Ce réseau eut des ramifications jusqu’à la frontière espagnole, avec comme missions l’espionnage des forces d’occupation, l’envoi de courrier vers la zone libre et la transmission d’informations aux Alliés sur les bases et les chantiers de la marine à Lorient. Alexandre Darritchon y fut incorporé comme agent P2 du 1er mars 1941 au 27 novembre 1942.
Dénoncé, il fut arrêté à son domicile par la Sipo-SD le 29 octobre 1941. La perquisition permit de découvrir des armes. Interné quelques jours à Biarritz, il fut transféré à Fresnes (cellule 401) début novembre.
Condamné à mort par le tribunal militaire allemand du Gross Paris, rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.), le 12 novembre, il fut exécuté au Mont-Valérien le 27 novembre 1942 à 16 h 20.
À la Libération, il fut homologué en tant que Chargé de mission de 3e classe, correspondant au grade de sous-lieutenant de la Direction générale des études et de recherches (DGER), organisme créé en 1944 et résultant de la fusion entre l’ancien Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) de Londres et les Services de renseignements d’Alger. La DGER deviendra le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) en 1946.
Déclaré « Mort pour la France » le 27 mars 1948, il fut reconnu « Interné Résistant » le 23 juillet 1953. La Médaille commémorative de la guerre 1939-1945 avec barrette, pour service aux Nations unies, lui fut décernée à titre posthume par le maréchal Montgomery. Une rue de Biarritz porte son nom.

L’abbé Stock, aumônier allemand écrivit :
« 16 exécutions. Visite à Fresnes, où appris que 16 exécutions prévues pour l’après-midi.
Darrtichon Alexandre ; Gontier Pierre ; Ross René ; Netter Jean ; Vinçon ; Chevaux ; Huet Pierre ; Leblond Charles ; Camus René ; Roussel Ernest ; Hugon A.Casimir ; Mascré ; Renard Maxime ; Massé Eugène.(...)
Se sont confessés et ont communié parmi eux : Daritchon Alexandre (...)
l’exécution eut lieu à 4 heures au Mont-Valérien. N’en suis parti qu’à 5h30. Arrivâmes au cimetière, tout était fermé. Nous finîmes par y entrer, avec des lanternes. Il faisait déjà nuit noire. Les 16 furent enterrés vers 7 heures environ. 47ème div. 2ème ligne . »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159481, notice DARRITCHON Alexandre par Dominique Tantin, version mise en ligne le 4 juin 2014, dernière modification le 13 novembre 2020.

Par Dominique Tantin

SOURCES : DAVCC, Caen. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet ONAC. — Abbé Stock, Carnet de guerre, op. cit.

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