DHEILLY Henriette, Augustine, née NEUVILLE

Par Gilles Pichavant

Née le 27 juillet 1898 à Étainhus (Seine-Inférieure ; Seine-Maritime), morte le 21 février 1964 à (illisible) ; institutrice publique ; syndicaliste CGT ; militante de Comité Mondial des Femmes contre la Guerre et le Fascisme.

Fille d’un chef de gare et d’une ménagère, Henriette Neuville devint institutrice publique. Le 29 septembre 1924, elle se maria à Sainte-Agathe d’Aliermont (Seine-Inférieure) avec Alfred Dheilly*, qui était dessinateur aux Ponts et Chaussées.
Ils eurent deux filles, Françoise née en 1925, et Martine née en 1930. Dans les années 1930 le couple était installé à Sotteville, Henriette Dheilly fut Institutrice publique à l’école Jean-Jaurès de Sotteville-Lès-Rouen, puis à l’école Marcel Sembat. Ils habitèrent rue Lemoine Prolongée à Sotteville les Rouen, puis, en 1940, au N°2 rue Laboureur.

Alors qu’Alfred Dheilly était secrétaire permanent des Amis de l’URSS en Seine-Inférieure, elle devint secrétaire du Comité mondial des Femmes contre la Guerre et le Fascisme pour la Seine-Inférieure. Dès le début du Front populaire, elle intervint à ce titre dans de nombreux meetings comme celui du 16 octobre 1935 à Sotteville.

Le 30 septembre 1939 elle subit une première perquisition, dans laquelle la police trouva une bibliothèque d’ouvrages et de revues, qualifiés d’inspiration communiste, par la police, ainsi que la correspondance du mouvement "Paix et Liberté", le tout antérieure au 1er septembre 1939. Cette affaire se termina par un non lieu, le procureur estimant que la seule détention de ces documents n’était pas suffisant pour justifier une poursuite

Le 9 mai 1940 à 19h30 elle subit une perquisition de la police à son domicile, alors que s’y trouvaient deux personnes qui furent fouillées au corps. On saisit chez elle un carnet où se trouvaient des adresses de personnes comme Mme Gabrielle Duchesne, ex-secrétaire nationale du Comité mondial de femmes, Mme Hélène Salomon*, fille de Paul Langevin (Voir Jacques Salomon), des militants de la CGT comme Fernand Legagneux, ex-secrétaire général de l’Union départementale CGT, Paule Morere*, ex-trésorière de l’Union locale CGT de Dieppe, Louis Canton*, etc. Soupçonnée de tentative de reconstitution du parti communiste dissout et interdit, elle fut convoquée au commissariat et interrogée le 14 mai 1940. Elle dut s’expliquer sur l’existence de ce carnet et sur d’autres documents trouvés chez elle. Une nouvelle fois cela s’arrêta là. Lors de cet interrogatoire elle déclara qu’elle n’avait jamais été membre du Parti communiste.

Mais la police de s’arrêta pas là, et continua d’enquêter sur elle. Finalement, le 15 novembre 1940, elle fut déplacée à Mantilly (Orne).

Elle doit se confondre avec Henriette Dheilly dite « Claire Beaudoin », qui dans L’École libératrice, de septembre 1944, membre du comité directeur du Syndicat clandestin des instituteurs, signa l’appel à constituer un Syndicat national des instituteurs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159527, notice DHEILLY Henriette, Augustine, née NEUVILLE par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 9 juin 2014, dernière modification le 7 novembre 2017.

Par Gilles Pichavant

SOURCE : Arch. Dép. de Seine-Maritime, cote 1M 630. — Arch. de l’Union locale CGT, 1934-1940, dans les Archives de la CGT à Montreuil, cote 1PA 12 (Front Populaire).

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