LAPORTE J.-B. [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Mineur ; militant syndicaliste membre de l’UMW ; coopérateur ; proche de la mouvance anarchiste, puis membre du PSA.

Corrézien d’origine, J.-B. Laporte émigra aux États-Unis à une date inconnue et s’installa à Elmwood (Iowa). En 1895, il était proche de la mouvance anarchiste et figurait au nombre des abonnés de L’Ami des ouvriers. En août 1898, il avait déménagé pour s’installer à Colfax dans le même État. À cette date, il envoya la somme de 1 dollar à la souscription ouverte au profit de La Tribune libre. Dans une série de correspondances échangées avec la rédaction de cette feuille, il indiquait que le syndicat était solidement implanté dans cette localité et qu’il contrôlait de facto l’embauche des nouveaux mineurs. J.-B. Laporte invitait donc tous les mineurs syndiqués à venir à Colfax. Il fut toutefois vertement pris à partie par André Doms. Ce dernier affirmait que Laporte avait été chassé par les ouvriers lorsqu’il travaillait dans l’État du Washington et qu’il avait cessé de régler ses cotisations de membre de la section 178 de l’UMW de Beacon depuis 6 mois.

Rallié au socialisme, J.-B. Laporte fut l’un des tout premiers abonnés de L’Union des travailleurs en 1901. En juillet il se disait toujours membre de la section locale de l’UMW de Colfax, se félicitant dans les colonnes de l’hebdomadaire socialiste de la bonne santé du syndicat.

En octobre 1905, il se trouvait à Chant (Territoire Indien), décidé à faire tout ce qui était en son pouvoir pour venir en aide à l’hebdomadaire socialiste francophone. À l’automne 1906, il tenta de fonder dans cette localité une section socialiste, sans que l’on sache si sa démarche aboutit. En 1909, J.-B. Laporte était membre du PSA. Il annonçait également qu’un store coopératif était en voie d’organisation.

Trois ans, plus tard J.-B. Laporte avait de nouveau déménagé et habitait à McCurtain (Oklahoma). Dans une lettre à la rédaction de L’Union des travailleurs, il dressait le triste bilan de l’explosion qui venait de faire 72 morts à la mine n° 2. Il disait y avoir lui-même travaillé durant 7 ans et 3 mois et en être parti parce qu’on refusait de prendre en compte ses avertissements concernant la sécurité (il y occupait la fonction de pit-boss). Deux mois après son départ, deux explosions meurtrières s’étaient produites en l’espace de trois jours. Il avait également été proposé comme candidat pour le poste d’inspecteur en chef des mines, mais sa candidature avait été avancée par les autorités du comté de Haskell sans son consentement. Il se disait plus socialiste que jamais.

J.-B. Laporte demeura un fidèle abonné de L’Union des travailleurs jusqu’en 1913 au moins.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159596, notice LAPORTE J.-B. [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 7 juin 2014, dernière modification le 30 décembre 2019.

Par Michel Cordillot

SOURCES : L’Ami des ouvriers, octobre 1895. — La Tribune libre, 18 août 1898, 19 janvier, 26 octobre, 16 novembre, 14 décembre 1899, 4 janvier 1900. — L’Union des travailleurs, 4 juillet 1901, 26 octobre 1905, 8 novembre 1906, 30 septembre 1909, 21 mars, 4 avril 1912 entre autres.

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