LETOQUARD Auguste [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Né vers 1840, mort après 1915 ; marié ; ouvrier bijoutier, puis médecin électrothérapeuthe ; membre de l’AIT et communard ; exilé aux États-Unis ; coopérateur convaincu ; membre du SLP, puis proche de la mouvance libertaire, et finalement rallié au PSA ; collaborateur occasionnel de La Tribune libre et de L’Union des travailleurs.

Ouvrier bijoutier installé à Paris, Auguste Letoquard adhéra à l’AIT à la fin des années 1860. Commissaire de police, sous la Commune, au quartier de la Goutte d’Or (XVIIIe arr.), il fut le premier à réclamer la création d’un Ministère du Travail.
Il fut condamné par contumace, le 3 décembre 1872, par le 6e conseil de guerre, à la déportation dans une enceinte fortifiée et amnistié en 1879. C’est à peu près à cette époque qu’il devint, selon ses dires, médecin électrothérapeuthe.

On retrouve Auguste Letoquard une vingtaine d’années plus tard, installé à New York, à la tête d’un dispensaire français installé 81 McDougal street. Membre du Socialist Labor Party durant une brève période, il en fut exclu après avoir été accusé de nourrir des sympathies pour le Parti démocrate.

En 1896, il prit contact avec la rédaction de La Tribune libre pour lui annoncer son adhésion à l’Association internationale de coopération. Il estimait démontrer ce faisant sa fidélité aux idées qu’il avait défendues 35 années auparavant dans l’Internationale ; il déclarait aussi mettre à la disposition des militants intéressés sa bibliothèque (riche de 2 000 volumes) et son dispensaire.

Dans un article publié par La Tribune libre le 30 septembre 1897 (« Les causes de l’anarchie »), Auguste Letoquard se définissait comme libertaire plutôt que comme anarchiste, et il appelait les lecteurs à adhérer à la Brotherhood of cooperative commonwealth, un mouvement issu du populisme auquel allaient s’intéresser de près le dirigeant socialiste américain Eugene Debs et les membres du groupe Social Democracy, et qui venait de lancer une colonie à Buckley (Washington). Il se laissait également aller à faire étalage de son antisémitisme en définissant comme suit la République : « c’est là où la juiverie, sans distinction de religion, trône en maître. »

Dès 1898, suite à la proposition faite par J.-B. Berthon (voir ce nom) au nom du groupe libertaire de Blythedale, Auguste Letoquard fut l’un des tout premiers à se prononcer sans réserve en faveur de la création d’une Fédération socialiste (en fait anarchiste) de langue française. Fin 1899, il déménagea pour s’installer 227 Sullivan street.

En mars 1901, Auguste Letoquard figura parmi les tout premiers abonnés de L’Union des travailleurs, y faisant insérer, comme auparavant dans La Tribune libre, des publicités payantes. En 1902, il emménagea 63 Downing street.

En février 1915, il fut hospitalisé à New York. Âgé de soixante-quatorze ans, il fit savoir aux lecteurs de l’hebdomadaire socialiste francophone qu’il lui serait agréable de recevoir des visites. En septembre de la même année, il figurait toujours au nombre des collaborateurs de L’Union des travailleurs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159603, notice LETOQUARD Auguste [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 7 juin 2014, dernière modification le 22 décembre 2019.

Par Michel Cordillot

SOURCES : Arch. Min. Guerre, 6e conseil (n° 754). — Arch. PPo., listes de contumaces. — La Tribune libre, passim. — L’Union des travailleurs, mars 1901, 6 mars 1902, 1er août 1907, 11 février, 11 mars, 2 septembre 1915 entre autres.

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