RIDEL Fernand, Félix, Marie

Par Annie Pennetier

Né le 5 janvier 1897 à Redon (Ille-et-Vilaine), mort le 16 septembre 1978 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; avocat au barreau de Nantes, dit par erreur exécuté comme otage le 22 octobre 1941 au terrain militaire du Bêle à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) mais en fait désigné comme otage mais hospitalisé ; avocat ; résistant du groupe des Anciens Combattants de Nantes ; vice -président de la Fédération nationale des combattants républicains.

Fils de Félix Ridel, négociant, et de Berthe Cheguillaume, sans profession, Fernand Ridel, engagé volontaire le 11 janvier 1915, à dix-huit ans, combattit dans le 28e régiùment d’artillerie puis au 86e comme agent de liaison. Plusieurs fois gazé, il fut réformé à 20% pour bronchite chronique. Il s’était marié le 3 février 1926 dans les Côtes-d’Armor avec France Marie d’Autremont.
Mobilisé en mars 1940, il fut réformé temporaire en avril. Le 15 juin , Fernand Ridel, président de l’Union des camarades des tranchées, participa à la constitution du Comité d’entraide des Anciens combattants aux prisonniers de Nantes, créé par Léon Jost président de la fédération des anciens combattants de Loire-Inférieure. Le comité constitué d’une trentaine de volontaires venait en aide aux prisonniers, Fernand Ridel s’occupait particulièrement des casernes de Nantes et des trois camps de Savenay. Dans ces lieux, ainsi qu’à Châteaubriant et à Château-Bougon, 50000 prisonniers furent ravitaillés grâce à la mobilisation de ces volontaires. Fin juin, commença l’organisation de nombreuses évasions, Fernand Ridel indique 2248 dont 300 à son actif.
Soupçonnés, quatre membres du comité furent arrêtés, le 15 janvier 1941, par la police allemande dans leur local de la rue Saint-Léonard de Nantes mais aussi Léon Jost et Alexandre Fourny, socialiste,chef régional du réseau Georges-France 31, et le lendemain Fernand Ridel. Internés à la prison des Rochettes, interrogés, personne ne parla. Ils furent envoyés au bout de trois semaines d’interrogatoires à la prison La Fayette. Maître Guinaudeau, bâtonnier au barreau de Nantes réussit à faire libérer ses confrères Léon Jost et Fernand Ridel, mais cette liberté fut de courte durée, car ils furent de nouveau incarcérés à la mi-février. Leur procès se tint durant l’été ; Fernand Ridel, Léon Jost, Alexandre Fourny, Paul Birien, Joseph Blot, Auguste Blouin furent condamnés à trois ans de forteresse ; leurs avocats firent appel mais leurs peines furent confirmées.

À la suite de l’attentat meurtrier contre le Feldkomandant de Loire-Inférieure Karl Hotz, le 20 octobre 1941, Fernand Ridel fut désigné comme otage mais il échappa à l’exécution car malade, quasi inerte dans sa cellule après le procès, il fut hospitalisé et alors que les soldats allemands vinrent le chercher à l’hôpital, il était rentré chez lui ; il fut de nouveau hospitalisé le 2 novembre alors que son nom était inscrit sur la deuxième liste des otages.

Fernand Ridel fut envoyé en résidence forcée chez ses beaux-parents à Merdrignac (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) avec comme otages son épouse et Madame de Sesmaisons, volontaire. Après treize mois de convalescence, en mai 1943, il reprit sa place dans la résistance sous les ordres de Le Bouteiller au Front national de Loudéac (Morbihan). ll devint secrétaire du Comité de Libération de Loudéac et des environs. Lors de la Libération, il était capitaine au Bataillon Valmy attaché au colonel Marceau qui le nomma le 4 août, en accord avec le président du Comité départemental de Libération et du préfet, juge, puis rapporteur dans les commissions chargées du rétablissement des conseils municipaux de la région de Lamballe (Côtes-du-Nord). À sa demande, il retrouva la vie civile en décembre 1944 et recréa son cabinet d’avocat à Nantes, en mars 1945, sa maison, 5 Allée Brancas étant totalement sinistrée. Fernand Ridel écrivit son témoignage à partir de 1945.
Fernand Ridel était titulaire de la Croix de guerre avec palme.

Seize otages, dont les membres de son groupe des Anciens Combattants : Léon Jost, Alexandre Fourny, Joseph Blot, Paul Birien, Auguste Blouin ont été fusillés au terrain du Bêle à Nantes le 22 octobre 1941.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159640, notice RIDEL Fernand, Félix, Marie par Annie Pennetier , version mise en ligne le 28 février 2018, dernière modification le 30 juin 2021.

Par Annie Pennetier

SOURCES : J.-M. Berlière, F. Liaigre, Le sang des communistes, op. cit. — Sabine Prin, Les socialistes et la Résistance en Loire-Inférieure, L’Ours, 2008. — Fernand Ridel, Témoignages 1939-1945, Une page d’histoire, 1939-1945 Éd. des Paludiers, La Baule. — État civil en ligne cote 10 NUM 35236 243, vue 2.

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