CHANAL Gabriel, Pierre

Par Daniel Grason

Né le 14 octobre 1895 à La Roche-sur-Grâne (Drôme), mort le 15 avril 1945 à Schenkenskorff (Allemagne) ; imprimeur, serrurier ; communiste ; résistant ; déporté.

Fils de Pierre, fermier et d’Eugénie, née Rousset, ménagère, Gabriel Chanal obtint le CEP à l’issue de sa scolarité primaire. Il exerça la profession d’imprimeur, communiste, il était adhérent au Syndicat général du livre-papier et membre du Comité régional parisien de la lutte contre la guerre et le fascisme. Il travailla pendant la guerre comme serrurier chez Brandt 25 rue du Hameau à Paris (XVe arr.).
Il vivait 14 Rue Lakanal à Paris (XVe arr.), le 14 août 1941 vers 22 heures 30, des policiers du commissariat de Grenelle l’appréhendait à l’angle des rues Violet et du Théâtre en compagnie de Judas Eidelman et Raymonde Noyer. Le premier était porteur de tracts imprimés et ronéotypés, tous les trois participaient à la distribution de : « La France au pillage », « Charognards », « Les pillards à l’ouvrage » et l’Humanité clandestine qui portait en titre « Vive Staline ! L’URSS vaincra ! ».
Ils furent interrogés au commissariat de Grenelle (XVe arr.), Gabriel Chanal déclara qu’en « chemin il avait rencontré madame Noyer. Nous avons ensemble continué la promenade en suivant la rue du Théâtre, au coin de la rue Violet nous avons été arrêtés pour distribution de tracts. J’affirme n’en avoir eu aucun, et n’avoir pu en distribuer. Je ne connais pas le jeune homme [Judas Eidelman] avec qui nous avons été arrêtés ». Tous ignoraient qu’ils étaient suivis par des policiers en civil. Chanal assura qu’il ne militait plus au parti communiste depuis 1936.
Il a été incarcéré à la prison de la Santé, et comparut le 22 août 1941 devant la 12e chambre correctionnelle. Gabriel Chanal fut condamné à six mois de prison, Raymonde Noyer et Judas Eidelman étaient condamnés à la même peine. Le ministère public fit appel le 26 août 1941concernant Chanal et Eidelman estimant qu’il y avait lieu d’aggraver la peine. Il était reproché à Chanal de « persister à nier malgré les aveux de sa co-inculpée ».
La Section spéciale de la Cour d’appel de Paris le condamna le 17 octobre 1941 à trois ans de prison, Raymonde Derquenne à deux ans et Judas Eidelman à cinq ans de travaux forcés. Ce dernier désigné comme otage était passé par les armes le 14 mai 1942 à Caen (Calvados).
Le 12 mai 1944 Gabriel Chanal était dans le convoi de deux mille soixante-treize hommes à destination de Buchenwald (Allemagne), ils arrivèrent quarante-huit heures plus tard. Affecté au camp de Dora, puis au Kommando de Ellrich dépendant de Dora. Les détenus travaillaient sur des chantiers de travaux de génie civil en surface ou au creusement de galeries souterraines. Devant l’avance des armées alliées, le 5 avril 1945 les déportés étaient évacués, Gabriel Chanal matricule 51779 mourut le 15 avril 1945 à Schenkenskorff (Allemagne), certainement d’épuisement. Il a été homologué membre de la Résistance Intérieure Française.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159641, notice CHANAL Gabriel, Pierre par Daniel Grason, version mise en ligne le 22 mai 2016, dernière modification le 23 mai 2016.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/7 (dossier 83). – Arch. PPo., 1W 724, 77W 1728. – Bureau Résistance, GR 16 P 118668. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – JO n° 156 du 8 juillet 2009 page 11481. – Site internet GenWeb. – État civil, Arch. Dép. Drôme.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément