GOAZIOU Hébert [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Fils de Louis Goaziou né vers 1887, Hébert Goaziou aida très jeune son père à imprimer L’Union des travailleurs à Charleroi (Pennsylvanie). Une partie du matériel d’imprimerie avait été mis à son nom, et lors de la constitution de la coopérative de publication, il reçut en échange 20 actions. En 1905, il fut l’un des artisans du montage et de l’installation de la nouvelle presse. Dès lors sa vie se confondit avec celle de l’imprimerie dans laquelle il travaillait nuit et jour.

À l’âge de vingt ans Hébert Goaziou contracta une pneumonie et tomba gravement malade, au point que pendant près d’une semaine les médecins le crurent perdu. Il s’en remit pourtant et deux années plus tard, le 28 août 1909, il se maria civilement avec Célestine Reiter de Pittsburg (Pennsylvanie), qui était âgée de 19 ans. Ce mariage avait longtemps été retardé pour cause de salaire impayé et n’était devenu possible que grâce à la liquidation des arriérés de salaires. Le secret avait été bien gardé et le mariage coïncida avec le 26e anniversaire de mariage des parents Goaziou.

En décembre 1910, Hébert Goaziou fut élu membre du comité de direction et trésorier de L’Union des travailleurs lors de l’assemblée anuelle des actionnaires. Il figurait toujours sur la liste des actionnaires de la coopérative de publication rendue publique fin 1913. Il était par ailleurs membre de la très progressiste loge 301 du Droit Humain de Charleroi depuis 1911.

En 1914, Hébert Goaziou et son épouse achetèrent une ferme à l’extérieur de Charleroi. Sans doute avaient-ils décidé à s’adonner aussi à l’agriculture et à l’élevage. Pourtant dans le même temps, Hébert Goaziou se trouva appelé à jouer un rôle de plus en plus important à la tête de l’imprimerie du fait du retrait progressif des affaires de son père. Début 1916, il fut également appelé à assumer la responsabilité de secrétaire trésorier de la section de Charleroi de l’Union Typographique.

En 1922, Hébert Goaziou imprimait toujours à Charleroi l’organe de la Fédération socialiste française, Germinal. Au début des années 1950, en pleine terreur maccarthyste, il décida de brûler les archives de L’Union des travailleurs et de la Fédération socialiste de langue française qui avaient été conservées dans la maison familiale de Charleroi.

Un fils d’Hébert Goaziou continua de faire fonctionner l’imprimerie jusqu’en 2003.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159668, notice GOAZIOU Hébert [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 9 juin 2014, dernière modification le 9 juin 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : L’Union des travailleurs, 7 septembre 1905, 10 janvier, 17 janvier 1907, 21 octobre 1909, 8 décembre 1910, 12 janvier 1911, 11 décembre 1913, 17 septembre 1914, 6 janvier 1916 entre autres. — Germinal, mai 1922. — Note de Karine Pichon.

ICONOGRAPHIE : une photo d’Hébert Goaziou figure dans le numéro spécial anniversaire de L’Union des travailleurs en date du 9 juin 1910.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément