DANIEL Louis [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Militant anarchiste, puis socialiste de MacDonald (Pennsylvanie) ; membre du PSA et de la Fédération socialiste de langue française ; agent-diffuseur et collaborateur occasionnel de L’Union des travailleurs ; syndicaliste proche des IWW.

Installé MacDonald (Pennsylvanie), militant anarchiste, Louis Daniel faisait partie d’un groupe d’opposants venus porter la contradiction à Louis Goaziou lors d’un meeting organisé par les socialistes en octobre 1903. À cette date, Louis Daniel était toutefois déjà abonné à l’Union des travailleurs et, malgré ses désaccords politiques, il en fut bientôt un diffuseur aussi assidu qu’efficace. En 1904, il plaça 41 abonnements et il fut finalement nommé agent-diffuseur officiel (avec Charrière) de ce journal à MacDonald en juin 1911.

Quoique ayant à plusieurs reprises rué dans les brancards, Louis Daniel finit par se rapprocher définitivement des socialistes. Présent en juillet 1911 à la conférence de Louis Goaziou qui attira à MacDonald un auditoire d’environ 350 personnes, il en donna un compte rendu dans les colonnes de L’Union des travailleurs, et se prononça peu après pour la mise sur pied d’une Fédération socialiste de langue française affiliée au PSA. La section locale de MacDonald était alors en voie de réorganisation et fut effectivement reconstituée en septembre, à l’occasion d’une réunion tenue le jour de Labor Day. Peu après, une section francophone vit le jour, qui comptait une dizaine d’adhérents. Début novembre les socialistes de langue française purent organiser une soirée consacrée à l’art dramatique. Les résultats électoraux ayant été bons, les adhérents du PSA furent bientôt plus de quarante à MacDonald, et en décembre 1911, 16 nouveaux membres furent recrutés, dont une douzaine de femmes et de jeunes filles « désireuses de s’instruire en assistant aux débats. » Aux yeux de Louis Daniel, le principal obstacle au développement de la section socialiste semblait alors être l’exiguïté des locaux dont elle disposait ! Élu membre du bureau de la section socialiste francophone début 1912, Louis Daniel continua son action de propagande, et en avril les militants se trouvèrent suffisamment nombreux pour aller prendre le contrôle d’un grand meeting électoral organisé conjointement par les Démocrates et les Républicains.

Les socialistes de MacDonald étant désormais capables de voler de leurs propres ailes, Louis Daniel fut en avril le co-organisateur avec M. Charrière d’une conférence sur « Christ socialiste » qui connut un beau succès et dont l’apothéose fut l’expulsion vigoureuse d’un prédicateur de choc bien connu, le Révérend Mage. Louis Daniel fut également le principal orateur de la réunion publique organisée par la section socialiste en juillet.

Poursuivant parallèlement son activité de propagandiste au bénéfice de L’Union des travailleurs, Louis Daniel partit en tournée à Sturgeon (accompagné de Veydt et Maurin), où il visita la bibliothèque créée par les militants locaux, et continua de placer de nombreux abonnements autour de lui, ainsi que des gravures vendues au profit du journal.

De sensibilité syndicaliste révolutionnaire, Louis Daniel prit l’initiative de faire signer une pétition et de collecter de l’argent pour hâter la libération des deux dirigeants des IWW, Joe Ettor et Arturo Giovanitti. Au total 169 signataires et donateurs répondirent présents à son appel.

En janvier 1913, la section socialiste de MacDonald comptait 150 adhérents. En septembre, elle décida de rejoindre la Fédération de langue française et Louis Daniel devint officiellement chargé de coordonner la propagande de cette dernière en juin 1914.

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale semble avoir mis un coup d’arrêt brutal à l’engagement militant de Louis Daniel. Primé en tant que meilleur abonneur de l’Union des travailleurs en juin 1914, il ne semble plus avoir eu d’activité militante notable à partir d’août, même si son nom apparaît encore au bas d’une convocation des socialistes de MacDonald pour une réunion en mars 1916. Il resta toutefois abonné à l’Union des travailleurs jusqu’à la disparition de ce journal en septembre 1916.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159768, notice DANIEL Louis [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 10 juin 2014, dernière modification le 10 juin 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : L’Union des travailleurs, 26 février, 8 octobre 1903, 4 mai, 8 juin, 13 juillet, 24 août, 14 septembre, 9 novembre, 23 novembre, 7 décembre, 28 décembre 1911, 1er février, 15 février, 11 avril, 6 juin, 18 juillet, 1er août, 15 août 1912, 9 janvier, 25 septembre 1913, 25 juin, 2 juillet 1914, 9 mars, 3 août 1916 entre autres.

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