SIMON Marcel, Léon

Par Jean-Pierre Besse, Delphine Leneveu, Claude Pennetier

Né le 27 février 1920 à Larnod (Doubs), fusillé après condamnation à mort le 26 septembre 1943 à Besançon (Doubs) ; agriculteur ; résistant, membre des FTPF, chef du groupe Guy Môquet.

Fils de Charles Simon et de Germaine Ligier, cultivateurs, Marcel Simon, catholique, travailla, après l’école primaoîre, sur les terres de ses parents à Larnod. Un frère était embauché sur la ferme, un autre était prisonnier de guerre. Reconnu atteint de paralysie infantile, il fut dispensé de service militaire. Il était secrétaire des Jeunesses agricoles catholiques qui regroupait trois villages.
Il participa, dès 1940, à la récupération d’armes avec des camarades de la Jeunesse agricole catholique (JAC). Ces armes furent cachées jusqu’à l’organisation d’un groupe en 1941. Particulièrement énergique et persuassif il était le chef du groupe. Le 10 septembre 1942, il participa au sabotage d’une écluse. En 1943, à l’initiative d’un nommé "Philippe", Roger Boudry, il rattacha son groupe aux FTP et devint chef militaire de ce dernier, qui devint le groupe Guy Môquet. Même si Philippe était un interrégional communiste, le groupe fut en dehors de toute emprise directe du PCF.
Arrêté le 2 juillet 1943 à Larnod (Doubs) par la Sipo-SD pour « aide à l’ennemi et attentats terroristes », il fut accusé par le tribunal militaire allemand de Besançon (FK 560) de trente et une actions militaires. Condamné à mort le 18 septembre 1943, il a été fusillé à la citadelle de Besançon le 26 septembre 1943 à 8h24.
Lors du procès, qui se tint du 15 au 18 septembre, vingt-trois personnes comparurent : dix-sept condamnations à mort et six peines de travaux forcés furent prononcées.
Marcel Simon demanda la parole et déclara : "Mes amis, j’ai été votre chef. Je ne vous abandonnerai pas. Le capitaine doit rester sur son vaisseau quand il sombre. Messieurs les juges, c’est moi le seul responsable. J’ai entraîne mes camarades dans la lutte. Ils sont jeunes et ne sont pas responsables. Le seul responsable c’est moi. Je vous demande comme une faveur d’être le seul à être exécuté. Aux autres, laissez-leur la vie".

Les fusillés furen t : Raymond Aymonnin, Jean Compagnon, Henri Fertet, Philippe Gladoux, Jean-Paul Grappin, Paul Pacqueriaud, René Paillard, Léon Puget, Roger Puget, Marcel Reddet, Gaston Retrouvey, Balthazar Robledo, Georges Rothamer, René Roussey, Marcel Simon et Satornino Trabado.

Marcel Simon reçut à titre posthume la Légion d’honneur et fut reconnu « Mort pour la France » le 11 février 1947, comme DIR (interné résistant) et soldat FFI.

Dernières lettres
à Monsieur et Madame Charles SIMON à Larnod.
 
Mes chers Parents,
 
Je vous écris ces quelques lignes pour vous annoncer que la grâce m’a été refusée, et que je vais être fusillé ce matin, dimanche 26 septembre. Je me suis confessé hier, et j’ai reçu la communion. Je pense à vous, à tous mes camarades, à mon village.
Je vous demande de faire dire des messes pour moi, de prendre soin de mes arbres afin que vous ayez un souvenir de moi. Soyez courageux comme je le serai moi-même. Sachez que ma dernière pensée fut pour vous, pour ma Patrie, pour Dieu, pour la Vierge. Au revoir, près de Dieu.
 
Marcel.
 
à Monsieur et Mademoiselle SIMON, Robert et Germaine,
 
Mon cher Frère, ma chère Soeur,
 
Je vous annonce une douloureuse nouvelle ; la grâce m’ayant été refusée, je vais être fusillé ce matin. Je vous demanderai de prier pour moi, de vous montrer très courageux. Je n’écris pas à Henri, car il a assez de chagrin comme ça.
Sachez que je pense à vous, à tous mes camarades, à toute ma famille, à chez Louis, chez Pointurier, chez Ligier, chez Dupuy, à mon parrain Armand et à ma marraine.
Adieu, au Ciel.
Marcel.
 
à Monsieur BUTTET Armand, à Pugey.
 
Mon cher Parrain,
Je t’écris ces quelques lignes pour t’annoncer que je vais mourir dans quelques heures. Je t’écris pour toi et pour tous les camarades de la J.A.C., Dartevelle, Camille, Louis, Estanave, Gaillard, Alix, les Bouquet, Delphin, etc...
Je pense que, après la guerre, vous ferez renaître la J.A.C., que vous garderez au fond du coeur une pensée pour votre camarade, que vous prierez pour lui.
Tâche de remonter le moral à ma famille, et au revoir, là-haut.
 
Marcel.
 
à Monsieur André LIGIER, à Larnod.
 
Mon cher Cousin,
Je t’écris ces quelques lignes pour te dire que je vais être fusillé ce matin, dimanche. Je pense à toi et à tous mes camarades. Je te dis adieu, ainsi qu’à toute la famille. Je pense aussi à Tetelle, à Popol, à Loulou, etc.
Sache que c’est en chrétien, en Français que je meurs.
Vive la France.
Ton cousin.
Marcel.
 
à Monsieur le Curé de Pugey.
 
Cher Monsieur le Curé,
C’est un de vos paroissiens qui vous écrit pour vous annoncer qu’il va mourir ; c’est en Français, en chrétien qu’il mourra. Je vous demande de prier pour moi, de faire savoir à l’abbé Hugues que son camarade est mort en brave, ayant reçu l’absolution et la Sainte Communion. Vous consolerez ma famille. Je forme des voeux pour que, avec la paix, renaisse dans la paroisse la J.A.C. pour laquelle j’ai milité.
Marcel.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159858, notice SIMON Marcel, Léon par Jean-Pierre Besse, Delphine Leneveu, Claude Pennetier, version mise en ligne le 16 février 2016, dernière modification le 14 janvier 2022.

Par Jean-Pierre Besse, Delphine Leneveu, Claude Pennetier

SOURCES : DAVCC, Caen, AC 21 P 160779 (Notes Thomas Pouty). – Mémorial GenWeb. — Raymond Tourrain, L’Histoire du groupe Guy Mocquet, Amicale du groupe Guy Mocquet, imprimerie A. Eblé, Besançon, 1974, Besançon. — État civil.

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