BARBIER René, Albert, Marcel

Par Delphine Leneveu, Jean-Pierre Ravery

Né le 15 juillet 1922 à Salins-les-Bains (Jura), fusillé le 27 avril 1944 à Épinal (Vosges) ; étudiant ; résistant de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Célibataire, René Barbier était étudiant en médecine à Nancy(Meurthe-et-Moselle). Il était un ancien élève du lycée Rouget de Lisle de Lons le Saunier (Jura). Il fut arrêté, suite à une dénonciation, le 1er février 1944 par la police française pour « actes de franc-tireur » (attentat contre un commissariat de police et sabotages contre la Wehrmacht). Une douzaine de personnes fut également prise dans cette affaire.
Condamné à mort le 26 avril 1944 par le tribunal militaire allemand d’Épinal (FK 622), il a été fusillé le 27 avril 1944. Il venait d’écrire cette dernière lettre à sa famille :

« Bien chers et pauvres Parents
Dans une heure je serai fusillé ! Ayez beaucoup de courage. Toutes mes dernières pensées seront pour vous. Pardonnez- moi tout le mal que je vous ai fais ; j’ai seulement accompli mon devoir de Français. Je meurs bravement et mes larmes seront toutes pour vous. Soyez courageux ! C’était là mon destin. Toute la vie j’ai été contrarié par lui. Il était écrit que je devais mourir jeune.
Je vous ai toujours mis par-dessus tout dans mon cœur. Je n’ai peut-être pas toujours su vous exprimer mes sentiments comme il le fallait, mais sachez que, pendant la terrible captivité que je viens d’endurer depuis trois mois, j’en ai ressenti toute la force et toute la tristesse.
Ma chère Maman, il faut que tu te consoles en pensant que malgré le terrible sort des fusillés qui tombent sans pouvoir se défendre, je meurs en soldat courageux pour que notre belle France puisse revivre un jour. Sois fière de ton Fils et pardonne-lui ! Cher Papa, pardon aussi. Ton enfant t’embrasse pour toujours.
Robert et Odette adieu ! Recevez mes plus tristes baisers. Marie, ma pauvre Tante Marie, je ne te reverrai plus. Je t’aurais aimé comme une seconde maman. Jean, mon frère chéri, je te laisse suivre la voie que tu t’es tracé. N’oublie jamais le sort qui m’accable...
Nous sommes treize à mourir. Fièrement en bons Français nous tomberons au champ d’honneur. J’ai un courage terrible depuis que j’ai écrit. La mort ne me fait pas peur. Je n’y songe même pas.
Tout mon malheur vient de celui que je vais vous causer.
Depuis des mois je n’avais plus aucune résistance physique par suite du long martyre que nous avons enduré à Nancy, aussi il se peut que sans ce rapide Destin ma vie en ait été abrégée.
Bien chers Parents, adieu. Recevez de votre fils martyr ces derniers baisers. Courage, courage ! Je n’aurai pas trop souffert de mourir jeune car la vie ne m’aura pas encore assez souri pour que je la regrette.
Pardon, pardon encore pour tout le mal que je vous cause... et vive notre chère France.
René »



La croix de la libération avec rosette lui fut attribuée à titre posthume en 1946. Son nom figure sur la plaque commémorative dédiée aux anciens élèves du lycée Rouget de l’Isle de Lons-le-Saunier morts pour la France pendant la seconde guerre mondiale.


Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159871, notice BARBIER René, Albert, Marcel par Delphine Leneveu, Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 12 juin 2014, dernière modification le 30 mai 2021.

Par Delphine Leneveu, Jean-Pierre Ravery

SOURCES : AVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). — SHD Vincennes GR 16 P 32 128. — Site ordre de la liberation. — ANACR du Jura. — Memorialgenweb.

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