PRADET Camille, Charles, Xavier

Par Jean-Michel Steiner

Né le 27 septembre 1920 à Saint-Étienne (Loire), mort le 18 novembre 2006 Saint-Étienne ; métallurgiste, journaliste puis VRP ; résistant au sein des FTP, camp Wodli ; militant du PCF et des associations d’anciens FTPF ; président du comité départemental de l’ANACR Loire (1982-2006).

Son père Victor Alphonse Pardet, né en 1882, fils d’un agriculteur de Belmont (Loire), était ajusteur. Veuf d’Étiennette Meilland, il épousa en secondes noces, le 20 décembre 1919, Arturia, Toussainte, Régis née à Philippeville en 1891, fille d’un forgeur et d’une ménagère. Camille Pradet est en 1920 à Saint-Étienne, rue de la Corre aux limites des quartiers industriels de Bellevue et La Rivière. Un frère cadet, Claude, Antoine, Marie, naquit le 10 septembre 1924.

Leur père gazé pendant la Première Guerre mondiale, décéda le 19 février 1927. La mère plaça les deux enfants à l’orphelinat du Rez à Saint-Étienne, établissement au régime disciplinaire sévère où Camille Pradet se forgea un état d’esprit en révolte contre tout ce qui opprime.

Brillamment reçu au Certificat d’Études primaires, il échoua à l’examen d’entrée à l’École Normale d’Instituteur et suivit une formation à l’École Professionnelle de la rue de Fontainebleau. Pour échapper de l’orphelinat, il commença dès 1936, une vie professionnelle dans diverses PME de la métallurgie stéphanoise.

Dans le climat du Front populaire, il adhéra aux Jeunesses communistes, autant pour rencontrer un groupe de jeunes qui organisaient des sorties en vélo et des bals que par convictions idéologiques. Inquiet de la montée du nazisme et des risques de guerre, il se politisa peu à peu participa à l’organisation de l’aide aux Républicains espagnols. Gréviste le 30 novembre 1938, il échappa à la répression mais assista avec tristesse à la montée de l’anticommunisme. À l’automne 1940, avec un groupe clandestin de jeunes communistes stéphanois, il entreprit un travail de propagande contre le régime de Vichy. Arrêté en janvier 1941, soupçonné de distribution de tracts, il est relâché en absence de preuves. De mars à novembre 1941 il était aux Chantiers de Jeunesse à Arcon. À son retour il reprit un travail dans une petite entreprise de la métallurgie stéphanoise. En juillet 1942, il renoua contact avec l’organisation communiste qui le chargea de distribuer des tracts.

Le 25 mars 1943, réfractaire au STO, il choisit l’illégalité et participa à la fondation du maquis FTPF Wodli, d’abord installé dans la haute vallée de l’Allier puis dans les montagnes du Velay. Arrêté il s’évada, le 24 avril 1943, de la prison du Puy en Velay, avec un groupe de 26 résistants internés. De nouveau arrêté le 26 avril, il s’évada encore dans la nuit du l° au 2 octobre 1943 rejoignant le maquis Wodli, avec d’autres résistants.

À partir de cette date et jusqu’au 20 mai 1944 il fut de toutes les opérations. En février 1944 il devint le Commissaire aux Effectifs du maquis. Fin mai 1944, nommé CE à Saint-Etienne, il fut chargé des groupes sédentaires de la ville et des vallées du Gier et de l’Ondaine. Il fut aussi chargé du recrutement pour le Wodli, ce qui selon le témoignage de Théodore Vial alias Théo Vial-Massat était un poste très risqué pour lui qui était bien connu dans cette ville.

À la Libération, il s’engagea dans l’armée française « pour la durée de la guerre ». Après 4 mois à l’école des officiers d’Uriage, il participa à la traversée du Rhin et à la campagne d’Allemagne au sein de la 1re Armée dans le 5e Régiment de Tirailleurs Marocains. Après le 8 mai 1945, il effectua une nouvelle période de formation de 4 mois à l’école de Charbonnières dont il sortit avec le grade de lieutenant. Il fut ensuite muté à la base 901 à Metz.

Démobilisé, le 1er avril 1946, il rentra à Saint-Étienne et épousa Marie Jeanne Reboul le 11 septembre 1946. Jusqu’en décembre 1958, il fut journaliste au Patriote - quotidien du FN puis du PCF. Il publia notamment une enquête retentissante sur les “maquis” gaullistes du Forez au début de l’été 1958. Le Patriote ayant disparu en décembre 1958, il devint représentant pour une entreprise de mécanique.

Militant pour la mémoire de la Résistance, il participa à la création de l’ANACR de la Loire. Il fut un des promoteurs de l’érection du mouvement départemental, inauguré devant la gare de Châteaucreux le 7 septembre 1969. En 1982 il était élu Président de l’ANACR Loire et devint rédacteur en chef du Résistant de la Loire jusqu’à sa mort.

Il prit une part active à la création du Mémorial de la Résistance et de la Déportation de la Loire (1999) dont il devint membre du bureau et vice président.

Camille Pradet est décédé à Saint-Étienne le 18 novembre 2006.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159906, notice PRADET Camille, Charles, Xavier par Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 15 juin 2014, dernière modification le 22 février 2021.

Par Jean-Michel Steiner

SOURCES : Témoignage de Camille Pradet. — Le Patriote de Saint-Étienne (1946-1958). — Archives municipales de Saint-Étienne : État civil : naissances 1920, mariages n° 1087/1948. — Note d’Eric Panthou suite à compléments apportés par Roger Maurin, le 17 février 2021.

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