PLANEL Louis, Abel

Par Gérard Leidet

Né le 10 mars 1897 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 6 juin 1984 à Marseille ; instituteur dans les Bouches-du-Rhône ; militant du SNI ; auteur de manuels scolaires (géographie).

En Provence ; géographie des Bouches du Rhône.
En Provence ; géographie des Bouches du Rhône.

Classe 1917, Louis Planel, jeune instituteur, fut incorporé soldat de 2e classe dans l’infanterie en août 1916. Monté au front, il fut fait prisonnier le 25 avril 1918 lors de la bataille du mont Kemmel en Belgique. Rapatrié le 28 novembre 1918 (il s’évada en fait, puisqu’il reçut la médaille des évadés en 1933 (JO du 19 juin 1933)), il fut « renvoyé dans ses foyers » le 21 septembre 1919.

Louis Planel fut affecté ensuite instituteur à Arles puis à Marseille (il habitait rue du Progrès en 1923), puis à Orgon. Il partit ensuite en Indochine, où il enseigna au collège Chasseloup Laubat à Saïgon, de 1929 à 1932. Il revint à Marseille en 1932 où il habitait 87 rue de Lodi, puis 14, rue Brochier en 1938.

Instituteur à Marseille, à l’école de la rue Eydoux, en octobre 1937, il fut candidat à la commission exécutive du Syndicat national des institutrices et instituteurs des Bouches-du-Rhône (SNI-CGT) sur la liste « majoritaire » qui regroupait les « ex-confédérés ». La déclaration d’intention des candidats, reprenant en partie les principes de la Charte d’Amiens, affirmait leur attachement aux principes suivants :
-  Pour l’union complète de tous, pour une fusion réelle, contre l’organisation des tendances.
-  Pour l’indépendance complète du syndicalisme vos à vos des partis politiques, quels qu’ils soient, contre la « colonisation » de la CGT.

Louis Planel fut élu à cette commission et la liste à laquelle il appartenait obtint une moyenne de 520 voix (sur 615 votants, 47 bulletins nuls).

En mars 1938, Louis Planel fut candidat au Conseil départemental de l’enseignement primaire. Dans sa déclaration de candidature, il rappelait les principes qui guidaient sa réflexion et son action syndicale. Il s’engageait notamment à lutter pour que soit diminuée l’importance accordée selon lui à la note de mérite, dans l’attribution des « promotions au choix ». Sensible à la question de la direction d’école, il rappelait sa volonté de travailler à l’obtention d’une demi-décharge afin que celle-ci soit étendue à toutes les classes du département. Sur le plan national, l’objectif à atteindre résidait dans la revalorisation des traitements et le reclassement de la fonction des instituteurs dans l’échelle des emplois publics. Il y ajoutait « l’accès pour tous , à l’ancienneté à 40 ans au plus, en 1ère classe ; et à 45 ans à la classe exceptionnelle ». Enfin il s’engageait à ne pas solliciter de direction pendant la durée de son mandat. Cette candidature s’ajoutait à celle des 4 conseillers départementaux sortants : Mme Févat, Raymonde Jaubert, Marc Bernardini* et Ernest Vollaire* ; à celle de Lucien Bernard pour les ex-unitaires, et de Madeleine Franchet. Sur 731 votants, Planel n’obtint que 64 voix ; Mme Févat (519 voix), Mme Jaubert (460), Ernest Vollaire et Bernardini (390) furent désignés à nouveau comme candidats du SNI au Conseil départemental. Par ailleurs les autres candidats obtinrent respectivement 252 voix (Pascal Léna), 204 voix (Mme Franchet), 145 voix (Bernard). Lors de l’assemblée générale marseillaise du 11 mars qui suivait cette élection, Louis Planel justifia sa candidature en indiquant qu’il aurait préféré une seule profession de foi pour « tous les candidats », indiquant par là qu’il se trouvait, bien que membre de la majorité, « repoussé dans la minorité ». Il ajouta sa préférence pour la représentation proportionnelle qu’il « trouvait plus juste ». Il conclut en affirmant « s’astreindre à la discipline syndicale et ne recevoir ses mots d’ordre que du syndicat ». Ernest Vollaire, secrétaire général de la section départementale lui répondit en lui rappelant que « sa candidature [était] personnelle et [n’engageait] en rien le bureau ; les Conseillers départementaux étaient les porte-parole du personnel… ».

En août 1939, il fut remobilisé et renvoyé dans ses foyers le 12 avril 1940 au grade de caporal.

Passionné de pédagogie et de géographie, Louis Planel écrivit En Provence, une « Géographie des Bouches-du-Rhône » qui parut au mois de mai 1939 aux éditions de la coopérative du SNI, avec une préface et des aquarelles de J-F Tardieu, inspecteur primaire. Ce livre, paru dans le contexte des nouveaux programmes de 1938, était inscrit sur la liste des ouvrages fournis par la ville de Marseille, ainsi que La Géographie documentaire, deux autres manuels scolaires destinés aux classes de cours moyen et cours supérieur qu’il publia, la même année, en collaboration avec Léon Abensour. En Provence fut réédité après la guerre (1954), une période au cours de laquelle, il publia de nombreux autres manuels de géographie (voir oeuvre).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159953, notice PLANEL Louis, Abel par Gérard Leidet, version mise en ligne le 18 juin 2014, dernière modification le 8 avril 2021.

Par Gérard Leidet

En Provence ; géographie des Bouches du Rhône.
En Provence ; géographie des Bouches du Rhône.

ŒUVRE : La Géographie documentaire : Enseignement du 1er degré. Ouvrage conforme aux programmes de 1938. Cours moyen, en collaboration avec Léon Abensour (1939).— La Géographie documentaire : Enseignement du 1er degré. Programmes de 1938. Cours supérieur 1re année. Certificat d’études, avec Léon Abensour (1939). — En Provence, « Géographie des Bouches-du-Rhône », Editions de la coopérative (préface et aquarelles de J-F Tardieu, inspecteur primaire ; 1939 ; rééd.1954).— La Géographie documentaire : Classe de fin d’études primaires.Les Grandes puissances (1946).— La Géographie documentaire : Enseignement primaire élémentaire. Programme de 1947. Classe de fin d’études primaires(1947).—Première géographie documentaire : en collaboration avec d’André Chanson (images de) (1948).— La Géographie documentaire : Enseignement primaire ; cours élémentaire 2e année, et moyen 1re année (1948).— La Géographie documentaire : Enseignement du 1er degré. Cours moyen. France et Union française, en collaboration avec Léon Abensour (1948). — La Géographie documentaire : Enseignement primaire. Cours élémentaire 2e année et moyen 1re année. Édition remaniée (1951).— La Géographie documentaire : Enseignement primaire. Cours élémentaire, classes de 10e et 9e des lycées et collèges. (1952).— La Géographie documentaire. Enseignement du 1er degré. Cours moyen. Édition remaniée conformément aux programmes, en collaboration avec Léon Abensour (1952).— La Géographie documentaire : Enseignement du 1er degré, cours moyen, classe de fin d’études primaires, certificat d’études. (1955). — La Géographie documentaire : Enseignement du 1er degré. Cours moyen. Édition remaniée, France et Union française, en collaboration avec Léon Abensour (1956).

SOURCES : Bulletin du syndicat unique des institutrices et instituteurs des Bouches-du-Rhône (section départementale du syndicat national), années 1937-1939. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, état civil, registre matricule.

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