GRELEAU Pierre, Louis, Marcel

Par Guy Haudebourg

Né le 11 mai 1922 à Saint-Sébastien-sur-Loire, lieu-dit le Douet (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), fusillé le 13 février 1943 au terrain militaire du Bêle à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; métallurgiste ; membre de l’Organisation spéciale (OS) ; Procès des 42.

Fils de Louis Jules Alexandre Greleau portefaix et de Marceline Couteau,ligère, Pierre Greleau, célibataire, était métallurgiste et demeurait Chemin de la Bouqunière à Nantes où il travailla aux Ateliers et Chantiers de Bretagne de 1938 à 1942.
Il faisait partie du groupe de l’OS nantaise dirigée par Louis Le Paih. Arrêté le 17 mars 1942 par la Sipo-SD (souvent appelée Gestapo par les résistants), il fut détenu à la prison Lafayette de Nantes du 17 mars au 22 avril 1942.
Condamné à cinq années de prison par un tribunal allemand pour faits de résistance (distribution de tracts, sabotages), Pierre Greleau fut déporté à Rheinbach puis Diezlahn (Allemagne) du 22 avril 1942 au mois de janvier 1943 (6 novembre 1942 selon l’ONAC). Ramené à Nantes, il fut jugé par le tribunal allemand de Nantes pour divers sabotages, et condamné le 28 janvier 1943 à la peine de mort avec trente-six autres résistants (« Procès des 42 »).
Il a été fusillé par les Allemands le 13 février 1943 au terrain militaire du Bêle à Nantes.Pierre Greleau a été inhumé dans le carré militaire du cimetière de Rezé. Son entreprise Les Ateliers et chantiers de Bretagne a fait apposée une plaque sur sa tombe.
Il a été reconnu Mort pour la France le 13 février 1945.

Lettre de Pierre Greleau à sa mère.
Le 29 janvier 1943
Ma petite maman chérie, d’un moment à l’autre je vais te quitté pour toujours, mon camarade Duineau vient de partir pour le massacre. Il est 10h30 le matin, surtout soit bien résignée il faut vivre pour faire revivre mes idées et me vengé. J’ai accepté mon jugement avec courage et au chant de la Marseillaise et aux cris de Vive la France. Je mourrai de même pour Madeleine ce n’est pas la peine de la voire la pauvre. L’amour de Françoise m’a toujours poursuivit, sur la commode dans une boite il y a un porte bonheur un petit chien avec une petite médaille à tête de bébé tu la donneras à Françoise, tu diras en même temps à Françoise que jusqu’au dernier moment je penserai à elle, ainsi qu’à toi devant mes assacins, surtout pour moi qui vait mourir. Fait tous ce que je t’ai dis. Tu dira adieu à tous mes amis et tu embrasseras toute la famille avec force.
Le plus dur, c’est de partir au bon moment. Tu viendras souvent sur ma tombe avec Françoise. Tu lui donneras le mot à lire.
Je te presse sur mon coeur une dernière fois.
Adieu ! Pierrot un Communiste et patriote. Vive la France Vive le parti Communiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159961, notice GRELEAU Pierre, Louis, Marcel par Guy Haudebourg, version mise en ligne le 18 juin 2014, dernière modification le 3 juillet 2020.

Par Guy Haudebourg

SOURCES : Arch. Dép. Loire-Atlantique 4M1850, 1623W51, 305 J 3 . – Le Phare, janvier 1943. – Acte d’accusation du Procès des 42. – Jean Bourgeon (sous la dir.), Journal d’un honnête homme pendant l’Occupation, Thonon-les-Bains, L’Albaron, 1990. — Dernière lettre fournie par Carlos Fernandez.

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