RENAULT Maurice, Jean, Baptiste

Par Alain Prigent

Né le 13 décembre 1929 à Saint-Vran (Côtes-du-Nord, Côtes d’Armor), mort le 17 février 2005 à Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) ; instituteur ; secrétaire général de la section départementale du SNI des Côtes-du-Nord (1960-1975) ; membre du bureau national du SNI (1963-1966) ; membre de la direction de la fédération du PCF des Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor) de 1959 à 2000 ; suppléant aux élections législatives de 1958 dans la circonscription de Loudéac.

Issu d’un milieu modeste du Mené (père, ouvrier agricole après sa retraite des PTT en 1955, mère sans profession, sympathisants communistes avec six enfants), dans la partie gallèse du département des Côtes-du-Nord, Maurice Renault se plaisait à rappeler lui-même qu’il avait été « patou », en gallo, c’est-à-dire gardien de vaches dans son enfance. Élève-maître à l’École normale d’instituteurs de Saint-Brieuc, (promotion 1945-1948), il fut un militant très actif de l’Union de la jeunesse républicaine de France à partir de 1947 (ou en 1949) et du Parti communiste français auquel il adhéra en 1949 (ou 1950) dans la cellule rurale de Merdrignac et fut secrétaire de la section communiste en 1950-1951. Il participa le 6 juin 1952 au meeting à la Maison du peuple à Saint-Brieuc puis à la manifestation interdite par la préfecture organisée par le PCF, la CGT et un certain nombre d’autres organisations contre la venue du général Ridgway en France.

Ayant résilié son sursis, il effectua son service militaire de novembre 1952 à avril 1954 en Allemagne dans l’artillerie, comme soldat télémétreur de deuxième classe. Afin de pouvoir devenir élève officier de réserve, il nia par écrit être membre du PCF, mais il ne fut pas admis.

Nommé instituteur en 1954 au Vau Blanc, hameau de la commune de Plémet, puis en 1955 à La Ferrière et à La Prénessaye où il se maria, le 12 juillet 1954 avec Arlette Jouant, militante communiste, tricoteuse, fille de bouchers sympathisants communistes, il devint l’un des dirigeants de la section communiste du canton de La Chèze dont faisaient partie les trois communes où il enseigna.

Adhérent au Syndicat national des instituteurs à l’ENI en 1950, délégué cantonal de La Chèze, il fut élu au conseil syndical de la section départementale du SNI sur la liste de la défense de la laïcité en 1956 conduite par Émile Thomas*. Réélu en 1958, il intégra le bureau départemental du SNI en charge des problèmes des jeunes et du fichier. Il remplaça Émile Thomas au secrétariat à son départ pour la région parisienne en 1960. Élu au Conseil départemental de l’enseignement primaire, il devint permanent du SNI à Saint-Brieuc en septembre 1960. Poursuivant l’initiative d’Émile Thomas, il concrétisa l’union entre les divers courants venus d’horizons politiques différents (communistes, militants de la SFIO en rupture, laïcs convaincus) en conduisant une liste d’union en 1960 avec Sylvain Loguillard. Il œuvra à la mise en place d’un bureau hétérogène intégrant les militants de « L’École Émancipée ». Élu à la Commission administrative paritaire départementale en 1961, il y siégea pendant près de deux décennies. A la fin de l’année 1961, candidat, en douzième position au bureau national du SNI sur la liste « Le prestige du SNI dépend d’une orientation correcte et ferme et de la vraie démocratie syndicale » conduite par Alfred Sorel*, il ne fut pas élu. En novembre 1963, à nouveau candidat, il signa le texte pour les candidats au bureau national « Pour un SNI toujours plus uni, toujours plus fort ». Non élu, il intégra le bureau national à la suite de deux démissions siégeant avec d’autres Bretons comme Yves Thomas (sur la liste EE) et Marcel Lucas (de la section du Finistère). Il fut membre des commissions corporatives, administratives et des affaires extra-métropolitaines. Pour sa réélection du bureau national du SNI en décembre 1965, il fut élu en deuxième position sur la liste "Pour un SNI toujours plus uni, toujours plus fort" conduite par Alfred Sorel. Parallèlement, il fut suppléant puis titulaire de la commission administrative fédérale de la Fédération de l’Éducation nationale en 1961 et 1962.

Il dirigea la section jusqu’en 1975 date à laquelle il fut remplacé par Basile Le Négaret. Il continua de siéger au conseil syndical du SNI puis au SNUIPP. Il occupa également des postes de responsabilité dans les instances départementales de la Fédération de l’Éducation nationale. Il participa à des congrès et conseils nationaux du SNI à partir de 1960. Lors de la réunion du conseil national, le 23 décembre 1960, il souhaita que le SNI se prononce contre la participation aux jurys d’attribution du certificat d’aptitude pédagogique des maîtres privés. Lors du congrès national du 14 juillet 1965, il approuva le rapport présenté par René Dervout, sur « Les mesures antilaïques : loi Barangé, loi Debré et textes subséquents. Leurs conséquences sur le plan des principes et sur le plan concret des réalités. Bilan et perspectives ». Il annonça que sa section retirait sa motion, souhaitant l’unité et lança un appel au rassemblement des forces de gauche.

Il fut également candidat sur la liste CGT au conseil d’administration de la caisse primaire de Sécurité sociale des Côtes-du-Nord le 8 juin 1950 et le 17 novembre 1955. Il siégea à la Caisse primaire d’assurances maladie de 1983 à 1995.

Candidat à l’élection cantonale de Merdrignac, le 25 avril 1958, Maurice Renault obtint 768 voix sur 4 491 suffrages exprimés soit 17,1 % dans le duel qui l’opposa au conseil général sortant Moisan qui fut réélu dès le premier tour avec 3 716 suffrages. Dans la troisième circonscription (Loudéac), il fut le suppléant d’Auguste Le Coënt lors de l’élection législative de 1958, obtenant 23 % des suffrages.

Secrétaire de la section communiste de La Chèze, Renault fut proposé pour entrer au comité fédéral en 1956, mais il reconnut avoir eu « une faiblesse » en niant son appartenance au PCF lors de son service militaire. La commission des candidatures de la conférence fédérale refusa de le présenter. L’année suivante, jugé comme « un des meilleurs militants parmi les instituteurs », il ne devint que membre de la commission de contrôle financier de la fédération du PCF de 1957 à 1959. Il fut enfin membre du comité fédéral de 1959 à 1961, puis siégea de 1961 à 1974, sans que ces responsabilités fussent rendues publiques, à sa demande, compte tenu de ses fonctions au SNI. Elu au bureau de la fédération de 1961 à 1964, réélu de 1979 à 1994, il s’occupa alors plus particulièrement de la trésorerie fédérale de 1990 à 2000. Acteur déterminant du succès de stand de la fédération des Côtes-d’Armor du PCF à la Fête de l’Humanité, il fut un militant très influent et très respecté jusqu’à son décès.

Maurice Renault, militant de la culture ouverte sur le monde, passionné de littérature, de théâtre, fréquentait régulièrement le festival d’Avignon dès les années 1960. En 1975 lorsqu’il passa le relais de la permanence syndicale du SNI, il reprit une activité professionnelle, fort de son expérience par le biais d’une formation personnelle qu’il mena parallèlement à ses activités dans une équipe pédagogique au sein de l’école du Grand Clos à Saint-Brieuc.

On lui confia alors des responsabilités dans les divers secteurs de la vie sociale, dont les mouvements laïques. Il prit part à la fondation du Crédit mutuel enseignant. Administrateur de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale, il en fut vice-président jusqu’en 1998. Militant actif à la Fédération générale des retraités de la fonction publique, il en devint le secrétaire départemental en 2000. Il acquit la confiance de toutes les organisations œuvrant dans le secteur des retraités et personnes âgées qui le portèrent à la vice-présidence du Comité départemental pour les retraités et personnes âgées et à la présidence de Gérontologie-22.

L’annonce de son décès figura dans la rubrique « Carnet » de l’Humanité, le 21 février 2005.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article160033, notice RENAULT Maurice, Jean, Baptiste par Alain Prigent, version mise en ligne le 21 juin 2014, dernière modification le 18 novembre 2018.

Par Alain Prigent

SOURCES : Arch. dép. Côtes d’Armor 1043W38 (Manifestation de 1952). — Arch. comité national du PCF. — Composition des comités fédéraux et fichier des élus et des candidats de la Fédération des Côtes-du-Nord du PCF établis par Gilles Rivière. — Arch. de l’UD CGT des Côtes d’Armor (1944-1968). — Arch. de la FSU 22 (bulletins des sections départementales du SNI et de la FEN). — Archives Marcel Alory, ancien secrétaire fédéral du PCF des Côtes-du-Nord. — Une semaine dans les Côtes-du-Nord, supplément de l’Humanité Dimanche (1956-1968). — Marcel Alory, L’Union de la Jeunesse Patriotique Républicaine de France dans les Côtes-du-Nord (1945-1956), monographie, 28 pages, sans date. — Félix Leyzour, En direct. De la Bretagne au Sénat et à l’Assemblée nationale, chez l’auteur, 2011. —Alain Prigent (sous la direction de), Des salles de classe aux luttes sociales : Mai-juin 1968 dans les Côtes-du-Nord, Publication FSU-22, 2009. — Notes de Jacques Girault.

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