REYNAUD Maguy [née LOMBARD Maguy, Michèle, Pierrette]

Par Gérard Leidet

Née le 4 février 1932 à Arles (Bouches du Rhône), morte le 11 janvier 1997 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; professeure ; militante du SNET puis du SNES ; militante communiste, associative et pacifiste.

Maguy Reynaud au congrès du SNES (1992)
Maguy Reynaud au congrès du SNES (1992)

Maguy Lombard naquit dans une famille de militants communistes. Son père, Francis, était cheminot à la Compagnie des chemins de fer de la Camargue. Secrétaire du syndicat CGT, il resta secrétaire de la section des retraités après la fermeture de l’entreprise. Sa mère, Juliette, était responsable de l’Union des femmes françaises et du Mouvement de la Paix à Arles.

Après ses études secondaires au collège d’Arles, elle entra en 1948 à l’École normale d’institutrices d’Aix-en-Provence et obtint le baccalauréat mathématiques élémentaires. Après deux années de préparation, successivement au lycée Cézanne d’Aix-en-Provence puis à l’ENI de Montpellier, elle entra en 1952 à l’École normale supérieure de l’enseignement technique, seule femme dans la section A1-mathématiques (qui avait été ouverte au sexe féminin l’année précédente). Après une année d’interruption pour maladie, passée en partie au préventorium de Chanay (Ain) et à la Maison de la Mutuelle générale de l’enseignement à La Verrière, elle reprit sa scolarité et fut admise professeur certifiée de mathématiques en 1956. Une des rares femmes à être nommée dans un établissement technique de garçons, elle enseigna à l’école nationale d’enseignement technique de Marseille (1956), qui devint lycée technique du Rempart, puis au lycée technique Jean Perrin de Marseille, dès la création en 1962 de ce nouvel établissement. Elle prit en 1985 la retraite anticipée à laquelle lui donnait droit ses quatre enfants.

Le 26 septembre 1953 à Saint-Jean–en-Royans (Drôme), Maguy Reynaud épousa [Jean Reynaud)>159610], lui aussi élève de l’ENSET (A1-1951-1954) ; ils eurent quatre enfants (Serge, Roger, Magali, Michel) et vinrent résider à Aubagne (Bouches-du-Rhône) à partir de 1969.

Militante du Parti communiste français dès l’ENI, elle participa à ses activités à Aix, avec d’autres élèves et leur professeur Louis Leboucher (Mounin), intervenant et manifestant notamment contre la Guerre d’Indochine.

Elle partit plusieurs années en vacances à Montjustin (Basses-Alpes) avec la famille de Paul Geniet, membre du comité national du Mouvement de la Paix. Dans ce petit village perché du Lubéron, elle participait aux soirées quotidiennes, animées par Serge Fiorio, le maire, peintre de la Haute-Provence, le poète Lucien Jacques, et d’autres intellectuels engagés, soirées auxquelles s’associait parfois le couple Tillon qui s’était établi au village. Elle en retira une maturité précoce, tant politique que critique.

À l’ENSET, elle adhéra au Syndicat national de l’enseignement technique et à l’Union nationale des étudiants de France, fut élue secrétaire de la section syndicale de l’École (1952-1953), et représenta celle-ci au Cartel des ENS qui, avec André Kahane (Rue d’Ulm), Yves Richard* (Saint-Cloud), Simone Gervais (Fontenay), animait la bataille pour la fonctionnarisation des élèves des ENS, et auprès des directions nationales du SNET et de l’UNEF. Parallèlement, elle militait dans les quartiers, avec la section du PCF du XIIIe arrondissement de Paris. Cette suractivité entraîna ses problèmes pulmonaires et l’éloigna pendant un an de l’ENSET.

À Marseille, elle continua ses activités politiques et syndicales. Elle participa à la création successive et à l’animation des deux cellules du PCF des lycées du Rempart et Jean Perrin. Elle co-animait la vie syndicale et devint ainsi la secrétaire da la section (S1) du nouveau Syndicat national des enseignements de second degré du Lycée Jean Perrin, section forte alors de 170 adhérents essentiellement masculins. Elle était membre de la commission administrative de la section départementale des Bouches-du-Rhône de la Fédération de l’Éducation nationale et de la CA de la section académique (S3) d’Aix-Marseille du SNES. Elle participa activement à tous les congrès académiques et à de nombreux congrès nationaux du SNES.

Retraitée, Maguy Reynaud s’investit dans la Fédération générale des retraités de la Fonction publique, dont elle devint la secrétaire départementale, auteur de nombreux articles dans le bulletin départemental, l’une des porte-parole du courant « Unité et Action » dans les congrès nationaux.

Elle était aussi secrétaire de la section académique des retraités du SNES, et membre du collectif national, tout en continuant à participer à l’activité de son syndicat. Sous son contrôle fut organisée, en 1985, la saisie à Marseille des mutations permettant la consultation sur minitel, à partir de 22 h, par les professeurs concernés, des résultats des décisions prises en commissions administratives paritaires nationales le jour même. Devant son succès, l’opération fut institutionnalisée l’année suivante, mais traitée totalement à Paris.

Dans le prolongement de son engagement actif pour la Paix en Indochine, en Algérie ; au Vietnam, elle militait avec le Mouvement de la Paix et « l’Appel des Cent » dont elle devint la secrétaire départementale pour les Bouches-du-Rhône, co-organisant actions locales et manifestations. Elle fut notamment, avec Joseph Oms et Marcelle Gouirand, cheville ouvrière de l’organisation du « Train de la Paix » qui emmena 400 provençaux à Paris, les 18 et 19 novembre 1988, pour participer aux « États Généraux de la Paix ». En voisine, elle s’investit pour la défense des Chantiers navals de La Ciotat. Elle militait aussi dans la cellule du PCF de son quartier Beaudinard à Aubagne.

Maguy Reynaud était également mère de famille, militante de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) dont elle fut présidente de la section du lycée Joliot-Curie à Aubagne qui revendiquait la construction d’un deuxième lycée dans le secteur de recrutement. Elle assumait la responsabilité de la famille, plus que son époux souvent retenu ou en déplacement pour ses responsabilités syndicales. Deux de leurs enfants ont été lauréats du concours général des lycées en mathématiques (comme leur père) et trois furent élèves d’une ENS, et agrégés.

Pendant sa retraite, Maguy Reynaud peignit une cinquantaine de tableaux de fleurs ou de paysages.

Tout en continuant ses activités multiples, elle lutta pendant près de douze ans contre le cancer, de répits en rechutes, de traitements en opérations. Elle fut finalement emportée par le mal en janvier 1997.

Quelques semaines auparavant, très affaiblie, elle avait invité les responsables de la section du PCF d’Aubagne, pour déposer, dans le cadre de la préparation du congrès national du Parti, un amendement qui demandait : « Chaque adhérent du Parti doit militer effectivement aussi dans une autre organisation de masse, de terrain (syndicat, parents d’élèves, paix, associations de quartier, animations culturelles ou sportives…etc) »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article160044, notice REYNAUD Maguy [née LOMBARD Maguy, Michèle, Pierrette] par Gérard Leidet, version mise en ligne le 21 juin 2014, dernière modification le 6 janvier 2019.

Par Gérard Leidet

Maguy Reynaud au congrès du SNES (1992)
Maguy Reynaud au congrès du SNES (1992)
Maguy Renaud à la tribune du forum
Maguy Renaud à la tribune du forum
Maguy Reynaud, avec Joseph Oms et Marcelle Gouirand, dirigeants de l'Appel des Cent (1988)
Maguy Reynaud, avec Joseph Oms et Marcelle Gouirand, dirigeants de l’Appel des Cent (1988)

SOURCES : Arch. IRHSES (S3 d’Aix). — Bulletin des anciens élèves de l’ENSET. — Renseignements fournis par son mari Jean Reynaud et ses enfants.

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