BISSON Hippolyte, Hyacinthe [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot et Gauthier Langlois

Né le 8 octobre 1803 à Noailles (Oise) ; mort à 10 septembre 1875 à Henderson (États-Unis) ; bijoutier ; socialiste opposant au coup d’État du 2 décembre 1851, proscrit réfugié à Jersey.

Né le 15 vendémiaire an XII de Charles Bisson (ca 1765-1838), horloger et de Marie Magdeleine Jumel (1780-1858), il avait épousé Anne Virginie Arnould dont il eut au moins cinq enfants. À la naissance de leur premier enfant Alexandre Charles, le cinq mai 1839 à Paris, le couple résidait 7 rue Saint-Denis (Ve arr. ancien, Ier arr. actuel). L’enfant fut baptisé en l’église réformée de Paris. Suivirent les naissances de Hippolyte Louis le 7 juin 1841, Marie Amanthe en 1846, et à Noailles, Casimir Hyacinthe le 21 juin 1848, Édouard Hippolyte le 12 avril 1850.

Hyacinthe Bisson exerçait dans cette ville la profession de bijoutier. En 1848 il fut condamné à 5 francs d’amende pour injure. Suite au coup d’État du 2 décembre 1851, il fut condamné, par la Commission de révision de Paris, à l’éloignement momentané, pour le motif suivant : « Opinions politiques fort avancées. Propagande socialiste. Il était membre du conseil de surveillance du journal La Démocratie de l’Oise. En rapport suivi avec les hommes les plus compromis dans les derniers moments ».

Il s’exila avec sa famille et vécut successivement en Grande-Bretagne ou à Jersey puis en Suisse. Le 21 octobre 1853 il participa à l’assemblée générale des proscrits républicains résidant à Jersey, qui déclara le sieur Julien Hubert comme espion et agent provocateur de la police de Napoléon III.

Refusant de retourner en France suite à l’amnistie de 1859, il s’installa aux États-Unis. Il rejoignit le front pionnier à Henderson dans le comté de Sibley (Minnesota) où son compagnon d’exil Joseph Seigneuret s’était installé en 1854. Il apparait avec son épouse Virginia dans le recensement de 1865 avec ses enfants Charles, Hippolyte, Mary, Cashmere (Casimir) et Camille. Sa fille Marie Amanthe y épousa, le 24 décembre 1895 Joseph Seigneuret qui venait de divorcer. Hyacinthe Bisson mourut à Henderson en 1875. Sa veuve, née Anne Arnould, obtint une pension au titre de la loi de réparation nationale de 1881. Leurs enfants firent souche à Henderson où ils moururent : Alexander Charles, le 6 novembre 1909 ; Marie Amanthe, épouse Seigneuret, le 29 mai 1912 ; Hippolyte Louis, "steam engineer", le 22 mars 1918.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article160681, notice BISSON Hippolyte, Hyacinthe [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot et Gauthier Langlois, version mise en ligne le 1er juillet 2014, dernière modification le 13 novembre 2020.

Par Michel Cordillot et Gauthier Langlois

SOURCES : AN, F15 4065, dossier 13. — Archives de l’Oise, Acte de naissance. — Denise Devos, La Troisième République et la mémoire du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, Paris, Arch. nat., 1992. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Bisson - Hyacinthe Hippolyte », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — A la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey : imp. universelle, [1853]. — Victor Hugo, « 1853-L’espion Hubert », Oeuvres inédites de Victor Hugo. Choses vues, 1888, p. 291-330. — La Gazette des tribunaux, 19 août 1872.

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