BECK Marcel, Ferdinand

Par Madeleine Singer

Né le 4 octobre 1918 à Gros Rederching, par Rohrbach-lès-Bitche (Moselle), mort le 24 novembre 2002 à Paris (XIIe arr.) ; instituteur en Moselle de 1935 à 1939 ; résistant ; directeur du Foyer international d’accueil de Paris (FIAP) ; fondateur de la section « relations culturelles » du Syndicat général de l’éducation nationale (SGEN).

Marcel Beck était le cinquième des six enfants de Ferdinand Beck, agriculteur, et de Thérèse Fogel. Après des études à l’EPS de Saint-Avold, il entra en 1935 à l’École normale de Montigny-lès-Metz et fut en 1938 nommé à Saint-Louis-lès-Bitche. Élève-officier à Saint-Maixent en 1939, il fit partie du corps expéditionnaire de Norvège qui revint en France en mai 1940. Prisonnier de guerre le mois suivant, il fut libéré comme Lorrain en février 1941 et se rendit en zone libre où il enseigna comme instituteur jusqu’en juin 1944. Il servit alors dans les FFI dans les régions de Bergerac et de Royan. Puis en avril 1945, il put suivre un cours de formation d’interprète à l’École militaire de Paris car il avait en janvier 1945 passé avec succès à Bordeaux deux certificats de la licence d’allemand.

Au terme de cette année d’études, il fut détaché à la Mission française pour les affaires culturelles à Baden-Baden. Après avoir occupé divers postes en Allemagne, il fut en octobre 1958 détaché auprès de la Mission universitaire et culturelle de l’Ambassade de France au Maroc ; il fut alors responsable du bureau des échanges, stages et voyages intéressant les jeunes cadres marocains. En 1970 il devint directeur du FIAP où il eut un rôle de gestionnaire de ce Foyer qui employait 88 personnes. Mais il avait également un rôle d’organisateur d’évènements car il organisait des activités culturelles (concerts, expositions, conférences) ouvertes aux étrangers, hôtes du FIAP, et aux Français désireux d’avoir des contacts avec des étrangers. Il y prit sa retraite en 1983. Il avait épousé en 1946 Marie-Madeleine Rohr dont il eut trois enfants. Celle-ci, institutrice, fut d’abord en Allemagne secrétaire du Directeur de l’enseignement français, puis au Maroc devint secrétaire au bureau des examens.

Grâce à son appartenance aux Éclaireurs de France, Marcel Beck fut dès son arrivée en Allemagne responsable du scoutisme français dans ce pays et le demeura pendant tout son séjour. Mais il souhaitait se syndiquer car, après sa captivité en Silésie, il avait éprouvé le besoin de participer à une activité civique. Issu de la même École normale que Paul Caspard*, il suscita une modification des statuts du SGEN, modification qui devint effective au congrès d’avril 1954 : un additif à l’article 1 autorisa l’adhésion de personnels qui, tout en relevant d’autres départements ministériels que l’Education nationale, participaient à un service d’enseignement, de formation culturelle ou de recherche scientifique. Comme c’est le cas de tous ceux qui dépendent des services culturels des Ambassades de France, M. Beck put alors adhérer au SGEN avec un certain nombre de ses camarades, parmi les 40 agents du service. Une assemblée générale des adhérents eut lieu le 25 juin 1955, en présence de J. Brocard* alors secrétaire général adjoint : Marcel Beck fut élu secrétaire du bureau qu’on y constitua et le demeura jusqu’à son départ pour le Maroc. Comme le montre une étude qu’il publia en mars 1956 dans École et Education, il prit immédiatement en charge les divers problèmes de traitement et de statut qui se posaient à ces personnels, constatant que la structure de la section favorisait les prises de contact entre le personnel de l’Enseignement français en Allemagne et celui des Services culturels de l’Ambassade de France. Dans le même article, M. Beck, secrétaire depuis 1954 de l’Union des syndicats CFTC en Allemagne, pouvait annoncer que celle-ci venait d’obtenir un million et demi de voix aux élections sociales. Cette Union comprenait, outre les membres du SGEN, les civils qui travaillaient dans l’armée, ainsi que le personnel de l’Ambassade.

Ce regroupement en Allemagne-Autriche des personnels des Services culturels avec les membres de la Mission universitaire en fonction dans les Instituts français, le Centre d’études françaises, au lycée franco-allemand de Berlin, dans les Universités allemandes, fut le point de départ d’une section « relations culturelles », intéressant l’ensemble de ces personnels dans les divers pays du monde : une première Assemblée générale se tint à Paris le 12 juillet 1956, grâce à la présence dans la capitale de nombreux universitaires engagés dans les relations culturelles. Vu le rôle joué par M. Beck dans l’élaboration par l’Assemblée des motions relatives aux problèmes de rémunération, d’avancement et de statut, celui-ci devint au congrès d’avril 1957 membre du Comité national car on avait décidé d’accorder un siège à cette nouvelle section. Mais il n’y demeura qu’un an, car dès son arrivée au Maroc, il voulut s’effacer devant Raymond Prallet*, alors président de l’Association générale de l’Education nationale (AGEN), où se retrouvaient les adhérents SGEN car les syndicats étrangers étaient interdits au Maroc.

Mais auparavant au congrès d’avril 1958, il était intervenu pour apporter au nom de sa section son soutien à la politique de défense des libertés individuelles menée par le bureau, disant que, grâce à leurs contacts avec l’étranger, tous ses camarades mesuraient les risques courus par notre pays. Il évoqua en même temps la représentation toute récente obtenue par le SGEN dans la Commission interministérielle pour le développement des relations culturelles. Lorsque cette Commission siégea peu après, le 24 avril, pour procéder aux nominations et réintégrations des professeurs de français à l’étranger, c’est M. Beck qui suppléa Paul Vignaux* empêché, et qui put défendre efficacement les adhérents qui avaient fait parvenir leurs fiches.

Bien entendu le départ de Marcel Beck pour le Maroc l’éloigna de Paris et obligea le SGEN à chercher d’autres concours, notamment celui de Madame Madeleine Vorum-David qui avait été longtemps professeur en Tchécoslovaquie et qui fut à la tête de cette section « relations culturelles » pendant vingt ans. Au Maroc l’AGEN était bien structurée, avec des responsables dans les divers établissements : Marcel Beck n’eut donc pas à y jouer un rôle actif. Mais il demeura au SGEN jusqu’à sa nomination de directeur du FIAP, laquelle lui interdisait toute affiliation syndicale. Il était chevalier des Palmes académiques, chevalier de l’ordre national du Mérite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16076, notice BECK Marcel, Ferdinand par Madeleine Singer, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 15 octobre 2021.

Par Madeleine Singer

SOURCES : M. Singer, Histoire du SGEN, 1987, PUL École et Education (1954-1955). Syndicalisme universitaire (1955-1958). Lettres de M. Beck à M. Singer, avril 1995, 25.9.1996, 23.10.1996 (A.P.). — Docuements communiqués par Alexandre Lejeune de la FIAP : CV de Marcel Beck, discours de départ de Maurice Beck, discours d’Edwige Avice pour la remise de la Médaille d’or de la jeunesse et des sports.

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