BULOT André, François [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Né en 1809 à Paris, peintre sur porcelaine, André Bulot demeurait à Limoges (Haute-Vienne) où il jouissait d’une grande estime. Il fut membre de la Commission ouvrière près le Comité administratif créé le 25 février 1848. Il avait été désigné non seulement par les ouvriers démocrates, mais encore par les négociants de Limoges. Il présida la Société populaire créée le 26 février 1848. Avec Genty, président du Club des clubs, il réclama l’ouverture de chantiers nationaux dans les chemins de fer.

André Bulot alla à Paris demander au Gouvernement provisoire l’envoi de 3000 fusils destinés à la garde nationale limougeaude, mais il n’obtint que des promesses. Le 26 avril 1848, alors qu’on dépouillait les bulletins du scrutin pour l’élection de la Constituante, il provoqua une réunion de la Société populaire qui critiqua vivement le commissaire du Gouvernement, Chamiot-Avanturier, et exigea la formation d’un nouveau conseil municipal et le désarmement de la garde nationale, où seuls jusqu’alors les bourgeois étaient admis. Bulot fit partie de la délégation qui se rendit auprès du commissaire du Gouvernement pour obtenir cette mesure.

Membre du nouveau Comité administratif formé le 27 avril 1848, André Bulot fut chargé par lui d’organiser une garde mobile ouvrière chargée de prévenir les atteintes aux personnes et aux biens. En mai, il signa un projet d’association du capital et du travail. Il fut arrêté, le 25 mai, pour sa participation aux événements du 27 avril. En avril 1849, la cour d’assises de la Vienne le condamna à deux ans de prison. Il demanda en septembre à être transféré de la prison de Poitiers à celle de Limoges, mais le procureur général et le préfet de la Haute-Vienne refusèrent, en raison de l’influence qu’il pouvait exercer sur les ouvriers socialistes de Limoges. Le transfert eut finalement lieu en décembre 1850.

Proscrit après le 2 décembre, André Bulot se réfugia à Londres, puis aux États-Unis. Il s’installa à Nashville (Tennessee).

En septembre 1870, il participa à la collecte organisée par Émile Loiseau au profit de la jeune République française, puis demanda de l’aide par l’intermédiaire du Messager franco-américain de New York car il désirait à tout prix regagner la France pour se battre.

Mit-il son projet à exécution ? La seule certitude est qu’il décéda aux États-Unis. Sa veuve, née François Jourdain, demanda et obtint une pension au titre de la loi de réparation nationale de 1881.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article161030, notice BULOT André, François [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 4 juillet 2014, dernière modification le 4 juillet 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : AN, F15 4111, dossier 5, et F7 2589 ; L’Abeille de la Vienne, mars-avril 1849 ; Exposé sur l’Organisation du travail par les délégués de la Société populaire de Limoges, Limoges, Barbou, 1848, petit in-4°, 23 p. ; Victor Chazelas, « Un épisode de la lutte des classes à Limoges », in La Révolution de 1848, numéros 39 à 43, tome VII (1910) et tome VIII (1911) ; Denise Devos, La Troisième République et la mémoire du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, Paris, Arch. nat., 1992 ; Charles Clerc, Les Républicains de langue française aux Etats-Unis, 1848-1871, Thèse, Univ. Paris XIII, 2001, p. 326..

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable