STEFKA Karel alias MATUCH Karol

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né en 1904 en Moravie (Tchécoslovaquie), mort en 1958 en Tchécoslovaquie ; lamineur ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; résistant membre du premier triangle de direction des FTP-MOI parisien ; déporté.

D’une famille ouvrière modeste, Karel Stefka travailla comme lamineur dans la sidérurgie. Il commença à militer à l’âge de seize ans, fut arrêté pour son action antimilitariste. En 1936, il voulait partir en Espagne, mais ne parvenait pas à obtenir de passeport en raison de ses antécédents. Il quitta son pays avec un faux passeport, transita par Paris, d’où il rejoignit l’Espagne, combattit dans les Brigades internationales. Lors du retrait début 1939 il fut interné au camp de Gurs.

Les prisonniers tchécoslovaques pouvaient obtenir leur libération à la condition de s’engager dans une unité de leur pays. Il s’engagea, fut libéré en juin 1941, résida à Marseille, fit des démarches pour être rapatrié dans son pays, mais elles n’aboutirent pas. Il vint à Paris, prit contact avec des communistes tchécoslovaques, milita dans le Travail allemand (TA). Une forme de militantisme très dangereuse qui consistait à distribuer des tracts antinazis en allemands aux troupes d’occupation. Il fit la connaissance de Nelly, sa future femme, le couple vivait 3 bis Rue Jean-Sicard, XVe arrondissement. à Paris.

À la formation des FTP-MOI en juin 1942, Karel Stefka devenait membre du triangle de direction avec Boris Holban et Joaquim Olaso-Piera. Il était chargé de verser les fonds aux responsables des détachements pour payer les combattants, notamment à Adam (Edmond Hirsch), rencontrait l’agent de liaison Betka Brikner (Beila Weinraub) qui apportait les fonds.

Nelly se rendit compte qu’elle était enceinte, Karel Stefka décida de demander conseil au docteur Léon Greif dit Jacques du service sanitaire des FTP-MOI à son cabinet. Le 4 décembre dans la matinée, il se rendit au 68 Boulevard Saint-Marcel, (XIIIe arr.), des policiers de la BS2 y tendaient une souricière depuis 48 heures.

Emmené dans les locaux des Brigades spéciales, fouillé il portait sur lui des reçus de sommes versées à des responsables de détachements, 9000 francs en espèces. Une quinzaine de documents étaient saisis à son domicile portant sur l’organisation. Il fut interrogé sous sa fausse identité de Karol Matuch, né le 6 janvier 1904 à Turzovka en Slovaquie (Tchécoslovaquie).

Frappé, probablement torturé, il donna des signalements de combattants en révélant leurs pseudonymes et le nom d’Olaso. Incarcéré à Fresnes, livré aux Allemands, condamné à une peine de travaux forcés, Karel Stefka fut emprisonné en Allemagne, puis déporté à Mauthausen (Autriche). Matricule 34572 il survécut aux épreuves. Rapatrié en Tchécoslovaquie, il mourut d’un cancer généralisé en 1958.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article161089, notice STEFKA Karel alias MATUCH Karol par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 6 juillet 2014, dernière modification le 31 janvier 2019.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo., BS2 carton 20, PCF carton 14 rapports hebdomadaires des Renseignements généraux sur l’activité communiste. – Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. – Boris Holban, Testament. Après 45 ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle…, Calmann-Lévy, 1989. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004.

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