BELGRAND Charles, Gilbert

Par Antoine Olivesi

Né le 27 janvier 1886 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), mort le 26 mars 1965 à Aix-en-Provence ; ajusteur ; militant syndicaliste dans la métallurgie, adhérent à la CGT dès 1914 ; secrétaire du syndicat des Métaux d’Aix de 1919 à 1954, membre de la commission départementale du travail et président du conseil des prud’hommes de l’arrondissement d’Aix en 1934.

Fils d’un marchand tailleur, Charles Belgrand travaillait dès l’âge de seize ans, en 1902, comme ajusteur dans la métallurgie et était déjà syndiqué. Il adhéra au syndicat des mécaniciens en 1904. En 1911, il était trésorier de la Bourse du Travail d’Aix (Bouches-du-Rhône), non adhérente de la CGT. Il était dit radical-socialiste.
Belgrand adhéra plus tard à la CGT - avant 1914 - et participa notamment aux manifestations qui agitèrent Aix du 8 au 11 mars 1913 ainsi qu’à la grève générale du 9, consécutive à un conflit qui opposait les terrassiers en grève aux forces de l’ordre. Arrêté pour avoir coupé le courant électrique pendant la grève, Belgrand fut arrêté puis acquitté devant le tribunal.
En décembre 1919, il était secrétaire du syndicat des Métaux d’Aix et il présida la séance d’ouverture du congrès de l’UD-CGT qui se tint dans cette ville à partir du 13.
En août 1922, Belgrand présida un meeting à la Bourse du Travail d’Aix où prirent la parole un délégué de la CGT ainsi que Boisson* au nom de l’UDU.
En 1934, il était secrétaire de la Bourse du Travail d’Aix-en-Provence, membre de la commission départementale du travail et président du conseil des prud’hommes de l’arr. d’Aix (Petit Provençal, 17 septembre 1934). Il prépara le XIVe congrès de ces commissions qui se tint à Marseille.
Il participa à de nombreux meetings et réunions syndicales à l’époque du Front populaire. Il négocia en particulier des accords de type Matignon, le 17 juin 1936, avec la direction de l’usine de fabrication de lampes électriques Zénith à Aix, usine en grève depuis le 12 et occupée par cinq cents ouvriers et ouvrières, obtenant douze jours de congés payés, une augmentation des salaires de 7 à 15 % etc... Mais dans une lettre d’octobre 1936, il manifesta son inquiétude devant la réaction patronale.
En novembre 1938, il se prononça pour la grève générale décidée par la CGT, et participa, le 26, à une grande réunion publique, avec Jouve et Féraud, contre les décrets-lois et Munich, devant 800 personnes. Mais la grève du 30 fut un semi-échec à Aix. En novembre 1939, après l’éviction des communistes, il fut élu membre de la CA de l’UD-CGT avec les ex-confédérés, ce qui semble en contradiction avec un rapport de police de la même période le concernant qui le classe comme SFIO sympathisant communiste avant la guerre.
IL était secrétaire de la Bourse du Travail d’Aix en février 1942. La police le considérait comme ancien socialiste « extrémiste » et syndicaliste CGT « acharné. »
En 1943, Belgrand était secrétaire du syndicat des Métaux et parties similaires d’Aix et écrivit, en tant que tel, à « Monsieur le chef du gouvernement de Vichy », (lettre datée du 20 décembre 1943). Il dénonça la misère dans laquelle vivaient les travailleurs aixois, la sous-alimentation, le marché noir, cita de nombreux prix de produits de première nécessité : beurre à 600 francs le kilo, costume à 8 000 francs, chaussures à 1 200 francs etc.) en comparaison des salaires ouvriers. Il réclama le classement d’Aix comme ville industrielle, ou du moins son assimilation à la banlieue de Marseille pour bénéficier des mêmes avantages que les ouvriers marseillais, c’est-à-dire, essentiellement, des salaires supérieurs de 16 %. Cette demande, déjà effectuée en juin 1943 à propos des métallos aixois, avait été rejetée par l’Inspecteur divisionnaire du travail de Marseille en juillet, d’où l’appel direct de Belgrand à Vichy qui fut réitéré dans une autre lettre, au ministre du Travail, cette fois, le 3 février 1944.
Après la Libération, le 3 septembre 1944, il représenta l’UL d’Aix à la première conférence des délégués de la CGT à Marseille et fut élu secrétaire adjoint de l’UD.
En 1954, Belgrand prit sa retraite. Il était âgé d’environ soixante-dix ans et des militants qui l’ont connu pensent qu’il avait des tendances anarchisantes. Il fut sans aucun doute le personnage le plus représentatif du mouvement syndical à Aix de 1918 à 1954. Charles Belgrand mourut le 26 mars 1965 à Aix.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16126, notice BELGRAND Charles, Gilbert par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 30 avril 2022.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Arch. Nat. F 7/13 567. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône M 6/8430, rapport du 28 août 1922 ; M 6/10 820, 10 874 ; XIV M 25/46, rapport du préfet, 6 mai 1913 ; M 6/11246, rapport du 30 novembre 1939 (anciennes cotes), 99 W 233. — Arch. Mun. d’Aix, listes électorales de 1925, état civil. — Archives de la Bourse du Travail d’Aix (non classées) citées dans le DES d’Histoire du Droit de José Mattei : Syndicalisme et action sociale à Aix-en-Provence de 1933 à 1940 (dactylographié). — Le Petit Provençal, 14 décembre 1919, 2 mai 1922, 5 mai 1934, 6 mai et 6 novembre 1939. — Rouge-Midi, 4 septembre 1944. — note Jean-Marie Guillon. —

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