DUCHÊNE Raoul, Louis

Par Daniel Grason, Gérard Larue, Frédéric Stévenot

Né le 9 juillet 1900 à Montigny-sous-Marle (Aisne), fusillé le 6 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier forgeron à la SNCF ; sympathisant communiste ; résistant FTPF.

Raoul Duchêne
Raoul Duchêne
Fichier de l’Association des familles de fusillés, Musée de la résistance nationale.

Fils d’Henri, domestique de labour, et de Louise, née Diot, journalière, Raoul Duchêne fut embauché en 1938 au dépôt de la SNCF d’Ermont (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Il épousa en juin 1936 Jeanne Martin. Le couple demeurait depuis 1940 dans la cité-jardin au 7 avenue Solon (actuellement avenue de la Division-Leclerc) à Stains (Seine, Seine-Saint-Denis) ; deux enfants naquirent de leur union. Syndiqué à la CGTU, puis à la CGT, sympathisant communiste, il était abonné à la revue Russie d’aujourd’hui éditée par l’association des Amis de l’Union soviétique (AUS). De la classe 1939, il fut mobilisé en septembre 1939 comme affecté spécial sur son lieu de travail.
Contacté en novembre 1942 sur son lieu de travail par Jean Viéville, militant communiste, il accepta de transporter en décembre des tracts de l’organisation clandestine : La tribune des cheminots, l’Humanité clandestine, L’Avant-Garde ainsi que des papillons. En décembre, il devint membre des FTP ; avec d’autres résistants, Francis Auffray, Fernand Leloir et « Jérôme ». Il participa à la tentative d’incendie d’une menuiserie de Stains qui travaillait pour l’occupant. Il prit part à une tentative d’incendie de poteaux indicateurs au barrage de Saint-Denis, scia des poteaux de lignes téléphoniques, remit à un responsable de l’organisation un plan de la Kommandantur d’Enghien-les-Bains en prévision d’un attentat. Il recevait d’« Armand », un militant de Saint-Denis, des tracts qu’il transmettait à Viéville, lequel en effectuait la distribution à l’intérieur de l’atelier d’Ermont.
Des inspecteurs de la BS2 interpellèrent Raoul Duchêne le 17 juin 1943 sur son lieu de travail à Ermont.
Son beau-frère Georges Martin écrivit le 22 juin au préfet de police de la Seine : « Cette arrestation m’a stupéfié et je dirai même indigné. Je sais et je comprends que dans la situation actuelle des mesures rigides doivent être prises pour combattre les saboteurs, la propagande étrangère et tout ce qui peut être nuisible au salut de la France. Seulement il faut avouer que l’on a le droit de ne plus savoir que penser lorsque de telles mesures sont appliquées à des personnes irréprochables. »
Il décrivait Raoul Duchêne comme ne s’étant « jamais écarté du droit chemin. [...] En peu de mots sa vie au sein de sa famille s’écoulait entre une présence régulière et sans défaillance aux usines d’Ermont de la SNCF, son jardin et l’entretien de son intérieur ».
« Sa probité et son honnêteté ne peuvent être mis en doute et, sur la foi du serment et de la sincérité, je m’en porte garant. » Interné à la prison de Fresnes, Raoul Duchêne fut déféré le 1er octobre 1943 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.), lequel prononça à son encontre la peine de mort pour « activités de franc-tireur ». Il fut passé par les armes par les autorités allemandes le 6 octobre à 16 h 51 au Mont-Valérien.
Son inhumation eut lieu au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Après la Libération son corps fut ré-inhumé au cimetière communal de Stains et le conseil municipal donna son nom à une rue de la ville. Le nom de Raoul Duchêne figure sur la stèle commémorative de la SNCF en gare d’Ermont-Eaubonne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article161474, notice DUCHÊNE Raoul, Louis par Daniel Grason, Gérard Larue, Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 9 juillet 2014, dernière modification le 3 janvier 2022.

Par Daniel Grason, Gérard Larue, Frédéric Stévenot

Raoul Duchêne
Raoul Duchêne
Fichier de l’Association des familles de fusillés, Musée de la résistance nationale.

SOURCES : Arch. PPo., 77W 692, BS2 carton 26. – DAVCC, Caen, Boîte 5/B VIII 4, Liste S 1744-310/43 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil.

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