TERREAU André dit Pierre

Par Daniel Grason

Né le 26 septembre 1923 à Paris (XIIe arr.), mort à une date inconnue ; ouvrier opticien ; militant de la Jeunesse communiste du XIe arrondissement de Paris ; résistant militant de la Main-d’œuvre immigrée ; déporté à Buchenwald (Allemagne).

André Terreau
André Terreau

Fils d’Albert ouvrier bijoutier et de Madeleine, née Mollier, sans profession, André Terreau demeurait chez ses parents 13 Rue des Immeubles-Industriels à Paris (XIe arr.) sa mère était la concierge de l’immeuble. Il adhéra aux Jeunesses communistes, fréquentait Marcel Rajman demeurant avec son frère Simon dans la même rue. Après l’école primaire, il fit son apprentissage d’ouvrier opticien jusqu’au 16 janvier 1942 chez Bouchard à Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis), il travailla ensuite chez Boyer 25 boulevard Arago à Paris (XIIIe arr.) jusqu’au 17 janvier 1943. Il reçut une convocation du bureau de placement Allemand, il était désigné pour aller travailler en Allemagne. Il quitta le domicile familial, alla habiter chez sa belle-sœur 9 bis passage Stainville dans le XIIe arrondissement.
Entré dans la clandestinité, il sortait avec Marcel et Simon, tous les trois fréquentaient les restaurants « Les Platanes » à la Porte-de-Pantin et « Chez Bouboule » 80 boulevard Diderot (XIIe arr.). Ils allaient les uns chez les autres, André Terreau se rendait au domicile clandestin de Simon et de Chana sa mère au 60 boulevard Soult, (XIIe arr.), Marcel et Simon venaient Passage Stainville. Marcel Rajman avait une passion, la piscine, en cet été 1943, André Terreau et Simon l’accompagnaient à celle de Saint-Mandé ou des Tourelles.
Le 17 novembre 1943 la BS2 procédait à une soixantaine d’arrestations de FTP-MOI et de militants de la M.O.I. Repéré lors de filatures, André Terreau était interpellé. Son domicile du Passage Stainville était perquisitionné, un lot de tracts et de documents se rapportant à l’activité clandestine du parti communiste étaient saisis. Il portait sur lui un plan du cinéma « Le Saint-Antoine », minimisant la durée de son engagement, il reconnaissait être membre du parti communiste depuis septembre 1943 et responsable de la section communiste clandestine du XIe arrondissement.
Les policiers menèrent une enquête de voisinage, allèrent rendre visite à ses anciens employeurs. Ils ne recueillirent que des renseignements favorables à André Terreau. Ils conclurent qu’il avait subi : « l’influence d’éléments qui ont exploité sa situation et l’ont amené à s’insurger contre la politique gouvernementale. »
Livré aux Allemands, incarcéré à la prison de Fresnes, André Terreau était le 22 janvier 1944 au départ de Compiègne dans le convoi de deux mille cinq hommes à destination de Buchenwald (Allemagne).
Le 11 avril 1945 dans l’après-midi, l’armée américaine conduite par le général Patton libérait Buchenwald. Un Comité militaire clandestin international l’accueillit. Le Comité des intérêts français était composé de : Frédéric-Henri Manhès, Albert Forcinal, Marcel Paul, Robert Darsonville et Jean Lloubes représentaient les français au sein de ce comité précisa Olivier Lalieu dans son ouvrage La zone grise ? La résistance française à Buchenwald.
Dans 1945 La découverte, Annette Wieviorka soulignait : « c’est avec l’arrivée du résistant communiste Marcel Paul, en mai 1944, qui devient l’interlocuteur des dirigeants allemands, que le parti communiste français s’organise véritablement à Buchenwald et qu’il rassemble d’autres courants de la Résistance dans le Comité des intérêts français. Désormais, le Comité est à présent dans l’organisation de résistance du camp et peut protéger certains détenus. »
André Terreau matricule 42073, était parmi les neuf cent quatre-vingt-dix survivants du convoi ainsi que ses camarades Simon Rajman et René Coureur. Il fut homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté interné résistant (DIR). André Terreau épousa Marcelle Jamain le 16 mars 1946 en mairie du XIe arrondissement. Il a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté interné résistant (DIR).
La date de sa mort ne figure pas sur son acte de naissance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article161646, notice TERREAU André dit Pierre par Daniel Grason, version mise en ligne le 23 juillet 2014, dernière modification le 2 février 2020.

Par Daniel Grason

André Terreau
André Terreau

SOURCES : Arch. PPo. PCF carton 15 rapports hebdomadaires des Renseignements généraux sur l’activité communiste, 1W 1623. – Annette Wieviorka, Ils étaient juifs, résistants, communistes, Éd. Denoël, 1986. – Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l’étranger, les immigrés de la M.O.I. dans la Résistance, Fayard, 1994. – Annette Wieviorka, 1945 La découverte, Éd. du Seuil, 2015. – Olivier Lalieu, La zone grise ? La résistance française à Buchenwald, préface de Jorge Semprun, Éd. Tallandier, 2005. – Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Éd. Sociales, 1977. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil, Paris 12e arrondissement.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 189

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