RENAR Ivan [RENAR Yves, Ivan]

Par Roland Delacroix

Né le 26 avril 1937 à Roubaix (Nord) ; professeur auxiliaire, journaliste ; militant communiste, secrétaire de l’Union des jeunesses communistes du Nord (1956-1964), secrétaire de la Fédération du Nord du PCF (1968-1990), secrétaire national de l’Association des élus communistes et républicains (1978-1989), sénateur communiste du Nord (1985-2011) ; co-créateur avec Robert Hue du Mouvement unitaire progressiste en 2009.

Fils de Léon Renar et de Wladislawa Gizycki, Ivan Renar ne put être déclaré sous le prénom d’Ivan car à l’époque, avoir un premier prénom étranger était interdit. Son père était représentant de commerce et sa mère aide-soignante à l’hôpital de Roubaix. Ils avaient deux fils. Ses parents divorcèrent en 1945. Il fut élevé par sa mère, fille d’un communiste polonais qui avait rejoint la France en 1920, elle-même sympathisante communiste avec une pointe d’anarchisme. Aussi, tout jeune, dès les premières classes du « petit lycée » de Roubaix, dans une période où dans les familles les discussions politiques n’étaient pas rares, il affrontait ses camarades de classe, eux aussi précocement politisés, répétant tous ce qu’ils entendaient dire chez eux. Les débats politiques auxquels participait Ivan allaient continuer durant toute sa scolarité. En terminale, son professeur de philosophie était un communiste qui l’aida à franchir le pas de l’adhésion au PCF en novembre 1954.

Il fréquenta alors le siège de la section de Roubaix où il rencontra Gustave Ansart et Émile Duhamel. Gustave Ansart l’incita alors à militer plus spécifiquement auprès des jeunes et il adhéra en 1956 à « l’Union de la Jeunesse républicaine de France » qui devint la même année « l’Union des Jeunesses Communistes de France ». Il y fut accueilli par Albert De Bosschère et Pierre Bellefroid qui, voyant en lui un futur dirigeant, l’encouragèrent à prendre des responsabilités. Il devint alors membre du secrétariat de la jeunesse communiste du Nord de 1956 à 1964. Durant toutes ces années, de plus en plus accaparé et passionné par les tâches militantes, il abandonna ses études après l’obtention du certificat d’études littéraires générales classiques, devint maître auxiliaire en histoire-géographie de 1957 à 1964, période entrecoupée par son service militaire de septembre 1962 à novembre 1963, et au cours de laquelle il se maria avec Monique Sirjacq dont il eut deux enfants.

En 1964 Albert De Bosschère lui demanda de devenir « permanent du Parti ». Il entra alors au journal Liberté, quotidien du Nord/Pas-de-Calais puis, dès 1965, accéda au comité fédéral du Nord du PCF, en devint membre du bureau où il fut chargé des questions de la jeunesse. En 1968, il fut élu au secrétariat fédéral et le resta jusqu’en 1990. Il y fut « responsable aux cadres » où il promut Alain Bocquet, et responsable aux questions de l’enseignement où il travailla avec Pierre Juquin à la confection du programme du parti sur l’école. En 1977, le PCF remporta de nombreuses municipalités. Dans le département du Nord, les élus municipaux communistes étaient plus de 1 500. Il parut alors nécessaire de créer une association d’élus et un outil technique et de formation à leur service. Ivan Renar, aux côtés de Marcel Rosette, créa « l’association des élus communistes et républicains » dont il fut le secrétaire national de 1978 à 1989, et le Centre d’information, de documentation, d’études et de formation des élus (CIDEFE). On lui confia ensuite le poste de directeur politique du quotidien Liberté alors en grande difficulté. Tâche qu’il accomplit courageusement pendant trois ans de 1989 à 1992, mais qui n’empêcha pas la disparition de ce quotidien en 1992.

Sur le plan électoral, lors de l’élection municipale partielle de Villeneuve d’Ascq de 1976, il mena une campagne opiniâtre et en même temps très innovante et rassembleuse, pour que sa liste arrive première des formations de gauche et qu’ainsi en 1977 la municipalité de Villeneuve d’Ascq, dans le cadre de l’union de la gauche, puisse avoir un maire communiste. Il ne fut devancé que d’un point par le candidat socialiste, entra au conseil municipal avec quatre de ses colistiers et, l’année suivante, il devint adjoint au maire socialiste, de 1977 à 1989.

Devenu sénateur le 2 avril 1985, en remplacement de Gérard Ehlers démissionnaire, il fut élu sénateur du Nord le 2 octobre 1992 puis réélu le 23 septembre 2001. Inscrit au groupe communiste, républicain et citoyen, il mena une intense activité de propositions de lois, d’interventions en séance publique ou en commission, particulièrement dans les domaines culturels et de l’enseignement supérieur et de la recherche, et devint vice-président de la commission des affaires culturelles en 1995. Au plan régional et local, il fut vice-président à la culture puis à l’enseignement supérieur et la recherche de la région Nord/Pas-de-Calais (1998-2004), président du groupe communiste à la Communauté urbaine de Lille (CUDL) de 1977 à 1989, conseiller municipal de Lille de 1995 à 2001.

Aux élections sénatoriales du 30 septembre 2011, il mena une liste dissidente du PCF car, en 2009, il quitta définitivement le parti, auquel il reprocha son sectarisme et son manque de réalisme et avec lequel il avait pris ses distances dès 2004. Cette liste « Alliance indépendante, de gauche et citoyenne » n’obtint que 2,8 % des voix et il ne fut pas réélu. Quittant le PCF, il créa immédiatement avec Robert Hue le Mouvement unitaire progressiste (MUP) en 2009, tout en affirmant « rester fidèle à l’idéal communiste ». Il dit d’ailleurs « se conduire en militant » dans les nombreuses structures culturelles qu’il présidait. À l’Orchestre national de Lille depuis 1992, à l’association Lille 3000 depuis 2010 ou encore à l’École supérieure d’art du Nord/Pas-de-Calais depuis 2011, où il dénonça « les coupes dans les budgets culturels » et lutta « contre la ségrégation sociale dans le domaine culturel ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article161692, notice RENAR Ivan [RENAR Yves, Ivan] par Roland Delacroix, version mise en ligne le 6 août 2014, dernière modification le 3 mai 2022.

Par Roland Delacroix

SOURCES : Archives de la Fédération du Nord du PCF ; archives du Sénat, documents électoraux. — Archive du Journal Liberté — Interventions dans les assemblées générales de l’Orchestre national de Lille et de Lille 3000. — Entretiens avec Ivan Renar. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément