BELLONI Arthur [BELLONI Jean, Arthur]

Par Fabrice Bourrée

Né le 21 décembre 1896 à Monclar-d’Agenais (Lot-et-Garonne), mort le 10 août 1947 à Amiens (Somme) ; ouvrier tailleur ; militant communiste du Lot-et-Garonne.

Fils d’un coiffeur et d’une tailleuse de robe, ouvrier tailleur d’habits d’abord chez Galinou puis chez Caminade, grand couturier de Villeneuve-sur-Lot, Arthur Belloni ne fut pas mobilisable en 1914 à cause d’une infirmité. Le 10 janvier 1920, il épousa Marguerite Varlot qui avait fui Amiens en 1917 à cause des bombardements. De leur union naquit Jeannine le 30 avril 1926. Ils résidaient alors à Villeneuve-sur-Lot.

Il était, en 1923, trésorier de la cellule communiste de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) dont L. Bigou* était secrétaire.

Dès 1940, il s’engagea dans la lutte clandestine en distribuant des exemplaires de l’Humanité clandestine. En mai 1941, suite à la diffusion d’un numéro de l’Humanité portant des accusations à l’encontre du commissaire de police de Villeneuve, une enquête judiciaire fut ouverte. Le 15 juin 1941, à la suite d’une dénonciation, la gendarmerie de Villeneuve interpella Jean Belloni et ses quatre camarades.

Il comparut le 21 juin 1941 devant le Tribunal de première instance d’Agen puis fut interné du 15 au 18 septembre 1941 à la prison de Toulouse. Il fut présenté le 27 septembre devant le Tribunal militaire de Toulouse qui le condamna à cinq ans de travaux forcés le 6 novembre 1941 pour activité communiste.

Jean Belloni fut ensuite transféré à la maison d’arrêt de Tarbes le 8 décembre 1942 puis à celle d’Eysses le 15 octobre 1943. Suite à l’insurrection des patriotes détenus dans cette centrale, il fut livré avec les autres détenus aux autorités allemandes le 30 mai 1944.

Jean Belloni fut déporté le 20 juin 1944 au camp de concentration de Dachau sous le matricule 73070 ; il est affecté au commando des tailleurs. Il fut rapatrié de ce camp le 17 mai 1945 et décèda des suites de sa déportation le 10 août 1947 à Amiens.

La mention « Mort pour la France » a été inscrite en marge de son acte de décès le 11 avril 1949. Le titre de déporté résistant lui a été attribué à titre posthume par décision en date du 4 février 1986.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16172, notice BELLONI Arthur [BELLONI Jean, Arthur] par Fabrice Bourrée, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 24 septembre 2017.

Par Fabrice Bourrée

SOURCES : Arch. Dép. Lot-et-Garonne, 1W192 — Archives de la justice militaire, Le Blanc. — Bureau Résistance, Vincennes (dossier nominatif). — Bureau des mentions, Val-de-Fontenay (dossier nominatif) — « Mémoires » de Jean Belloni, 1941-1943. — Témoignage de Jeannine Lapeyre née Belloni, 1990. — Archives de l’Association Généalogique des Familles Bourrée et Lapeyre (AGFBL). — Archives de l’Amicale d’Eysses et de l’Amicale des anciens de Dachau. — Témoignage de Marguerite Belloni. — Renseignements recueillis à Monclar-d’Agenais. — Ami si tu tombes, les communistes du Lot-et-Garonne dans la Résistance, 1986. — La Fondation pour la mémoire de la déportation, Le livre-Mémorial, op.cit. — Note de Jean-Pierre Besse.

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