TAUB Étienne

Par Daniel Grason

Né le 9 février 1908 à Budapest (Hongrie), mort à une date inconnue ; communiste ; ajusteur électricien ; résistant militant de la Main-d’œuvre immigrée (M.O.I.) ; déporté à Buchenwald (Allemagne).

Fils de Bela et de Carolina, née Weiss, Étienne Taub vivait 140 avenue Daumesnil à Paris (XIIe arr.). Il s’engagea dans l’armée française le 9 novembre 1939, était affecté au 22e Régiment de Marche des Volontaires Étrangers, il fut réformé le 13 avril 1940.
Militant de la Main-d’œuvre immigrée, il entra dans la clandestinité à une date inconnue. Le 26 octobre 1943 des inspecteurs de la BS2 arrêtaient Joseph Dawidowicz dit Albert, commissaire politique des FTP-MOI parisien depuis mai 1943. Dans l’un de ses domiciles clandestins, ils saisissaient notamment des listes d’effectifs et un état numérique dactylographié des divers détachements FTP-MOI. Dawidowicz entraîna dans sa chute l’arrestation de combattants FTP-MOI et de militants de la Main-d’œuvre immigrée. Ces derniers dont Étienne Taub diffusaient les tracts et journaux de l’organisation.
Étienne Taub était interpellé le 19 novembre 1943 par des inspecteurs de la BS2 au moment où il se présentait au domicile de Madeleine Szanto 55 rue Lhomond, (Ve arr.). Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales, il fut incarcéré à Fresnes. Transféré au camp de Compiègne, il était le 23 janvier 1944 dans le convoi de deux mille cinq hommes à destination de Buchenwald (Allemagne).
Étienne Taub participa aux actions de solidarité à l’intérieur du camp qui étaient autant d’actes de résistance à la barbarie. Le 11 avril 1945 dans l’après-midi, l’armée américaine conduite par le général Patton libérait Buchenwald. Le Comité militaire clandestin international l’accueillit. Le Comité des intérêts français était composé de : Frédéric-Henri Manhès, Albert Forcinal, Marcel Paul, Robert Darsonville et Jean Lloubes représentaient les français au sein de ce comité précisa Olivier Lalieu dans son ouvrage La zone grise ? La résistance française à Buchenwald.
Dans son ouvrage 1945 La découverte, Annette Wieviorka soulignait : « c’est avec l’arrivée du résistant communiste Marcel Paul, en mai 1944, qui devient l’interlocuteur des dirigeants allemands, que le parti communiste français s’organise véritablement à Buchenwald et qu’il rassemble d’autres courants de la Résistance dans le Comité des intérêts français. Désormais, le Comité est à présent dans l’organisation de résistance du camp et peut protéger certains détenus. »
De retour à Paris, il demeura 26 rue Jouvenet, (XVIe arr.). Il obtint la naturalisation française par décret en date du 5 septembre 1946. En 1957 il demanda au Ministère des anciens combattants la reconnaissance de déporté politique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article161722, notice TAUB Étienne par Daniel Grason, version mise en ligne le 2 juin 2020, dernière modification le 2 juin 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. GA 281, GB 137 BS2, PCF carton 15 rapports hebdomadaires des Renseignements généraux sur l’activité communiste du 29 novembre 1943. – Bureau Résistance (pas de dossier). – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Annette Wieviorka, 1945 La découverte, Éd. Seuil, 2015. – Olivier Lalieu, La zone grise ? La résistance française à Buchenwald, préface de Jorge Semprun, Éd. Tallandier, 2005. – Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Éd. Sociales, 1977. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004.

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