BELTRAME Gaston, Émile

Par Jacques Girault

Né le 10 mai 1932 à Ollioules (Var), mort le 2 juillet 1989 à Ollioules ; instituteur ; écrivain et poète.

Fils d’un boucher devenu agent de police et d’une couturière, petit-fils d’un ouvrier syndicaliste à l’Arsenal maritime de Toulon (Var), Gaston Beltrame reçut les premiers sacrements catholiques. Il passa sa jeunesse dans le quartier de l’Escaillon à Toulon et fréquenta le collège Rouvière. Entré à l’École normale d’instituteurs de Draguignan (Var) en 1949, il encadra pendant plusieurs étés, comme moniteur, des colonies de vacances d’esprit laïque au Logis du Pin. Sursitaire, il fut appelé au service militaire en 1957 comme enseignant à l’école des enfants de troupes d’Aix, puis envoyé en Algérie de juillet 1958 à octobre 1959. Il s’était marié, en novembre 1954 à Toulon, avec une institutrice, Élise Givaudan, fille d’un militant communiste. Le couple eut un enfant.
Nommé instituteur à Toulon à sa sortie de l’École normale, Beltrame enseigna à Ollioules de 1959 à 1987. Dans son enseignement, il s’inspirait de certaines méthodes de l’École moderne (techniques Freinet) et notamment faisait composer un journal de classe L’Olivier, comprenant des enquêtes sur le milieu local. Il fut candidat au conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1961, en 1964, en 1965 (listes « pour l’unité, la démocratie et l’efficacité du syndicat »), en 1967 (« Liste pour l’unité, l’action et l’efficacité du SNI »). Par la suite, il préféra soutenir les candidats du courant de pensée de L’école émancipée.
Avec son épouse, secrétaire départementale des Auberges de jeunesse, Beltrame milita dans le mouvement des auberges laïques. Compagnons de route du Parti communiste, ils adhérèrent en avril 1961 quand ils apprirent l’exploit de Gagarine. Ils étaient régulièrement en contact avec des dirigeants nationaux de l’Union des étudiants communistes qui venaient passer l’été dans l’auberge de jeunesse de l’île du Levant qu’ils géraient. Secrétaire de la cellule d’Ollioules du Parti communiste, tête de liste aux élections municipales en 1965, avec son épouse, il refusa de condamner le Parti communiste de Chine. Ils quittèrent le Parti en 1967. Toutefois, il en resta proche et écrivait régulièrement dans les rubriques « jeunesse » et « critique littéraire » du quotidien Le Petit Varois-La Marseillaise. Sur le plan local, quand le maire socialiste sortant Durbec choisit de se présenter à Toulon, en 1983, il constitua, pour les élections municipales, avec quelques conseillers municipaux sortants, une liste « Gérons notre commune » qui obtint un mauvais résultat.
Dans les années 1950, attiré par le Moyen-Age et les troubadours, Beltrame entreprit des recherches historiques sur Ollioules et ses environs. Il écrivit plusieurs ouvrages à partir de 1957 (Au temps de la reine Jeanne, La cité qui naquit deux fois, Les seigneurs d’Ollioules) sur ces questions dont Chroniques et histoire d’Ollioules (1976, 1995) et Ollioules d’hier et d’aujourd’hui. Il découvrit ainsi l’histoire et la culture occitanes en relations avec des collègues, amis de L’école émancipée. Il participa aux rencontres d’été de Fox-Amphoux (Var) dans les années 1960. Il apprit le provençal et composa des poèmes, des chansons et des pièces de théâtre en Occitan et en Français. Dans ces spectacles joués avec succès dans la région (L’ome chin en 1978 à Châteauvallon, Gaspard, La tortue blanca, Mort de rire, Ulisse est de retour, La cité aux mains nues), il interprétait divers rôles. Plusieurs furent représentés par le Centre dramatique occitan hors de la région, ainsi Le dernier mouton, au Théâtre des Nations à Paris en 1972, Le Coup d’État de 51 ou Martin Bidouré, dans le cadre des festivals d’Avignon et de Nancy en 1975. Il anima de 1977 à 1981, des journées « Provence vivante » à Châteauvallon et présenta, en 1987, une série toulonnaise en quatre volets (Toulon-canaille, Toulon- Chicago, Toulon-La Pigne, Toulon-Tartane). Il donna aussi d’autres spectacles à l’espace Comedia, au théâtre de la Porte d’Italie à Toulon, au Vieux Moulin d’Ollioules (Les filles de la Mandragore, La conque de brume, Complaintes et légendes de par ici, Mes adolescences, Complaintes pour François Villon).
Dans le même temps, Beltrame participait aux activités des associations s’occupant d’histoire locale (par exemple, en janvier 1984, conférence sur Gaspard de Besse pour les Amis de La Seyne ancienne et moderne). Il présenta ses recherches sur le brigandage dans la région de Toulon lors d’une émission radiophonique en 1983. A la fin de l’année 1988, il évoqua dans plusieurs conférences des aspects de la vie quotidienne du Sud-Ouest varois sous la Révolution française que la presse présenta sous le titre de « saga de Gaston Beltrame ».
Après 1968, Beltrame militait dans le courant occitaniste. Chanteur-poète au répertoire libertaire et régionaliste dans le groupe Ventadour, il enregistra des disques pour une maison indépendante de Béziers et effectua des tournées de chant dans le Sud-Est. Il écrivit enfin des recueils de poésies et de nouvelles.
Politiquement, Beltrame se prononçait pour le mouvement écologiste à la fin des années 1980. Son épouse, à la fin des années 1990, était une des responsables départementales des Verts.
Des journées Gaston Beltrame, regroupant théâtre, chansons et poésies, furent organisées à Ollioules en juillet 1990 par l’Association pour la promotion d’animations régionales qu’il avait créée, et en juillet 1994 par l’association Escambis.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16188, notice BELTRAME Gaston, Émile par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 17 octobre 2019.

Par Jacques Girault

SOURCES : Presse syndicale et locale. — Renseignements fournis par l’épouse de l’intéressé, par la mairie d’Ollioules, par Jacques Besson, président de la société des Amis de La Seyne ancienne et moderne, par André Neyton, directeur du Théâtre de la Méditerranée. — Sources orales.

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