SEDES René

Par Arlette Barthuel

Né en 1932, mort le 1er décembre 2020 ; typographe puis permanent ; dirigeant des Auberges de jeunesses.

Commençant en 1948 sa vie professionnelle comme ouvrier typographe au Service technique central du cadastre, René Sedes rejoignit rapidement le syndicat CGT du Livre. C’est sur l’insistance d’un de ses camarades de travail qu’il adhéra en 1950 au Centre laïque des auberges de jeunesse et du plein air, puis à la Fédération nationale des auberges de jeunesse.

Il devint membre, puis responsable du groupe ajiste d’Issy-les-Moulineaux en 1951. Un an après il fit partie du conseil d’administration de la région parisienne, puis en 1953 créa le groupe « Paris-Chahut ». Après son service militaire en Allemagne, en 1954, il fut élu au comité directeur de la FNAJ et devint permanent au siège national en assumant la responsabilité du service « liaison province » de la fédération. Il fut élu secrétaire général à la fin 1955, particiae aux pourparlers conduisant à la création de la Fédération unie des auberges de jeunesse, puis fait partie de son comité directeur, mais vit son action momentanément interrompue en 1956 par son rappel en Algérie.

À son retour, René Sedes prit la responsabilité du service « Auberges » de la FUAJ. Cependant, dénonçant à la fois la dérive de la nouvelle fédération vers une orientation trop technicienne au détriment des usagers et un rôle excessif accordé aux communistes et aux catholiques, il constitua en 1957 un courant d’opposition à direction collégiale pour la défense d’un ajisme éducatif laïque avec des militants provenant de la Fédération nationale et de la Fédération unie.

S’engagea alors un combat de plusieurs années qui vit les options de cette minorité rencontrer une audience de plus en plus large parmi les militants. En raison de cette opposition, René Sedes fut contraint de quitter ses responsabilités de permanent au siège national et entra au service de publicité de la Société l’Air liquide, tout en restant membre du comité directeur de la FUAJ. Au cours du combat minoritaire mené en cette fin des années cinquante, il créa le bulletin Germinal, les équipes « Échanges » et « Coopération culturelle intergroupes », favorisant la diffusion des techniques d’animation culturelles audio-visuelles.

Le rapport de forces entre la minorité et la majorité allant vers l’équilibre, un compromis fut finalement trouvé au congrès de Bagneux en 1963 et René Sedes fut alors élu secrétaire général aux affaires intérieures, avant de devenir secrétaire général de 1964 à 1967. Pendant cette période, renouant avec Eugène Quet*, il s’efforça d’apaiser les anciennes oppositions - ce que lui reprochèrent certains de ses partisans – mais il eut à faire face à une tentative de noyautage trotskiste, qui visa d’ailleurs à ce moment d’autres groupements que la FUAJ. Sur le plan de l’organisation de celle-ci, il tenta de limiter le poids politique des parents aubergistes dans la direction de la FUAJ ; il oeuvra pour une plus large place accordée aux ajistes dans la gestion de la fédération – malgré l’opposition larvée des communistes et de certains socialistes – il prépara sa régionalisation et instaura la mise en place d’un système de permanents régionaux et de centres culturels décentralisés. Sur le plan du Centre national, il jetta les premières bases d’une convention collective et mettra en place un système de formation permanente du personnel.

Atteint par la limitation statutaire de mandat dont il refusa la réforme, il quitta les responsabilités en 1967 et reprit une activité professionnelle dans le secteur de l’édition et de la documentation. Il milita alors à Force Ouvrière. En 1972, avec d’anciens militants, il créa l’association « Paris mon ami » qui favorisera l’autogestion des loisirs, à l’instar de ce qui se faisait aux auberges de jeunesse.

Autodidacte d’origine, il prit en 1980 le chemin de l’université où il obtint une licence et une maîtrise de sciences sociales et un DEA de sciences de l’éducation avant d’enseigner pendant plusieurs années l’histoire des techniques d’impression à Paris VIII. Il prit sa retraite en 1993 et se consacra désormais à la peinture et à l’écriture. Il publia plusieurs ouvrages, dont : « Ceux du 13 » consacré au logement social et un recueil de souvenirs sur les auberges : « Une petite maison dans un triangle ».

L’annonce de son décès dans le Monde du 9 décembre 2020 signale "Il a consacré ses plus belles années aux Auberges de jeunesse, puis à l’éducation populaire, au syndicalisme (Action sociale Force ouvrière), à la peinture et à l’écriture." Ses obsèques eurent lieu à l’église Saint-Rémy, à Vanves, suivies d’une crémation.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article161942, notice SEDES René par Arlette Barthuel, version mise en ligne le 31 juillet 2014, dernière modification le 3 mai 2022.

Par Arlette Barthuel

SOURCES : Documentation des auberges de jeunesse. — Le Monde, 9 décembre 2020.

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