BENENSON Roger, Henri

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 13 avril 1900 à Paris (XIe arr.), mort en déportation le 5 mars 1945 à Drütte (Allemagne) ; ouvrier mécanicien ; militant communiste de Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) ; député de Seine-et-Marne.

Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936

Roger Benenson naquit dans une famille de travailleurs manuels parisiens. Selon le Dictionnaire des Parlementaires, il fit de brillantes études primaires et fut reçu premier au Certificat d’études à Paris mais dut quitter l’école pour devenir apprenti mécanicien. Il effectua son service militaire dans l’aviation, à Toul (Meurthe-et-Moselle), comme soldat de deuxième classe. Tourneur outilleur, il entra par concours au Service des eaux de la ville de Paris en 1928.

Membre du Parti socialiste depuis 1918, puis du Parti communiste après le congrès de Tours, il se confond peut-être avec Benanson, membre de la commission exécutive de la Fédération des Jeunesses socialistes de la Seine en 1919 (l’Humanité, 17 octobre 1919) et avec Benançon, élève de l’École marxiste, auteur d’une lettre sur le « renforcement du Parti » publiée par le Bulletin communiste du 11 janvier 1924. Roger Benenson militait activement dans sa commune de Joinville-le-Pont ; il travaillait vraisemblablement à l’usine des eaux située sur le territoire de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne), à la limite de Joinville-le-Pont. Le Parti communiste le présenta aux élections législatives des 22 et 29 avril 1928 dans la quatrième circonscription de Sceaux (Saint-Maur, Créteil, Joinville, Bonneuil-sur-Marne). Il recueillit 2 589 voix sur 16 819 votants et 19 920 inscrits (13 %) au premier tour et 4 458 (22,4 % des inscrits) au second. Benenson dirigea la liste Bloc ouvrier et paysan (BOP) lors des élections municipales des 5 et 12 mai 1929 : les candidats recueillirent 361 voix de moyenne sur 2 070 suffrages exprimés au premier tour, 278 voix sur 1 332 au second. Il se présenta également au conseil général dans la deuxième circonscription de Saint-Maur-des-Fossés les 26 mai et 2 juin 1929, obtenant 566 et 589 voix sur 6 176 inscrits.

En septembre 1931, Roger Benenson fut muté au Service de dérivation de Seine-et-Marne où il devint, en 1934, chef ouvrier mécanicien. Il habita alors Les Ormes-sur-Voulzie avec sa femme, Odette Morin, née à Paris en 1906. Candidat du PC aux élections municipales dans le village en 1935, il n’obtint que 33 voix sur près de 200 votants. Mais il conquit le siège de député de la circonscription de Provins (Seine-et-Marne) lors des élections des 26 avril et 3 mai 1936. Au second tour de scrutin, il avait regroupé 4 779 voix sur 11 856 votants contre 3 788 à son concurrent le plus favorisé M. Silva. Membre de la commission des travaux publics et des moyens de communication, il prit une part active à la vie parlementaire en proposant des amendements aux projets de lois et en intervenant dans les débats. En octobre 1937, il fut élu conseiller général du canton de Provins et fonda alors le journal l’Information de Seine-et-Marne dont il fut le directeur. En mars 1938, il se rendit en Espagne et organisa en Seine-et-Marne le secours aux républicains espagnols.

Roger Benenson ne manifesta pas son désaccord avec le Parti communiste après la signature du Pacte germano-soviétique à la différence de l’autre député de son département, Émile Fouchard. Il avait été mobilisé comme simple soldat pendant l’été 1939. Il revint assister aux travaux parlementaires en janvier 1940 et rompit avec son Parti à la réunion de la Chambre du 9 janvier 1940. Adrien Langumier interrogé par Guillaume Bourgeois raconta : « le 9 janvier, je m’étais mis en civil pour assister à la séance. Nous étions une dizaine de communistes : Guyot, Mercier, Michels, Grenier, Parsal, Le Corre, Benenson, Dewez, Honel et moi. Nous étions tous résolus à ne pas abdiquer [...]. Le président [...] salua d’un vibrant hommage les armées de la République. Toute la Chambre se leva et, sur nos bancs, Parsal, Le Corre, Benenson, Dewez, Honel et moi-même firent de même. [...] Nous demeurions six camarades qui venions, sans l’avoir voulu, de nous séparer du Parti. Nous nous sommes réunis dans un bureau de la Chambre et nous avons été d’accord pour rédiger une déclaration condamnant l’agression de l’URSS contre la Finlande et nous désolidarisant de l’attitude des quatre. » (G. Bourgeois, op. cit., annexes, p. 83). Le Parti communiste l’inscrivit sur ses listes noires. Il fut cependant arrêté le 4 septembre 1941, interné à Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) et Voves (Eure-et-Loir) jusqu’en juin 1944 avant d’être déporté en Allemagne à Neuengamme puis au camp de Drütte où il devint aveugle et mourut d’épuisement. Ses obsèques eurent lieu à Provins le 21 mai 1949.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16232, notice BENENSON Roger, Henri par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 9 janvier 2019.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936

SOURCES : Arch. Dép. Seine, Versement 10451/76/1. — L’Humanité, 17 octobre 1919, 7 mai 1929. — Bulletin communiste, 11 janvier 1924, — J. Jolly, Dictionnaire des Parlementaires français, op. cit. — G. Bourgeois, mémoire de maîtrise, op. cit. — A. Rossi, Les Communistes français pendant la drôle de guerre, op. cit. p. 256. — F. Grenier, Journal..., op. cit., p. 110. — L’Opinion de Seine-et-Marne, 7 mai 1947 et 24 mai 1949. — L’Information de Seine-et-Marne, 1937-1939, passim. — Notes de Mme P. Cavailler.

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