ROSOFF Eugénie [épouse CREUSOT]

Par Daniel Grason

Née le 15 novembre 1916 à Nice (Alpes-Maritimes), morte le 25 juillet 1967 à Paris (VIIe arr.). ; professeur d’anglais ; militante de la Main d’Œuvre immigrée (M.O.I) ; résistante déportée.

Fille de Charles, directeur d’agence à Nicolaeff (Russie) et de Sophie, née Nadler à Lublin (Russie puis Pologne). La famille vint en France, Eugénie Rosoff devint française par option, elle demeurait 26 rue de Belfort à Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine). Conséquence probable de la signature du pacte germano-soviétique la nationalité française lui fut retirée, par le décret du 21 mars 1941 paru au Journal officiel du 7 avril 1941.
Elle militait à la Main d’œuvre immigrée, était en 1943 sans travail. Elle fut repérée lors d’une filature d’inspecteurs de la BS2 le 14 septembre 1943 à 19 heures 30 au restaurant du 90 boulevard Saint-Germain à Paris (Ve arr.) conversant avec un homme que les policiers appelèrent « Villette  ». Celui-ci avait été vu le même jour à 18 heures 15 place de Joinville avec Symcha Rajman, il était selon la note de la police âgé de « 20-22 ans, 1,67 m, cheveux châtains, teint légèrement mat, costume gris ».
Eugénie Rosoff était décrite ainsi : « 1 m 68, cheveux blonds roux assez flou, indéfrisable, tâches d’éphélide [rousseur] sur le visage et avant-bras, veste fourrure marron foncé, robe marron avec col dentelles, bottes mi-jambe avec talons éculés ». Les policiers la surnommèrent « La Rousse ».
Joseph Dawidowicz, commissaire politique des FTP-MOI de la région parisienne fut identifié par la police le 18 octobre 1943. Il était responsable aux effectifs, coordonnait le travail politique, disposait de liaisons avec la direction de la M.O.I et des FTP, il en était également le trésorier, un poste clef. Le 26 octobre des inspecteurs de la BS2 l’arrêtèrent, les perquisitions de ses domiciles clandestins permettaient de découvrir des listes d’effectifs, des comptes rendus d’activité de la M.O.I, un état numérique dactylographié des divers détachements, etc.
Le 17 novembre 1943 soixante-sept membres des FTP-MOI et de la M.O.I étaient interpellés. Le même jour deux inspecteurs de la BS2 se présentèrent au domicile d’Eugénie Rosoff au 26 rue de Belfort à Clichy-la-Garenne, situé au 4e étage. Personne ne répondit, un serrurier fut requis pour ouvrir la porte. La perquisition se déroula en présence de la concierge. Étaient saisis : trois carnets annotés, quatorze feuilles de papier manuscrites, une carte de visite portant des noms et des adresses, différents tracts, un trousseau de quatre clefs n’ouvrant pas les portes du logement, une machine à écrire et un rouleau de stencils… Des policiers restèrent sur place pour interpeller d’éventuels visiteurs.
Vraisemblablement interpellée alors qu’elle se présentait à son domicile, Eugénie Rosoff a été emmenée dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de police, elle fut fouillée. Un carnet annoté était saisi ainsi que des morceaux de papiers qui ne purent être reconstitués. Les policiers en conclurent que les papiers se rapportaient « vraisemblablement à des rendez-vous ».
Après son interrogatoire, elle était livrée aux Autorités allemandes, incarcérée, puis transférée au camp de Compiègne. Le 31 janvier 1944 elle était dans le convoi de 959 femmes à destination de Ravensbrück (Allemagne) où elle arriva le 3 février 1944. Eugénie Rosoff matricule 27536 fut libérée par la Croix-Rouge le 23 avril 1945. Elle a été homologuée Déportée internée résistante.
Eugénie Rosoff épousa Jean Creusot le 3 mars 1949 à Quimerc’h (Finistère), elle divorça en février 1954. Elle mourut le 25 juillet 1967 à l’âge de cinquante-et-un an à Paris VIIe arrondissement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article162526, notice ROSOFF Eugénie [épouse CREUSOT] par Daniel Grason, version mise en ligne le 14 juin 2017, dernière modification le 14 juin 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. GB 137 BS2, PCF carton 15 rapports hebdomadaire des Renseignements généraux sur l’activité communiste du 29 novembre 1943, 77W 783. – Bureau Résistance GR 16 P 520641. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil, Nice.

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