BENOÎT Alcide, Alfred

Par Jean-Pierre Bonnet, Marie-Louise Goergen, Claude Pennetier

Né le 15 juin 1899 à Verzenay (Marne), mort le 23 septembre 1992 à Épernay (Marne) ; ajusteur ; secrétaire du syndicat CGTU puis CGT réunifié des cheminots d’Épernay (1931-1940), membre du conseil national de la Fédération CGT des cheminots (1951-1953), résistant des Francs-tireurs et partisans français (FTPF) ; maire (1945-1948) puis conseiller municipal d’Épernay, conseiller général du canton d’Épernay en 1945, membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante, député (1946, 1951-1958) et conseiller de la République de la Marne (1946-1948).

Assemblée nationale, Notices et portraits, 1956

Petit-fils et fils d’un artisan maréchal-ferrant mort avant sa naissance (le 20 octobre 1898), et qui avait possédé quelques vignes, Alcide Benoît travailla d’abord dans les vignes à la sortie de l’école primaire où il avait obtenu le certificat d’études à douze ans et demi. Sa mère, qui avait donné à son fils les prénoms de son mari défunt, s’était remariée avec un maréchal-ferrant. Sa région étant bombardée, Alcide Benoît partit en janvier 1917 à Levallois-Perret (Seine). Engagé volontaire du 1er février 1918 au 20 janvier 1921, il participa à la campagne du Maroc en 1921. Après la guerre, il travailla comme maréchal-ferrant à Asnières, fit un tour de France (Tours, Saint-Nazaire, Charente, Hérault, Gard) puis se fit embaucher en avril 1924 à la Compagnie des chemins de fer de l’Est comme ajusteur-mécanicien aux ateliers d’Épernay. Il devint militant syndicaliste à partir de 1925. Secrétaire du syndicat unitaire des cheminots d’Épernay à partir de 1931, il fut élu conseiller prud’homme, délégué du personnel et délégué au comité de travail. Il anima la grève du quart d’heure sur le tas le 12 février 1934, grève qui fut suivie par 98 % du personnel. Alcide Benoît participa à la propagande parmi les paysans et vignerons avec les dirigeants de la Confédération générale des paysans-travailleurs (CGPT) : Mioch, Flavien, Fouilloux.

Sympathisant depuis 1917 de la Révolution russe, « lecteur assidu de l’Humanité depuis cette date », il attendit janvier 1936 pour adhérer au Parti communiste en se recommandant de Pierre Semard, et devint aussitôt secrétaire de la cellule des cheminots. Il lutta avec énergie pour l’unité syndicale et devint le 4 mars 1936 secrétaire du nouveau syndicat réunifié des cheminots d’Épernay. Son syndicat le délégua en URSS en mai 1938. La commission des cadres lui demanda une autobiographie en mai 1939, sans doute avant son inscription à une école centrale.

Après un premier mariage contracté en 1924, Alcide Benoît avait divorcé en 1932 et s’était remarié avec Marie-Thérèse Girardin. Son épouse, ancienne bonne chez un artisan, était sympathisante du parti et secrétaire adjointe de la section d’Épernay du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme.

Mobilisé en 1940, Alcide Benoît fut envoyé aux compagnies de discipline en Algérie. Hospitalisé puis démobilisé après son retour en France en août 1940, il fut révoqué pour activité syndicale. Il gagna le Sud-Ouest, et il appartint aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) de la région de Tarbes (Hautes-Pyrénées). Reparu à Épernay, après la Libération, il retrouva son emploi à la SNCF en octobre 1944, et il fut élu maire d’Épernay en 1945, conseiller général et député aux deux Assemblées constituantes de 1945 et de 1946, conseiller municipal d’Épernay en 1948. Il fut élu à l’Assemblée nationale en mai 1948. Il y fut membre de la commission des moyens de communication, où il fit entendre la voix des cheminots. Mais en décembre 1946, il fut élu au Conseil de la République, parmi les élus récupérés au plan interdépartemental et il démissionna de l’Assemblée nationale. Il y resta jusqu’en 1948. Il fut à nouveau élu député de la Marne en juin 1951 et en janvier 1956. Il se mit en congé de disponibilité de la SNCF en 1951 et fut définitivement réformé en décembre de la même année. Il fut, à l’Assemblée nationale, à nouveau membre de la commission des moyens de communication et il appartint aussi à celle des boissons. Il y défendit les droits du personnel de la SNCF et des anciens réseaux de chemins de fer d’intérêt local et chercha à maintenir en activité des lignes peu rentables que la SNCF voulait supprimer.

Parallèlement à ses activités politiques, Alcide Benoît conserva des responsabilités syndicales, car il fut membre du conseil national de la Fédération CGT des cheminots de 1951 à 1953. En 1958, il était secrétaire de la section CGT des cheminots retraités.

Il avait obtenu la médaille interalliée dite de la victoire et la médaille de la Grande guerre.

Marié en 1924 à Œuilly (Marne) avec Edmée Couture, il se remaria en 1932 à Épernay (Marne) avec Marie Girardin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16258, notice BENOÎT Alcide, Alfred par Jean-Pierre Bonnet, Marie-Louise Goergen, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 18 novembre 2011.

Par Jean-Pierre Bonnet, Marie-Louise Goergen, Claude Pennetier

Assemblée nationale, Notices et portraits, 1956
Sénat

SOURCES : Arch. SNCF de Béziers. — RGASPI, Moscou 495 270 5482, 15 janvier 1939, Epernay classé A1. — Arch. Ass. Nationale. — Arch. Dép. Marne, 197 M 18. — L’Union (Reims). — La Campagne ouvrière et paysanne, 18 mai 1946. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — Dictionnaire des parlementaires français, 1940-1958, t. 2, La Documentation française, 1992. — Notes de Jean-Pierre Bonnet et de Marie-Louise Goergen. — État civil de Verzenay. — Notice DBMOF par Georges Clause.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément