KIRO Ida

Par Daniel Grason

Née le 12 décembre 1899 à Kichinev (Roumanie), morte en 1944 à Auschwitz (Pologne) ; militante de la Main d’œuvre immigrée (M.O.I).

Fille de Mandel et de Haia Braustein, de nationalité roumaine, célibataire sans enfant, elle demeurait 11 boulevard Saint-Germain à Paris (Ve arr.). Ida Kiro militait à la M.O.I, elle était la compagne de Joseph Boczor. Des inspecteurs la repérèrent et l’identifièrent lors d’une filature. Elle avait été vue le 25 octobre 1943 à 16 heures 30 à la gare de Colombes, en compagnie de Missak Manouchian.
Joseph Dawidowicz, commissaire politique des FTP-MOI de la région parisienne identifié par la police le 18 octobre 1943, fut arrêté par la BS2 le 26 octobre. Responsable aux effectifs, il coordonnait le travail politique, disposait de liaisons avec la direction de la M.O.I et des FTP, il en était également le trésorier, un poste clef. Lors des perquisitions de ses domiciles clandestins les policiers saisissaient des listes d’effectifs, des comptes rendus d’activité de la M.O.I, un état numérique dactylographié des divers détachements, etc.
Le 17 novembre 1943 les inspecteurs des BS interpellaient soixante-sept membres des FTP-MOI et de la M.O.I, Ida Kiro était interpellée par des inspecteurs de la BS2 chez Sophie Blouquit 11 boulevard Saint-Germain à Paris (Ve arr.). Fouillée elle ne portait ni objet ni document. Lors de la fouille de son logement effectuée en sa présence, les policiers saisissaient : une carte d’identité d’étranger à son nom, délivrée par la Préfecture de police le 19 septembre 1939 toujours valide ; un faux livret de famille au nom de Georges Cassin ; un faux récépissé de demande de carte d’identité au nom d’Ida Kiro ; une carte d’alimentation à son nom ; trois certificats de langue étrangère émanant du Ministère de l’Intérieur de Roumanie ; quatorze cartes semestrielles entamées du premier semestre 1943 ; trois cartes d’inscriptions pour 1943 ; quinze tracts intitulés « La sécurité » ; dix tracts intitulés « La Vie du Parti » ; l’Humanité du 17 septembre 1943 ; quinze bulletins d’informations n° 32 ; cinq tracts « Les travailleurs contre les boches » ; trente tracts « Debout contre les affameurs » ; dix tracts « Pour l’Union de tous les patriotes » ; vingt tracts « Aux masses immigrés en France » ; un tract « Gabriel Péri » ; un tract « Le Parti communiste Français approuve la dissolution de l’Internationale » ; « La Vie du Parti » de novembre 1942 ; deux papiers portant les adresses suivantes : Mlle Jeannette Dupuy, 27, Bd St Michel ; Mme Saquard 35 rue de Meaux à Guignes Rabutin (Seine-et-Marne).
Accusée d’exercer une « activité communo-terroriste », après son interrogatoire, elle fut livrée aux Autorités allemandes, incarcérée, puis transférée le 20 janvier 1944 au camp de Drancy réservé aux Juifs sous le matricule 11817.
Le 3 février 1944, Ida Kiro était dans le convoi n° 67 de 1214 déportés, hommes et femmes à destination d’Auschwitz, 985 furent gazés à leur arrivée au camp. Le 27 janvier 1945 quand l’armée Soviétique libéra le camp Ida Kiro n’était pas parmi les survivantes.
Son nom a été gravé sur le mur des noms au Mémorial de la Shoah au 17 rue Geoffroy l’Asnier à Paris IVe arrondissement, dalle n° 21, colonne n° 7, rangée n° 3.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article162644, notice KIRO Ida par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 décembre 2020, dernière modification le 12 décembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. PCF carton 15 rapports hebdomadaire des Renseignements généraux sur l’activité communiste, GB 137 BS2 MOI, 77 W 791. – Bureau Résistance (pas de dossier). – Site internet CDJC.

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