BENOIT Georges, Marcel

Par Didier Bigorgne

Né le 28 novembre 1923 à Le Mans (Sarthe), mort le 15 octobre 1995 à Saint-Leu d’Esserent (Oise) ; professeur de lettres modernes ; syndicaliste, secrétaire général adjoint de la section ardennaise de la FEN de 1951 à 1953 ; militant communiste, secrétaire du Mouvement de la paix dans les Ardennes en 1954-1955, conseiller municipal de Charleville (Ardennes), maire adjoint de Saint-Leu d’Esserent de 1965 à 1977.

Georges Benoit était le fils de Georges,Armand Benoit, plombier, devenu ouvrier aux chemins de fer, et de Marcelle, Eugénie Mauté, sans profession. Après avoir effectué ses études à l’École normale d’instituteurs du Mans du 17 octobre 1939 au 30 septembre 1942, il fut d’abord instituteur stagiaire du 1er octobre au 31 décembre 1942 à l’école d’Ecommoy puis élève boursier au lycée Chaptal à Paris. Il fut reçu au concours d’entrée de l’École normale supérieure de Saint-Cloud (Seine-et-Oise) et y accomplit ses études de professorat du 1er octobre 1943 au 2 mars 1945. À cette date, il fut incorporé au Centre d’organisation d’infanterie de Rueil et fut affecté, avec le grade de sergent, le 18 juillet 1945 au 3e bataillon du 48e régiment d’infanterie. Du 11 novembre 1945 au 23 avril 1946, il fit partie de l’armée d’occupation stationnée en Allemagne.

Démobilisé le 29 avril 1946, Georges Benoit fut nommé professeur de lettres à Limoux (Aude) et y exerça jusqu’à la fin de l’année scolaire. Le 31 août 1946, il épousa Denise, Renée Mauroy, professeure, à la mairie du Ve arrondissement de Paris ; de cette union naquirent trois garçons, dont un seul vécut. Muté à Charleville (Ardennes) le 28 septembre 1946, Georges Benoit professa d’abord au collège technique de la ville jusqu’au 30 octobre 1946, puis au collège moderne de Mézières, du 5 novembre 1946 au 30 septembre 1947. Enfin, il enseigna la philosophie à l’École normale d’instituteurs de Charleville et occupa ce poste jusqu’au 30 septembre 1955.

Dès son arrivée dans le département des Ardennes, Georges Benoit, qui avait adhéré à la Fédération des Jeunesses communistes de France en 1945 et rejoint le Parti communiste l’année suivante, se révéla un militant de premier plan. Il entra au comité fédéral du Parti communiste lors de la 9e conférence départementale qui se tint les 14 et 15 juin 1947. À la 10e conférence fédérale des 5 et 6 juin 1948, il devint membre du bureau fédéral et y siégea jusqu’à son départ de Charleville en septembre 1955.

Aux élections municipales du 19 octobre 1947, Georges Benoit fut élu conseiller municipal de Charleville sur la liste de son parti qui remporta sept sièges sur vingt-sept. Il fut réélu au scrutin du 27 avril 1953 avec cinq de ses colistiers communistes et siégea au conseil municipal jusqu’à sa démission motivée par une mutation professionnelle ; il fut alors remplacé à l’assemblée communale par Maurice Pierre*, facteur de profession, membre du bureau départemental de la Fédération postale et du secrétariat de la Fédération des Ardennes du Parti communiste.

Entre-temps, Georges Benoit avait figuré sur la liste communiste aux élections législatives du 17 juin 1951. Placé en quatrième position derrière Pierre Lareppe, André Compain et Jeanine Rozoy, il recueillit 32 635 suffrages pour une moyenne de liste de 32 741 voix sur 150 894 inscrits et 126 225 votants. Le Parti communiste était alors le premier parti des Ardennes, mais il n’eut aucun élu en raison de l’addition des listes apparentées (SFIO, Radicaux, MRP et Indépendants) qui totalisèrent 270 726 voix.

Georges Benoit représenta aussi son parti le 16 avril 1955 à l’élection pour le conseil général dans le canton rural de Monthois : il fut éliminé au premier tour en obtenant 110 voix sur 2 319 inscrits et 1 686 votants. Enfin, à partir de 1954, il occupa le poste de secrétaire du Mouvement de la paix dans les Ardennes ; à cette date, il faisait également partie du comité départemental anti-CED dont le responsable était René Matz*, inspecteur principal des PTT, ancien commandant de la Résistance dans les Vosges et membre du Secrétariat fédéral du Parti communiste des Ardennes depuis 1951. Dans le même temps, son épouse, qui avait adhéré au Parti communiste en 1945, était membre du bureau départemental de l’Union des femmes françaises et secrétaire du Comité de l’enfance ; elle siégeait aussi au comité fédéral du Parti communiste depuis le 1er mars 1953.

Parallèlement à son engagement politique, Georges Benoit exerça des responsabilités syndicales. Secrétaire du syndicat ardennais des professeurs des Écoles normales, il fut élu administrateur CGT de la Caisse primaire de Sécurité sociale des Ardennes en juin 1950. Militant de la tendance cégétiste minoritaire, il devint membre de la commission administrative de la section des Ardennes de la FEN le 28 octobre 1950 et le demeura jusqu’au 30 septembre 1955 ; il occupa le poste de secrétaire général adjoint du 6 novembre 1951 au 3 décembre 1953.

Georges Benoit fut muté à l’École nationale professionnelle de Creil (Oise) le 1er octobre 195, où il termina sa carrière, en qualité de professeur de lettres modernes. Pendant ces années, il résida successivement à Creil de 1955 à 1958, à Chantilly de 1958 à 1961 et à Saint-Leu-d’Esserant de 1961 à 1995.

Dès son installation à Creil, il milita à la section communiste de la ville et fut de mai 1961 à mai 1964 membre du comité fédéral de l’Oise du Parti communiste. Aux élections municipales de mars 1965, il fut candidat sur une liste d’Union de la gauche à Saint-Leu-d’Esserant. Élu, il devint deuxième adjoint, fonction qu’il occupa de nouveau après sa réélection en mars 1971 et qu’il remplit jusqu’en 1977.

Sa carrière fut interrompue par de graves maladies, la tuberculose en 1961, puis un cancer en 1967. Affaibli, il bénéficia d’un congé du 6 septembre 1982 au 28 novembre 1983, date à laquelle il fit valoir ses droits à la retraite. À sa mort, Georges Benoit était membre de l’Amicale des vétérans du Parti communiste.

Leur fils René, professeur de lettres dans un collège de Creil, était depuis les années 1990, l’un des dirigeants du S2 (niveau départemental) de l’Oise et du S3 (niveau académique) d’Amiens au sein du SNES.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16266, notice BENOIT Georges, Marcel par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 10 octobre 2021.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Arch. Dép. Ardennes, 3 M 5,7, 8 et 9. — Arch. comité national du PCF. — Bulletin de la section ardennaise du Syndicat national des Instituteurs, 1950 à 1955. — Liberté, 17 juin 1950. — Presse locale. — Renseignements et documents communiqués par Denise Benoit, épouse de l’intéressé. — Notes de Jean-Pierre Besse et Jacques Girault. — État civil du Mans.

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