RAMBAUD Roger, André

Par Daniel Grason

Né le 18 février 1923 à Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines), fusillé le 21 juin 1940 au champ de tir de Verthamon, à Pessac (Gironde) ; ajusteur ; militant des Jeunesses communistes (JC).

Fils d’Élie et d’Aimée, née Dugast, Roger Rambaud vivait chez ses parents au 24 rue des Tournelles à Versailles. Il était membre des JC. En septembre 1939, il fut embauché à la Société nationale de constructions aéronautiques du Centre (SNCAC) rue de Silly à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine), où il travaillait dans l’atelier des moteurs d’avion.
À la suite de sabotages, la direction de l’entreprise porta plainte. Un premier sabotage avait été constaté fin janvier mais il n’avait aucun soupçon. L’autre sabotage fut constaté le 27 avril au Bourget. Roger Rambaud attira l’attention lorsqu’il se vanta d’avoir donné cinq francs lors d’une quête faite à l’usine en faveur du pilote victime d’une explosion en plein vol.
Le commissaire divisionnaire de la ville mena l’enquête. Roger Rambaud, dix-sept ans, fut arrêté le 8 mai 1940. Interrogé dans les locaux du commissariat, il livra dans un premier temps une version romanesque. Puis il expliqua que lors d’une visite à son frère Marcel rue Royale à Versailles, en présence de Maurice Lebeau, on lui demanda de sectionner un fil de laiton du système de frein et qu’un croquis lui fut remis. Selon ses déclarations, il dit avoir accepté en sachant qu’il s’agissait de sabotage, et aurait sectionné une quinzaine de freins. D’autres jeunes furent interpellés dont Marcel Rambaud, vingt-cinq ans ; Maurice Lebeau, dix-huit ans ; Léon Lebeau, vingt-quatre ans ; Roger Leroux, dix-huit ans et Raymond Andrieux, dix-huit ans.
La justice militaire poursuivit l’enquête. Il fut établi qu’à la suite d’un sabotage, un avion en vol avait pris feu et s’était écrasé au sol. Le pilote était mort. Plusieurs moteurs sabotés furent mis sous scellés. Le 27 mai 1940, les inculpés comparurent devant le 3e tribunal militaire de Paris présidé par le colonel Gaffajoli. Les frères Rambaud et Léon Lebeau furent condamnés à mort pour « sabotage ». Le Matin, journal proche de l’extrême droite, titra « La mort pour les saboteurs ». Maurice Lebeau, Roger Leroux et Raymond Andrieux furent condamnés à vingt ans de travaux forcés. Tous déposèrent un pourvoi en cassation qui fut rejeté le 29 mai.
Ni l’enquête de police ni l’instruction ne parvinrent à prouver l’appartenance de Roger Rambaud au Parti communiste ou aux Jeunesses communistes, en dehors de trois tracts, qui l’accusaient : « Courage on les aura ! Confiance camarade, le Parti communiste vivra toujours. Pas de canon, pas d’avion et la guerre finira. Paix immédiate. Le Parti Communiste Français »
Détenus à la prison militaire de Paris, le 10 juin, du fait de l’arrivée prochaine de l’armée allemande, les prisonniers furent transférés au fort du Hâ à Bordeaux (Gironde). Le 21 juin 1940 à 5 h 45, des sergents et caporaux du 181e Régiment régional passèrent par les armes Marcel ainsi que Roger Rambaud et Léon Lebeau au stand de Vertamon à Pessac.
Le destin de Roger Rambaud resta longtemps méconnu.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article162699, notice RAMBAUD Roger, André par Daniel Grason, version mise en ligne le 16 août 2014, dernière modification le 11 septembre 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. CB 83.23. – Le Matin, 28 et 30 mai 1940. – Le Petit Parisien, L’Action Française, 28 mai 1940, L’Intransigeant, 29 mai 1940. – Amilcar Rossi (Angelo Tasca), Les communistes français pendant la drôle de guerre 1939-1940, Éd. Albatros, 1972. – Blog de Jacky Tronel. – Notes Jean-Pierre Besse.

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