QUINCY Marie-Louise

Par Pascale Le Brouster

Née en 1935 ; cheminote ; syndicaliste féministe de la Seine ; membre de la Fédération des Cheminots ; permanente de l’URP (1966-1979) et membre de sa commission travailleuses (1975-1979) ; membre de la commission féminine confédérale CFDT (1961-1969).

Syndicaliste-féministe parisienne, Marie-Louise Quincy fut permanente à l’Union régionale parisienne CFDT (URP) au moins de 1966 à 1979. Au cours de cette période, elle fut également active à la Fédération des Cheminots-Services centraux où elle milita aux côtés de Josanne Lefèvre. En 1965, elle fit partie des rares femmes (12 %) à être déléguées au 33e congrès confédéral de la CFDT, où elle fut désignée par le syndicat CFDT de la direction générale de la SNCF.

En 1966, Marie-Louise Quincy participa à la session de cadres syndicaux féminins organisée à Bierville du 11 au 15 janvier et animée par Jeannette Laot et Aimée Jeantet. Puis, à partir de novembre 1967, elle fut désignée par l’URP pour la représenter à la commission féminine confédérale de la CFDT à laquelle elle participa jusqu’au 6 janvier 1970. Son engagement féministe se traduisit également par son investissement au sein de la commission « travailleuses » de l’URP dont elle constitua un des éléments moteurs aux côtés de Josanne Lefèvre, Éliane Lallement et Daniel Magal. Enfin, lors du 38e congrès confédéral de la CFDT (1979), elle intervint, au nom des cheminots de Paris, sur le texte « travailleuses » présenté par Yollande Colleret* pour le Bureau national (BN). Celui-ci visait à inciter l’ensemble des organisations à prendre des moyens, y compris par l’instauration d’un quota, pour garantir la présence des travailleuses à tous les niveaux de l’organisation. Pour Marie-Louise Quincy, il ne s’agissait pas de combattre l’amendement du BN, mais de « présenter quelques réserves sur la question des quotas ». Avec son intervention, cette militante de la cause des femmes ne faisait qu’exprimer les doutes qui traversaient une partie de la CFDT : « Le quota suffira-t-il à changer cette situation ? Ne risque-t-il pas de mettre en place des femmes alibis, sans rien changer aux mentalités ni aux fonctionnements de l’organisation ? » Les réserves dont elle fit part transparurent largement dans le vote de la résolution sur le fonctionnement démocratique qui ne reçut que 71 % des suffrages, alors que l’amendement sur la prise en charge du problème des travailleuses fut intégré à la résolution action avec 93,3 % des voix.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article162762, notice QUINCY Marie-Louise par Pascale Le Brouster, version mise en ligne le 18 août 2014, dernière modification le 18 août 2014.

Par Pascale Le Brouster

SOURCES : Arch. CFDT : activité du secteur « femmes » (1958-1961) ; activité de la CFC (1961-1970) ; activité du secrétariat « travailleuses » (1971-1982) ; XXXIIIecongrès CFDT (1965) : questionnaires des déléguées désignées ; XXXVIIIe congrès CFDT (1979) : discussion sur le rapport général. — Arch. URSIF CFDT : boîte 122 (commission travailleuses URP 1965-1992). —Pascale Le Brouster, « Le débat sur la mixité des structures à la CFDT (1976-1982) », in Robert André (dir.), Les femmes dans l’action militante, syndicale et revendicative de 1945 à nos jours, Sens Public, article mis en ligne en mai 2009. URL : http://www.sens-public.org/spip.php?article682.

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