BARTON Paul (Jiri Veltrusky, dit)

Par Charles Jacquier

Né le 5 juin 1919 à Prague (Tchécoslovaquie), mort le 31 mai 1994 à Paris. Militant socialiste et syndicaliste tchèque, réfugié en France en 1948. Journaliste indépendant. Animateur de la revue Masses-Informations Tchécoslovaquie. Collaborateur des revues Le Contrat social, Confrontation internationale, Preuves, La Révolution prolétarienne, Saturne. Travaille à partir de 1962 pour la CISL, puis à partir de 1968 au bureau européen de l’AFL-CIO à Paris.

Le père de Jiri Veltrusky, Ladislav, était fonctionnaire aux abattoirs de Prague tandis que sa mère, Anna, née Vernerova, était sans profession. Jiri avait un frère plus âgé, né en 1917. Son père mourut en 1937 alors qu’il était lycéen au gymnasium (lycée) Jiraskovo. Dès le lycée, le jeune homme s’intéressa à la politique et sympathisa avec le mouvement ouvrier. À gauche, les procès de Moscou produisirent une cassure entre ceux qui les acceptèrent sous des prétextes fallacieux et ceux qui les refusèrent avec horreur. Jiri Veltrusky était de ces derniers et ce rejet initial du stalinisme par fidélité à l’idéal socialiste sera déterminant tout au long de sa vie. Il s’intéressa aussi tout particulièrement aux luttes ouvrières. Ainsi il tenta d’aider des ouvrières de la chaussure à s’organiser ou participa à des actions visant à décourager des briseurs de grève dans le Bâtiment, mais il n’était alors membre d’aucun groupe.

En 1938, il entra à la Faculté des Lettres (Filosoficka fakulta) de l’université Charles de Prague. Au printemps, il fit la connaissance de sa future épouse, Hana Zaloudkova, lors des répétitions d’une troupe de théâtre amateur dans la Maison des syndicats d’employés. L’année suivante, le 17 novembre 1939, les autorités nazies d’occupation décidèrent la fermeture de tous les établissements d’enseignement supérieur du « Protectorat de Bohême-Moravie ». Tous les étudiants qui n’ont pas été déportés à Buchenwald furent alors contraints de trouver un emploi.
De décembre 1939 à décembre 1941, Jiri Veltrusky devint correcteur et lecteur chez Sfinx, un éditeur pragois. Il occupa ensuite la même fonction jusqu’en août 1942 chez un autre éditeur, Podrouzek. Il garda le contact avec son ancien professeur d’université chez qui se tenaient des réunions de discussion sur la linguistique et la sémiotique, sa spécialité universitaire.

En août 1942, Jiri Veltrusky fut embauché dans le cadre du service du travail obligatoire comme tourneur-outilleur dans l’usine métallurgique pragoise ETA qui produisait des avions pour l’Allemagne. C’est dans ces circonstances qu’il entra en contact avec la résistance contre le nazisme. Peu après, il devint un militant actif des syndicats clandestins. Il fut obligé de passer complétement dans la clandestinité d’octobre 1944 à mai 1945. Les « communistes staliniens » essayèrent alors de le marginaliser, sinon de l’éliminer physiquement. D’après le témoignage de Miroslav Tucek, il organisa ainsi des groupes de résistants dans des grandes usines (CKD, Avia, Kamenicek, Ascania, Aero) et dans des gares de chemin de fer. Ces groupes réalisaient des sabotages - Veltrusky lui-méme fournissant le matériel pour la fabrication des détonateurs - et se préparaient également à assurer la protection des usines après le départ des nazis. Veltrusky procura des fausses cartes d’identité et des livrets de travail à des résistants et à des juifs menacés de déportation. En effet, il avait accès par l’intermédiaire de ses « hommes de confiance » aux cachets et timbres du commissariat de police de Prague et du bureau du travail. Il fournissait également des renseignements sur la situation et l’esprit de la classe ouvrière, la production d’armements et les mouvements de troupe nazis aux services du gouvernement tchécoslovaque en exil à Londres. Grâce à lui, le mouvement syndical de résistance entama aussi une coopération étroite avec le mouvement clandestin militaire « Conseil 3 » (Rada 3), puis avec le Conseil national (Narodni rada). En collaboration avec des membres de l’organisation syndicale officielle NOUZ (Narodni odborova organisace zamestnancu, Organisation syndicale nationale des employés) qui refusent la mise au pas des nazis, Jiri Veltrusky prend une part active dans la création du ROH (Revolucni odborove hnuti, Mouvement syndical révolutionnaire) clandestin.
Au moment de l’insurrection de Prague (5-9 mai 1945) qui libéra la ville juste avant l’arrivée des troupes soviétiques, Jiri Veltrusky était l’un des trois membres de la direction militaire du Conseil central des syndicats (URO), à l’origine du soulèvement de la ville. De proches camarades de Veltrusky y jouèrent un rôle important. Ainsi des employés de l’entreprise pragoise Tesla construisirent un émetteur local grâce auquel furent données les directives aux insurgés après la destruction de la radio officielle par les nazis. De même à Vysocany, un faubourg de Prague, des compagnons de lutte de Veltrusky armèrent un train de marchandises qui joua un grand rôle au cours des combats.

Aux lendemains de la libération, Jiri Veltrusky devint pour quelques semaines le secrétaire à l’organisation de l’URO. Dès l’été, il fut évincé lors de l’accession d’Antonin Zapotocky (futur président de la République) à la présidence de l’URO, en même temps que le socialiste crypto-communiste Evzen Erban devint le secrétaire général de l’organisation syndicale. Il reprit alors ses études à la faculté des lettres sous la direction de son maître, le linguiste Jan Mukarovsky. Il obtint son doctorat et un poste de maître-assistant. En 1946, il adhéra au Parti social-démocrate tchèque et milita dans la tendance de la gauche syndicaliste et antistalinienne qui s’exprimait dans deux revues, Nové Hospodarstvi, revue du Centre de recherche de l’URO, et dans l’hebdomadaire Cil, revue du Parti social-démocrate. Il va sans dire que cette tendance n’avait rien à voir « avec la « gauche » cryptocommuniste qui, sous la direction de Zdenek Fierlinger et du syndicaliste Evzen Erban, ménera le parti [social-démocrate] au sabordage complet et à l’absorption par le PCT » (J. Rupnik).

Dans la revue Cil, Jiri Veltrusky abordait des thèmes d’actualité politique et des questions théoriques sur le marxisme. Avec ses amis, il était alors « l’un des critiques les plus lucides de la politique du Parti communiste », et l’un des rares « continuateurs du courant de la gauche antistalinienne » des années trente « à rompre le consensus prosoviétique » (J. Rupnik). Dès 1946, il est quasiment le seul à s’interroger publiquement sur le silence de la presse tchèque au moment de la mise en cause du satiriste Zochtchenko et de la poétesse Anna Akhmatova par le secrétaire du comité central du PCUS, A. Jdanov, exigeant la disparition de l’influence occidentale dans la littérature russe et sa soumission à la ligne culturelle du parti. Il dénonça également les méthodes du parti communiste dans le mouvement syndical et conduisit une délégation de mineurs de Duchcov - une ville minière des Sudètes -, venue protester au siège de l’URO contre l’expulsion de leurs camarades d’origine allemande. Il proteste également contre cette « épuration ethnique » des Sudètes dans Cil (vol. III, 1947, p. 292 ; article republié par le journal social-démocrate exilé, Pravo Lidu, 1983-3). Parallèlement, en 1947-1948, il entreprit avec sa compagne une traduction en tchèque du Capital de Karl Marx, publiant cinquante-deux extraits de ce texte, accompagnés de notes et de commentaires, également dans l’hebdomadaire Cil ; entreprise interdite dès le putsch de février 1948.

Plusieurs collaborateurs de Veltrusky dans la résistance clandestine au nazisme qui partageaient sa critique du stalinisme fondèrent un groupe qui se réunissait dans son appartement de Prague et put survivre à son départ en exil, jusqu’à l’arrestation de plusieurs de ses membres en 1950.
Après le « coup de Prague », Jiri Veltrusky échappa par le plus grand des hasards à une arrestation. À la mi-mars 1948, il parvint à s’enfuir vers l’Autriche - alors occupée en partie par les Soviétiques - en passant par la Slovaquie, en compagnie de sa femme et de quatre camarades. À Vienne, grâce à la complicité de syndicalistes autrichiens, Veltrusky et sa compagne parvinrent à gagner la zone française d’occupation. Aidés par les autorités françaises, ils réussirent peu après à gagner Paris.

L’installation de Veltrusky et de son épouse à Paris se fit dans des conditions très difficiles. Ainsi ils sous-louaient un minuscule appartement sans confort et ne parvenaient pas à trouver un travail stable. De 1948 à 1962, Jiri Veltrusky vécut dans des conditions matérielles précaires comme « journaliste indépendant », collaborant à de nombreux journaux et revues français
et étrangers (Cuadernos, Neue Zürcher Zeitung, New Leader, Die Tat, Dissent, etc.), ainsi qu’aux émissions en tchèque de la radio « Voice of America » (1950-1952) et de la Radio-diffusion française (1951-1953) traitant plus particulièrement des questions sociales dans son pays d’origine. Il fut également membre du comité de rédaction de l’hebdomadaire Oedipe, de janvier à juin 1949.

Dès son arrivée en France, Jiri Veltrusky adopta le pseudonyme de Paul Barton qu’il devait garder jusqu’à la fin de ses jours. En 1948, il adhéra à la section française du Parti social-démocrate tchèque en exil. L’un de ses premiers contacts dans les milieux antistaliniens fut l’anarcho-syndicaliste Nicolas Lazarévitch. Grâce à lui, il collabora avec les syndicalistes de la revue de Pierre Monatte, La Révolution prolétarienne. Ainsi il publia anonymement un premier article dans cette revue dès septembre 1948, consacré à la grève de l’imprimerie et de la maison d’éditions du parti social-démocrate à Prague, première manifestation ouvrière d’opposition au nouveau régime. L’année suivante, il publia dans la même revue (n° 327, mai 1949) un long article sur « la lutte de classes sous la démocratie populaire ». Paul Barton participait aussi à des conférences dans les milieux proches de la revue syndicaliste. Ainsi, il intervint sur le thème de la résistance ouvrière en Tchécoslovaquie dans une salle de la Société de géographie, le 5 décembre 1951 (compte rendu dans la R.P., n° 358, janvier 1952) et, quelques années plus tard, il donna une conférence au Cercle Zimmerwald sur les aspirations des ouvriers et les conventions collectives dans les pays de l’Est (R.P., n° 426, mars 1958).
Toujours grâce à Nicolas Lazarévitch, Paul Barton fit aussi la connaissance de Louis Mercier (voir Louis Mercier Vega) et tous deux collaboraient en même temps à La Révolution prolétarienne et à Preuves, la revue française du Congrès pour la liberté de la culture. En 1956, à la suite de la révolution hongroise, les deux hommes envisagèrent de créer un mouvement du nom de « Budapest-Barcelone » qui se proposait, avec l’aide d’Albert Camus, de « dénoncer les méthodes totalitaires à l’Est comme l’Ouest ». Paul Barton écrira dans La Révolution prolétarienne jusqu’au début des années soixante-dix.

Du fait de la non-reconnaissance des partis socialistes en exil de l’Europe centrale et orientale par l’Internationale socialiste, le soutien aux socialistes et syndicalistes est-européens exilés passa, en France, par l’intermédiaire de la CGT-FO, avec l’aide de l’AFL-CIO, et non par celui de la SFIO. C’est ainsi qu’à l’automne 1948, la CGT-FO patronna la création du « Centre international des syndicalistes libres en exil » qui publia à partir de l’année suivante Le Syndicaliste exilé. La compagne de Barton, Hana Veltruska, devint durant de nombreuses années la principale animatrice de ce centre.

Peu après son arrivée à Paris, Paul Barton entra également en contact avec les trotskystes « de droite » - alors en voie d’exclusion du PCI - qui allaient publier l’éphémère revue Confrontation internationale. Le premier numéro, datée de mars-avril 1949, publia son compte rendu du livre de Michel Collinet, La Tragédie du marxisme, signée Daniel Simon, un autre de ses pseudonymes. Le comité de rédaction était composé notamment des Français Marcel Baufrére, Yves Dechezelles, Albert Demaziére, Paul Parisot, des Espagnols Juan Andrade et Wilebaldo Solano, ainsi que de l’Américain Max Shachtman. Paul Barton y signa aussi un article sur « Les syndicats tchécoslovaques sous la Démocratie populaire » (n° 3, septembre-octobre 1949) ; de même dans La Revue socialiste (janvier-mars 1949) sur « la fin du Parti social-démocrate en Tchécoslovaquie » ou dans la revue syndicaliste de l’enseignement, L’École émancipée (avril 1950), sur « les démocraties populaires ».

Selon Paul Parisot, Barton se définissait à l’époque comme socialiste de gauche et luxemburgiste. Ses nouveaux amis le considèrent d’emblée comme « un syndicaliste et un exilé antistalinien tout à fait authentique » dont le rôle était irremplaçable pour garder des relations, aussi ténues soient-elles, avec l’opposition intérieure des « démocraties populaires » et comprendre la nature et les contradictions sociales de ces régimes.

Au début des années cinquante, l’essentiel de ses efforts se cristallisa dans la publication d’un modeste bulletin ronéotée, Masses-Informations Tchécoslovaquie (« recueil mensuel de textes et de documents »). Il va publier trente-trois numéros de cette revue, de janvier 1951 à juillet 1954. Elle se proposait de « clarifier les problèmes multiples et complexes que le colonialisme stalinien fait naître et auxquels il se heurte dans un pays appartenant à l’Ouest européen tant par sa structure sociale que par sa tradition culturelle et politique » ; soulignant que « le combat mené par les travailleurs est tout ce que ce pays industriel et démocratique oppose de consistant aux méthodes du Kremlin ». Utilisant également les pseudonymes de Paul Barton et de Daniel Simon, il assurait l’essentiel de la rédaction et de la traduction des textes publiés avec la collaboration de quelques amis tchèques (Vaclav Holesovsky) et l’aide matérielle de quelques Français (René Lefeuvre, Roger Lapeyre, Henriette Pion). Il y aborda notamment les thèmes suivants : la condition ouvrière et le mouvement syndical dans la Tchécoslovaquie soviétisée, l’intelligentsia slovaque, les procès de Prague, les congrès du PC tchécoslovaque, etc.

Parallèlement, il publia son premier article dans Preuves (n° 23, janvier 1953) pour commenter le procès de Rudolf Slansky et de ses coaccusés à Prague. En 1954, il écrivit une brochure sous l’égide de Preuves afin de démonter l’affaire Bohumil Lausman, un leader social-démocrate passé à l’Ouest, puis « disparu » début 1954, et « réapparu » à Prague en mai. À travers les péripéties de cette affaire, Barton voulait démontrer que les milieux émigrés d’Europe centrale étaient la cible « d’une entreprise de pénétration de la part de l’URSS pour y implanter des réseaux clandestins » (P. Grémion). Il collabora ensuite épisodiquement à Preuves jusqu’à son départ aux Etats-Unis, insistant notamment sur le rôle de Prague comme « capitale des « appareils » soviétiques ». Il participa aussi au séminaire international du Congrès à Vienne (septembre 1958) où il présenta une communication sur « le contrôle des travailleurs ». En 1957, il intervint également dans des institutions comme l’Université libre de Bruxelles ou les cours d’été du Collège de l’Europe libre de Strasbourg. C’est dans ce cadre qu’il fit la connaissance de sa seconde épouse, Jarmila.

Au milieu des années cinquante, alors que s’amorçait la déstalinisation en URSS et qu’éclatait la révolution hongroise, Paul Barton, tout en continuant à participer aux milieux du syndicalisme FO et du Congrès pour la liberté de la culture, collabora à deux nouvelles revues, Saturne et Le Contrat social. Il rencontra David Rousset par l’intermédiaire de Irving Brown et travailla, de septembre 1955 à juin 1958, dans le cadre de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire (CICRC) comme responsable des archives, de la documentation et des recherches. Il collabora activement à la revue Saturne éditée par la Commission et publia la synthèse de ses travaux dans L’Institution concentrationnaire en Russie (Plon, 1959). Auparavant, il avait également publié dans la collection animée par David Rousset aux éditions Marcel Rivière, Salariat et contrainte en Tchécoslovaquie (1956), en collaboration avec Albert Weil. Il écrivit aussi régulièrement dans la revue de Boris Souvarine, Le Contrat social. Ainsi, à la fin des années cinquante, Paul Barton avait pratiquement mis « un pied dans tous les milieux parisiens de la gauche anticommuniste liés à, ou proches de la SFIO » (P. Grémion). Cependant le passage de la IVe à la Ve République ne tarda pas à marginaliser ces milieux. Au printemps 1960, Paul Barton fut arrêté et assigné à résidence en Corse pendant plus d’un mois avec d’autres réfugiés d’Europe de l’Est lors de la première visite de Nikita Khrouchtchev en France.

Dès la fin des années cinquante, il collabora à AFL-CIO Free Trade Union News, édité aussi en allemand et en français, avec un article sur le travail forcé en URSS (septembre 1959). Trois ans plus tard, il commence à travailler pour la CISL, d’abord à son quartier général de Bruxelles puis, à New York, aux Nations Unies. En effet, la CISL participait comme organisation non-gouvernementale à diverses commissions consultatives de l’ONU. Il effectua également de nombreux séjours à Genève pour les réunions du Conseil économique et social de l’ONU et du Bureau international du travail (BIT). Durant ces années, il participa à de nombreuses commissions de l’ONU, principalement sur les droits de l’homme, les pays en voie de développement, les sociétés multinationales, le commerce international, etc., qui donnèrent lieu à la rédaction de nombreux rapports (en anglais) pour cette institution internationale.

En novembre 1968, Paul Barton retourna définitivement en France comme représentant du bureau européen de l’AFL-CIO à Paris où il resta jusqu’à sa mort. Depuis plusieurs mois, il suivait fébrilement les événements tchèques et l’écrasement final du « printemps de Prague par les chars du Pacte de Varsovie. Il y consacra un livre et plusieurs articles (AFL-CIO Free Trade Union News, Le Contrat social, La Révolution prolétarienne, etc.). Deux ans plus tard il publia une série de neuf articles sur les camps soviétiques et le travail forcé en URSS dans AFL-CIO Free Trade Union New. Il représenta aussi l’AFL-CIO dans des congrès syndicaux, ainsi au congrès de l’UGTT (Monastir, Tunisie, août 1969) ou de Force Ouvrière (Paris, novembre 1971). Il intervint également sur la condition ouvrière en URSS à la « 4e semaine de la Pensée libérale » (décembre 1971) consacrée à « l’efficacité sociale du libéralisme », une manifestation organisée pendant six ans par Claude Harmel en réplique aux semaines de la pensée marxiste du PCF.

Il avait conservé depuis 1948 le statut de réfugié politique, obtenu après son arrivée en France grâce à l’appui de personnalités de la SFIO. Il attendit 1991 pour demander et obtenir la nationalité française, juste avant de participer à une délégation syndicale internationale à Prague, durant l’automne. Dans le cadre de ses activités syndicales, il se consacra alors à plusieurs études sur les changements en cours en Europe centrale et orientale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article162802, notice BARTON Paul (Jiri Veltrusky, dit) par Charles Jacquier, version mise en ligne le 18 août 2014, dernière modification le 27 septembre 2020.

Par Charles Jacquier

Œuvre politique (en français) : La Communauté européenne de Défense (brochure de la revue Preuves, 1954) ; Prague à l’heure de Moscou (Pierre Horay, 1954) ; Salariat et contrainte en Tchécoslovaquie - avec Albert Weil - (Marcel Rivière, 1956) ; Conventions collectives et réalités ouvrières en Europe de l’Est (Éditions ouvrières, 1957) ; L’Institution concentrationnaire en Russie, précédé de « Le sens de notre combat » par David Rousset, Plon, 1959 ; Les ouvriers face à la dictature : Tchécoslovaquie 1938-1948-1968, préface André Bergeron, Confédération Force Ouvriére, 1969 ; Misère et révolte de l’ouvrier polonais, préface André Bergeron, Confédération Force Ouvrière, 1971.

SOURCES : Journaux et revues cités - Articles nécrologiques : AFL-CIO News, 13 juin 1994. — Cahiers d’histoire sociale, n° 4, été-automne 1995. — FO hebdo, n° 2211. — Monde du travail libre, juillet 1994. — Émile Copfermann, David Rousset, une vie dans le siècle, (Plon, 1991). — Pierre Grémion, Intelligence de l’anticommunisme. Le Congrès pour la Liberté de la Culture à Paris 1950-1975 (Fayard, 1995). — Charles Jacquier, « Louis Mercier, Preuves et le Congrès pour la liberté de la culture », in Présence de Louis Mercier (ACL, 1999). — Jacques Rupnik, Histoire du Parti communiste tchécoslovaque. Des origines à la prise du pouvoir, Presses de la FNSP, 1981- Bibliographie choisie des écrits de Jiri Veltrusky (Paul Barton) établie par Jarmila Veltrusky (novembre 1998). Entretiens avec Jarmila Veltrusky (Paris, 8 et 10 décembre 1998), Paul Parisot (Marseille, 23 septembre 1998). Témoignage écrit de Miroslav Tucek traduit du tchèque par Jarmila Veltrusky (Zurich, janvier 1999). Correspondances avec André Bergeron, Pierre Grémion, Claude Harmel, Hana Herz, Paul Parisot, Jarmila Veltrusky. Renseignements CERMTRI (Paris). — Institut d’histoire sociale (Nanterre).

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