YVON Charles, Julien [Pseudonymes : LECITADIN et LEBRETON]

Par Gilles Pichavant, Jean-Jacques Doré

Né le 30 juillet 1900 (lundi) à Saint-Mihiel (Meuse), mort le 22 juin 1969 à Nice (Alpes-Maritimes) ; opticien, aide mécanicien puis agent des Installation des PTT à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; militant syndical CGT en Seine-Inférieure (Seine-Maritime) ; résistant ; conseiller municipal de Rouen (1945).

Orphelin d’un père facteur rural, mort en captivité en Allemagne en 1917, et d’une mère ouvrière en lunetterie réfugiée à Rouen, Charles Yvon, blond aux yeux bleus d’1 m. 49, travaillait comme opticien à Paris lorsqu’il fut réformé pour faiblesse générale en 1920. Après avoir travaillé quelque temps, en 1922, dans un magasin de lunettes à Rouen, rue du Grand-pont. Il entra aux services techniques des PTT vers 1925.

Derrière Fernand Hutt, le syndicat des PTT services techniques de Rouen avait rejoint la CGTU en 1922 si bien qu’en 1930, une trentaine de militants décidèrent de reconstituer une organisation confédérée (CGT) qui vit le jour le 30 mars dirigé par un bureau composé d’Alexandre Lindet (secrétaire), Charles Yvon (secrétaire adjoint), Fernand Verdier (trésorier) et Marceau Caron (trésorier adjoint). Délégué au congrès du syndicat national des services techniques (Confédéré), le 19 juin 1930, il présenta un rapport établi par la commission des traitements et indemnités au cours de la dernière journée du congrès.

Archiviste de l’organisation de 1931 à 1934, Charles Yvon, élu secrétaire en janvier 1935, négocia avec Fernand Hutt->87501] la fusion des syndicats CGT et CGTU. La nouvelle organisation confédérée (les PTT services techniques devinrent en 1937 le syndicat des Agents de lignes des PTT) était dirigé par Fernand Hutt (secrétaire), Charles Yvon (secrétaire adjoint), Lucien Biville (trésorier) et annonçait 400 adhérents. Réélu en 1937, Marceau Gueudry lui succéda lorsqu’il prit en charge la fonction de secrétaire régional CGT des PTT.

Trésorier clandestin de l’Union départementale CGT de la Seine-Inférieure pendant l’Occupation, sous les pseudonymes de Lecitadin et Lebreton, il entra dans la clandestinité après avoir été condamné à mort par les autorités militaires allemandes. Chef départemental de la résistance PTT, il avait préparé et organisé un plan de sabotage des communications allemandes en Seine-Inférieure. Ce plan exécuté minutieusement le 6 juin 1944, réussit pleinement. Tous les véhicules allemands (chars, camions, automobiles...) ne recevant pas d’ordre du fait de l’absence de liaisons, restèrent bloqués sur la rive droite de la Seine et furent détruits au cours des bombardements des 25, 26 et 17 août 1944. Yvon fut décoré de la médaille de la résistance, de la croix du combattant et de la médaille de l’Ordre de la Libération le 18 décembre 1945.

Le 28 octobre 1944, il fut désigné trésorier du bureau de l’Union départementale de Seine-Inférieure qui comprenait André Jourdain secrétaire, Auguste Duboc, Maurice Jeanne et Fernand Hutt secrétaires adjoint, Baptistin Beuruer trésorier adjoint et Paul Gueret archiviste. En 1945 il avait été élu conseiller municipal.

À la reconstitution du syndicat des PTT de Seine-Inférieure, il entra à la Commission Exécutive le 25 novembre 1945, en charge du secrétariat administratif
Au début de 1946, il remplaça André Houard, muté à Grenoble (Isère), comme délégué du syndicat des PTT au Cartel des Services Publics de Seine-inférieure.
Charles Yvon intervint pour le syndicat des PTT dans le congrès de l’Union Départementale les 11 et 12 mai 1946. Il présenta ensuite le rapport financier de l’Union et justifia les dépenses et notamment l’achat d’une voiture, achat qui fut très critiqué : "Une rubrique, celle de la voiture a inquiété bien des camarades. Cependant si vous voulez bien y regarder de plus près, ce n’est pas une catastrophe. Cette voiture, une traction avant Citroën, a été achetée 30 000 frs. Il a fallu la remettre en état, mettre des pneus, réviser la mécanique d’où la dépense de 11 777 frs". A sa demande, et sans qu’il n’y ait eu un quelconque désaccord, il fut remplacé par Lucien Cléret comme trésorier de l’UD, lors de congrès.
En fait il quittait l’administration des PTT , et donc le syndicat CGT des PTT et l’Union départementale. Au mois de juin 1946 il s’installa à son compte comme artisan installateur de téléphone. Il employa un ouvrier.

Charles Yvon habitait 35 rue Ganterie en 1925 puis 2 impasse du Nord à Rouen à partir de 1939 ; dans les années 60, il se retira à Nice, où il mourut le 22 juin 1969.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article162850, notice YVON Charles, Julien [Pseudonymes : LECITADIN et LEBRETON] par Gilles Pichavant, Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 19 février 2021, dernière modification le 19 février 2021.

Par Gilles Pichavant, Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. de l’Union départementale CGT de Seine-Maritime, déposées aux Arc. Dép. de Seine-Maritime. — Arch. du syndicat CGT des PTT de Seine-Maritime, déposées aux Arc. Dép. de Seine-Maritime. — Le Peuple, 20 juin 1930. — L’Avenir Normand, 24 avril 1945, 5 mai 1945, 9 mai 1945. — Service historique de la Défense à Vincennes, cote GR 16 P 605751. — Souvenirs de sa fille, Mme Nicole Duboc. — Arch. Com. Rouen 7 F 3 Dossier syndicats de fonctionnaires PTT douanes. — Arch. Dép. Seine-Maritime 2 Z 8491. — Compte-rendu du 18e congrès de l’UD. — Arch. Dép. de la Meuse État civil, Registre matricule militaire.

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