GAUVIN (ou GAUVAIN) Antoine von [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Noble d’origine franco-prussienne, né le 16 septembre 1837 à Gauthin (Prusse), mort à Corning (Iowa) en janvier 1883 ; marié et père de famille ; combattant dans les rangs de l’armée de l’Union durant la guerre de Sécession ; communiste icarien, membre de la communauté de Nauvoo ; un des chefs de la Jeune Icarie.

Antoine Gauvin était né dans une famille noble d’origine française et huguenote où l’on était officier dans l’armée prussienne de père en fils. À l’âge de vingt-cinq ans, rompant avec la tradition, il choisit l’exil. Le 2 octobre 1851, il quitta Hambourg pour les États-Unis, fonda un journal à New York, enseigna dans plusieurs États, avant de rejoindre finalement la colonie icarienne de Nauvoo (Illinois), où il épousa Marie-Adèle Bettanier, la veuve d’Eugène Nicolas. Ils eurent ensemble deux enfants, un garçon et une fille, respectivement prénommés Auguste et Caroline.

Le 12 mai 1856, Antoine Gauvin rejoignit les rangs de l’opposition à Cabet. Il demanda la citoyenneté américaine peu après, le 11 octobre 1856. Il était toujours membre de la communauté de Nauvoo en octobre.

Le 8 septembre 1860, Antoine Gauvin fut l’un des signataires de l’acte d’incorporation de la communauté icarienne de Corning (Iowa). Peu après, il quitta la colonie et s’installa dans une grande ferme près d’Afton (Iowa). Pendant la guerre de Sécession, il servit durant trois années dans les rangs de l’armée de l’Union.

Après la guerre, Antoine Gauvin demanda à réintégrer Icarie, et il fut réadmis en 1868. En 1869, il assurait le secrétariat de la gérance de la colonie. Il y occupa aussi la fonction d’instituteur, en remplacement d’Hortense Montaldo qui venait de se marier. Si l’on en croit Marie Marchand, qui fut l’une de ses élèves, il était très excentrique et s’enthousiasmait subitement pour diverses nouveautés, lesquelles devenaient aussitôt l’unique sujet d’étude pour ses classes, avant d’être abandonnées au bout de quelques semaines.

En 1877, Antoine Gauvin fut l’un des chefs de la minorité de la Jeune Icarie. Il réunissait ses élèves le soir pour leur présenter son point de vue et tenter de les convaincre. Il fut d’ailleurs l’un des signataires du Précis sur Icarie rédigé par Péron, qui annonçait le caractère irrémédiable de la scission. Après que celle-ci eut été consommée, il fut élu président de la Jeune Icarie.

La décision prise en 1879 par Antoine Gauvin de se retirer de la communauté fut une catastrophe financière pour cette dernière, qui se vit dans l’obligation de lui concéder une hypothèque de 2 700 dollars sur ses terres et bâtiments. En 1882, Antoine Gauvin intenta un procès à la Jeune Icarie, qu’il perdit. Il mourut à Corning (Iowa) en janvier 1883.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article163026, notice GAUVIN (ou GAUVAIN) Antoine von [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 24 août 2014, dernière modification le 24 août 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : Naturalization Records, Hancock County, Ill. ; Revue icarienne, n° 1, octobre 1856 ; Marie Marchand-Ross, Child of Icaria, New York, City Printing Company, 1938 ; Robert P. Sutton, Les Icariens : The Utopian Dream in Europe and America, Urbana, University of Illinois Press, 1994 ; note de Robert Sutton.

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