GRYNVOGEL Sally

Par Daniel Grason

Né le 21 juin 1919 à Varsovie (Pologne), mort à une date inconnue ; communiste ; militant de la Main d’œuvre immigrée (M.O.I) ; résistant ; agent de liaison ; emprisonné en Allemagne.

Fils d’Elias et de Chaja née Titelmann, Sally Grynvogel par mesure de sécurité quitta le domicile du 14 bis rue Louis-Bonnet à Paris (XIe arr.). Ses parents et sa sœur Rosa, dix-sept ans furent internés à Pithiviers dans le Loiret. Sa mère et sa sœur ont été déportées du camp d’internement le 3 août 1942 par le convoi n° 14 à destination d’Auschwitz (Pologne).
Sally Grynvogel demeura à l’hôtel au 6 rue Lantiez à Paris (XVIIe arr.), juif polonais, militant du parti communiste français il milita pendant la guerre dans le groupe de la Main d’œuvre immigrée chargée du Travail allemand (T.A). Il assurait les liaisons entre le responsable Josef Ullmann et différents membres du groupe : Jules Schwarz, Max Novak, Marie Felten, Alfred Spitzer, Wilhem Adam, Elisabeth Barta…
Ces militants diffusaient subrepticement les journaux ronéotés en langue allemande Die stimme des volkes (La Voix du peuple) et Soldat im westen. Des feuilles recto-verso étaient déposées sur les banquettes et dans les toilettes des cafés fréquentés par des soldats allemands, jetés par-dessus les murs d’enceintes des casernes.
Certains militants furent repérés par inspecteurs de la BS1 et filés.
Le 19 et 20 novembre 1943, la BS1 interpellait une vingtaine de militants du Travail allemand dont Sally Grynvogel le 19 et tous ceux avec qui il était en contact. Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales pendant une semaine il fut frappé quotidiennement. Livré aux Allemands, incarcéré à Fresnes, il fut transféré en Allemagne Jugé dans l’enceinte d’une prison il fut condamné à mort, probablement emprisonné dans une forteresse.
Un Scilly Grynvogel, domicilié 14 bis rue Louis-Bonnet à été incarcéré à Fresnes, était-ce le père ? Il fut transféré au camp de Drancy le 25 juillet 1944.
Sally Grynvogel fut libéré le 5 mai 1945, rapatrié en France le 15 mai, il témoigna devant la commission d’épuration de la police. Il déclara que du fait qu’il était malade, il ne fut pas exécuté. Sally Grynvogel indiqua que treize inspecteurs de la BS1 participèrent à son arrestation et à la vingtaine de membres du groupe.
Son nom figurait sur la liste des déportés du convoi n° 77 à destination d’Auschwitz en Pologne, puis fut rayé.
Il survécut aux épreuves.
Sally Grynvogel a été homologué Déporté interné résistant (DIR). Il mourut en un lieu et à une date inconnue.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article163294, notice GRYNVOGEL Sally par Daniel Grason, version mise en ligne le 30 juin 2019, dernière modification le 15 février 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. PCF carton 15 rapports hebdomadaires des Renseignements généraux sur l’activité communiste du 29 novembre 1943, Carton 8 (dossier 30) arrestations de militants communistes, 77W 785-406265, KB 48. – Bureau résistance GR 16 P 2737128. – Site internet CDJC.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément