BERGERON Régis

Par Claude Pennetier

Né le 13 avril 1923 aux Écrennes (Seine-et-Marne) ; surveillant de lycée puis permanent et journaliste puis écrivain ; secrétaire de la fédération communiste de Seine-et-Marne ; rallié au maoïsme, participe à la constitution du PCMLF ; spécialiste du cinéma chinois.

Fils d’un forgeron, maréchal-ferrant qui loua de 1912 à 1962 la forge des Écrennes, et d’une ménagère qui fut institutrice remplaçante pendant la Première Guerre mondiale, Régis Bergeron fut élevé par des catholiques non-pratiquants. Du côté maternel cependant, ses oncles étaient de militants socialistes. Son père, marqué par la tradition républicaine de la Nièvre, et en particulier par le souvenir du 2 décembre 1951, fut élu maire d’Écrennes, sur une liste de Front populaire. Les héros de son enfance furent Jacquou le croquant, Jean Valjean et le capitaine Dreyfus.
Titulaire du baccalauréat, Régis Bergeron fit deux ans d’études à la Sorbonne et à la faculté de droit tout en étant surveillant dans un établissement de Seine-et-Marne. Il fut secrétaire départemental du syndicat des maîtres d’internat.
Au printemps 1943, il rejoignit les FTPF. À la Libération, il était dirigeant départemental du Front national et secrétaire du Comité de libération de Seine-et-Marne.
Mobilisé avec la classe 1923, il entra dans un camp d’élève sous-officier et resta onze mois sous les drapeaux. Libéré, membre du Parti communiste depuis 1944, il fut le secrétaire de Laurent Casanova*, puis le rédacteur en chef de L’Information de Seine-et-Marne. La fédération communiste le chargea de l’éducation dans sa section, lui qui n’avait jamais fréquenté une école du parti. Sa lecture assidue de Marx, Lénine, Staline, lui servit de base. Il fut membre secrétariat de la fédération communiste de Seine-et-Marne à partir de 1946.
En avril 1949, il s’installa à Paris où il fut chef du service parisien de Ce soir, puis secrétaire général des Lettres françaises, et enfin chef de la page culturelle de l’Humanité. André Wurmser demanda et obtint sa mise à l’écart de la rubrique, après la publication d’un compte rendu favorable d’un roman de Claude Roy. Bergeron n’était cependant pas convaincu par le tournant du XXe congrès du PCUS et il tenait le rapport Khrouchtchev de février 1956, tel qu’il était publié par Le Monde, pour apocryphe. Il fit dans France nouvelle, un article élogieux pour la Chine à l’occasion du 14e anniversaire de la République populaire, deux ans après la rupture de fait du Parti avec le régime chinois, ce qui ne fut pas sans provoquer des remous. Attiré par la Chine, il partit travailler à Pékin, avec l’accord du PCF, en juillet 1959 et revint en janvier 1961. Seuls douze Français séjournaient en Chine au début des années soixante. Bergeron avait rencontré de nombreux écrivains dont Lao She, qui trouva la mort durant la Révolution culturelle, Ba Jin ou le ministre de la culture Mao Dun.
À son retour, il fut rédacteur en chef adjoint de France nouvelle, jusqu’en octobre 1965. Le 22 août 1964, il fit partie d’une délégation recue pendant deux heures par Mao.
Acquis aux thèses pro-chinoises, il avait ouvert la librairie Le Phénix en janvier 1965. Bien que défavorablement frappé, lors d’un séjour à Pékin à l’été 1966, par les sorties de masses des gardes rouges et l’arrestation de du président Lieou Chao-chi, il soutint la Révolution culturelle. Il participa à la constitution du Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF) en décembre 1967, entra dans sa direction, et prit la fonction de rédacteur en chef de l’Humanité nouvelle. Il fut également président de l’Association de amitiés franco chinoises.
Interdit après mai 1968, le PCMLF fonctionna clandestinement puis éclata. Bergeron continua l’animation de sa librairie jusqu’en 1983 et étudia le cinéma chinois, auquel il consacra plusieurs livres.
Marié à une standardiste aux PTT, il vivait depuis 1958 à Noisy-le-Sec.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16340, notice BERGERON Régis par Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 18 février 2022.

Par Claude Pennetier

ŒUVRE : Hier dans les yeux, Éditions des écrivains, 2001. — Le Cinéma chinois, 5 volumes, l’Hamattan.

SOURCE : Fonds Régis Bergeron, Arch. dép. de Seine-Saint-Denis (343 J), inventaire en ligne. — Témoignage de Régis Bergeron.

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