MAILLARD Marcel, Léon [Pseudonyme : Genin]

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 21 mars 1912 à Folembray (Aisne), fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine), inspecteur d’assurances ; militant communiste ; résistant au sein des FTPF.

Marcel Maillard et son épouse, Andrée, née Reymond habitaient 183 rue des Bois de Verrières à Antony (Seine) avec leur fille Denise, née le 11 avril 1943. Il était déjà fiché avant guerre par les Renseignements généraux comme militant du PCF « membre de la plupart des organisations dépendant de ce parti ». Il était alors employé à la « Garantie du Bâtiment ».
Engagé dans la Résistance, il devint clandestin sous le pseudonyme de « Génin » et louait un logement « illégal », 48 rue Monsieur le Prince dans le VIe arrondissement de Paris. Il fut repéré et pris en filature par des inspecteurs des RG le 1er août 1943 dans le cadre de l’enquête dirigée contre les Francs-tireurs et partisans (FTP) parisiens. Il occupait alors les fonctions de Commissaire aux effectifs régional (CER), c’est-à-dire de responsable militaire pour la région P4 (banlieue est de Paris). Il fut finalement arrêté par la police française le 2 décembre 1943 sur les lieux d’un rendez-vous qu’il avait avec l’un des responsables aux cadres de l’interrégion parisienne, Robert Fouquet. Il était porteur d’un faux certificat de travail et d’un faux certificat de recensement à son nom ainsi que d’un rapport concernant un membre du Parti populaire français. Il observa un mutisme complet face aux policiers de la BS2 des Renseignements généraux parisiens. Livré aux Allemands, il fut condamné à mort par une cour martiale de la Luftwaffe qui siégeait dans l’enceinte de la prison de Fresnes le 23 mars 1944 avec une vingtaine d’autres FTP, parmi lesquels Joseph Epstein. Sa femme put lui rendre plusieurs visites qui lui permirent de faire sortir et passer à la direction du PCF clandestin des rapports sur « l’affaire Estain » rédigés par Jean Alezard sur des feuilles de papier à cigarettes.

Fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien, il fut d’abord inhumé au cimetière parisien d’Ivry puis réinhumé le 13 novembre 1945 à Antony aux côtés de sa fille Françoise décédée en bas âge, comme il en avait exprimé le vœu dans la dernière lettre écrite à sa femme le jour de son exécution.

Une rue d’Ivry porte son nom. « Fusillé par les allemands », Marcel Maillard fut reconnu « mort pour la France » à titre militaire (AC 21 P 86659), et homologué à titre posthume au grade de capitaine FFI et DIR (GR 16 P 384689). La médaille de la Résistance lui fut attribuée à titre posthume (décret du 30 sept. 1959, JO du 7 oct.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article163430, notice MAILLARD Marcel, Léon [Pseudonyme : Genin] par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 31 août 2014, dernière modification le 14 août 2018.

Par Jean-Pierre Ravery

SOURCES : Arch. CCCP (Notes Ravery). DAVCC, Caen, BVII 5. Liste des médaillés de la Résistance à titre posthume (ap. 1948). SHD, dossiers adm. résistants. — P. Delon, Les Employés, op. cit., p. 136. — Renseignements fournis par le Dr Arnaud Javelle, son petit-neveu. — Notes Frédéric Stévenot.

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