PÉRON Yves, Marie. Dans la résistance, Morlaix, Malouin, Caillo

Né le 2 août 1914 à Plounérin (Côtes-du-Nord), mort le 6 juin 1977 à Pujols-sur-Dordogne (Gironde) ; ouvrier du bâtiment puis plombier  ; chef d’état-major FTP en Dordogne  ; membre suppléant du comité central (1964-1976), député de Dordogne (1946-1951, 1956-1958).

Fils d’Auguste-Marie Péron, terrassier puis plombier militant communiste qui mourut en déportation, et d’Augustine Ruello, journalière puis ménagère, Yves Péron, titulaire du certificat d’études primaires, fut apprenti maçon à douze ans puis chaudronnier-plombier. Il adhéra au Jeunesses communistes en 1931 à Montreuil-sous-Bois, au Secours rouge international (SRI) en 1932, à la CGTU en 1933 et la même année au Parti communiste. Il fut secrétaire du rayon des JC de Montreuil-Vincennes-Fontenay-Saint-Mandé en 1933, membre du comité de rayon du parti en 1934, instructeur du comité central des JC jusqu’en 1935, membre du comité et du bureau régional Paris-Est des JC et également du PC en 1937-1939. II fut membre du bureau national des CDH (Comités de défense de l’Humanité). Il occupa la fonction d’instructeur central CGTU en 1934 pendant 6 mois, mais comme non permanent. Il siégea au comité exécutif intersyndical parisien et au CE du syndicat des plombiers-poseurs. Il milita également activement au SRI. Il dit avoir suivi en 1929 une École centrale CGTU de 6 mois, ce qui laisse perplexe car les écoles syndicales ne duraient pas si longtemps et la date surprend, il n’avait que 15 ans en 1929, peut-être s’agit-il de 1939. Il aurait aussi suivi une École du SRI de trois mois. Toujours est-il qu’il s’agit d’un militant solidement formé et dont les lectures marxistes et léninistes affichées en 1945 sont importantes. Il citait entre autres : Le Manifeste ; Prix salaires et profits, Que faire, La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky ; Histoire du PC b de l’URSS ; Les principes ; La question coloniale.
Yves Péron vivait à Montreuil (Seine, Seine-Saint-Denis) où il se maria le 30 mars 1940 avec Geneviève Isabelle Loris qui mourut peu après. Il se remaria, toujours à Montreuil, le 27 mars 1945 avec Christiane Récégat, une sténo-dactylo, fille de communiste (son père était aveugle de guerre) qui partagea son militantisme. Le couple eut un enfant, Daniel, né en 1946.
Yves Péron fit son service militaire dans le Génie, de 1935 à 1937, et fut mobilisé le 6 août 1939 à la compagnie du Génie. Il participa aux rares combats offensifs engagés en Sarre dans les premières semaines du conflit. Tout en restant en contact avec ses camarades de Paris-Est. Il reçut et diffusa de la propagande politique dans mon unité et les unités de passage. À sa première permission, il contacta le régional et un représentant du centre à Saint-Mandé. À sa deuxième permission, il rencontra Jean Laffitte, responsable politique du triangle de l’inter-région parisienne et s’occupa de diffusion, de matériel, de réorganisation du parti et de dépistage des camarades restés fidèles. Il fut arrêté le 7 avril 1940 à Montreuil, transféré à la préfecture de police, aux Invalides, puis à la Santé et inculpé de détention et de diffusion de document de la IIIe Internationale. La police perquisitionna le domicile de ses parents et y découvrit du matériel de propagande dont lettre du groupe communiste de la chambre au président de l’Assemblée nationale, Herriot, lettre qui avait déclenché l’arrestation des députés communistes.
Lors de son unique permission, au début de 1940, Yves Péron sera interpellé par la police à son domicile et incarcéré. Ses responsabilités antérieures aux Jeunesses communistes et une action poursuivie au sein de son unité en sont la motivation. Après un séjour au camp de Gurs, puis à celui de Nexon, le tribunal militaire de Paris, replié à Périgueux, le condamnera, en novembre, à cinq années de réclusion. La continuité de la répression, engagée avant la défaite, était pleinement assurée par le régime de Pétain...
Lors de son procès, le jeune soldat ne courba pas la tête. Il aurait récusé fermement ses juges, déclarant que seul le verdict du peuple lui importait... Il va connaître, en compagnie de beaucoup d’autres, la privation de liberté et l’humiliation derrière les murailles des prisons d’Agen, de Nontron, de Villeneuve-sur-Lot et du camp de Mauzac.
Commença alors un pénible périple de camps en prisons. Transféré le 10 juin 1940 au camp des Groues, près d’Orléans (Loire), puis au camp d’Avord (Cher), et enfin sur le camp de Gurs (Basses-Pyrénées) où il retrouva l’élu de Montreuil Daniel Renoult. Il quitta ce camp le 26 octobre 1940, fut transféré à la prison militaire de Nontron (Dordogne) avec Léon Moussinac, prison où il resta jusqu’au 10 novembre 1940. Envoyé à Périgueux pour être jugé le 15 novembre 1940 (il avait auparavant bénéficié d’un non-lieu, le 24 octobre), il fut condamné au maximum, soit 5 ans de prison, 10 ans d’interdiction de séjour, 10 ans d’interdiction des droits civiques et 1000 Francs d’amende peine confirmée le 23 novembre. Transféré une seconde fois à Nontron le 22 novembre 1940 puis à la Maison d’arrêt d’Agen (Lot-et-Garonne) fin décembre 1940 et enfin à Eysses (Lot-et-Garonne) le 21 avril 1941 au camp de Mauzac (Dordogne). Envoyé par mesure disciplinaire de 1er avril 1942 à Nontron, il y fit la connaissance de Jean Chaintron. Il fut par la suite accusé par les Renseignements généraux et ses adversaires politiques de ne pas avoir tenté de s’enfuir alors qu’il travaillait librement en journée chez un entrepreneur de la ville. Il adressa le 12 février 1944 une lettre au capitaine Pointeau, commandant de la prison, pour se plaindre de la présence de trotskistes, « des ennemis de la France », « des gens qui, selon nous, ont trahi les intérêts les plus sacrés de leur pays... »
À la prison de Nontron furent notamment incarcérés Angelo Francesco Gnoato, communiste de Nanterre ex. volontaire en Espagne républicaine. Michel Bloch, fils de l’écrivain Jean-Richard Bloch et Gérard Bloch ; Abram Sadek, militant trotskiste qui sera exécuté par des maquisards communistes en Haute-Loire ; Raoul Calas futur député communiste de l’Hérault ; Jean Chaintron, communiste, futur préfet de la Haute-Vienne à la Libération ; José Esgléas ex.-secrétaire du syndicat anarchiste des instituteurs de la province de Barcelone ; Maurice Jacquier, militant socialiste co-fondateur du Comité socialiste d’action révolutionnaire (CASR), Léon Moussinac, communiste, écrivain et journaliste, critique de cinéma, ami de Louis Aragon.
De la prison de Nontron il sera transféré au printemps 1944, dans les locaux sanitaires destinés aux prisonniers, à l’hôpital de Bergerac. Il prit contact avec le PCF le jour même. Yves Péron fut dirigé par le parti sur le 5e bataillon FTP, où il fut responsable politique, lieutenant puis lieutenant-colonel, et au groupe de formation FTP du secteur avant d’être appelé par la région pour assurer la direction politique des FTP de Dordogne. Il participa à « l’insurrection nationale » et à la libération du département. Il fut chargé de l’organisation de l’état-major FFI à Périgueux et à Bergerac. Il fut président de la commission nationale du Front national et membre du secrétariat général du parti en Dordogne avec André Dufour venu de l’Isère, Henri Bordenave de Paris. On l’appela à l’état-major militaire des FFI en novembre 1944, au 5e bureau à Paris, mais en garda un pied dans le Périgord.
Le 10 juin à l’occasion du bombardement de la poudrière, en compagnie de cinq autres détenus soignés avec lui dans l’établissement, il prendra la clé des champs et rejoindra la Résistance, en compagnie de Max Moulinier, de Bergerac, Henri Faure, de Paris, Louis Carré et Robert Fleurence. Ce dernier, originaire de Roanne, avait été arrêté en mars 1940, emprisonné à Clermont-Ferrand et condamné en septembre pour « activité communiste ».
Parmi les six évadés, un seul n’est pas "politique". Son comportement, en cette occasion, n’en sera pas moins exemplaire. Les quatre autres se nomment Max Moulinier, de Bergerac, Henri Faure, de Paris, Louis Carré et Robert Fleurence. Ce dernier, originaire de Roanne, avait été arrêté en mars 1940, emprisonné à Clermont-Ferrand et condamné en septembre par le tribunal de cette ville. Le motif était sensiblement identique activités interdites avec la Jeunesse communiste. Il prit contact avec le PCF le jour même.
Au mois d’août, il présida le jugement clandestin du vice-amiral Charles Platon, ancien ministre des Colonies dans le gouvernement de Vichy de 1940 à 1943, anglophobe et partisan de la collaboration, hostile au général de Gaulle, Charles Platon, fut enlevé par Michel Schneersohn qui sera après-guerre le maire de Mussidan de 1946 à 1947. André Urbanovitch surnommé Double-mètre pour sa haute taille était chargé de défendre Platon, une défense formelle. Anecdote parmi ses multiples auditions et exécutions sommaires, Double-mètre aura, dans son bureau du "Service d’ordre patriotique", à Périgueux, Maurice Chevalier. L’artiste raconta dans ses mémoires son arrestation, trois hommes armés de mitraillettes firent irruption à Cadouin où il était. Emmené à Périgueux, interrogé sommairement, il fut amené dans le bureau où était Double-mètre. L’artiste le décrivit ainsi : « Il est trop grand, trop gras, et de teint trop pâle. Ses membres semblent démesurés. Il est trop de tout. […] Vous savez que vous êtes condamnés à mort. Mais aujourd’hui nous ne pouvons plus le faire à vue » lui aurait-il dit. Maurice Chevalier se tirera de ce mauvais pas. Léon Moussinac et Sadoul viendront le voir et lui exprimeront leur soutien.
De cette arrestation, Maurice Chevalier écrira : « Trop de purs tuent sincèrement. Trop de fous tuent stupidement ! Trop de bandits tuent abominablement. » André Urbanovitch sous les ordres d’Yves Péron, était celui qui dirigea l’épuration de l’été de la Libération en Dordogne. Il sera plus tard propriétaire d’une galerie de tableaux rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris.
Le nom d’Yves Péron sera étroitement associé, après la guerre, à l’histoire politique du département de la Dordogne. Transféré en mai 1944 à la prison de l’hôpital militaire de Bergerac, il s’en évada le 10 juin 1944, à l’occasion du bombardement de la poudrière. Il prit contact avec le PCF le jour même. Yves Péron fut dirigé par le parti sur le 5e bataillon FTP, où il fut responsable politique, lieutenant puis lieutenant-colonel, et au groupe de formation FTP du secteur avant d’être appelé par la région pour assurer la direction politique des FTP de Dordogne. Il participa à « l’insurrection nationale » et à la libération du département. Il fut chargé de l’organisation de l’état-major FFI à Périgueux et à Bergerac. Il fut président de la commission nationale du Front national et membre du secrétariat général du parti en Dordogne avec André Dufour venu de l’Isère, Henri Bordenave de Paris. On l’appela à l’état-major militaire des FFI en novembre 1944, au 5e bureau à Paris, mais en garda un pied dans le Périgord.
Domicilié à nouveau à Montreuil, il fut élu conseiller municipal le 29 avril 1945. Lors de la libération des camps de concentration, il apprenait que son père Auguste, militant communiste déporté à Mauthausen y était mort. Ce fut en Dordogne qu’il se fit élire député des deux Assemblées constituantes en 1945 puis député à l’Assemblée nationale en 1946. Yves Péron fut vice-président de la Haute Cour de Justice en 1945 et 1946. Ce fut devant celle-ci que comparurent Pétain, Laval et plusieurs ministres.
Orateur enflammé, plus politique que militaire, il organisa l’affirmation du rôle du PCF dans la Libération et la reconquête des libertés publiques. Il combattit sans nuance les communistes qui comme le député Paul Loubradou avaient condamné le Pacte germano-soviétique. En septembre 1944, il échappa près de Bordeaux à une fusillade qui semble être le fait de ses concurrents résistants de l’AS. Il fut accusé d’exécutions sommaires dans la cadre de l’épuration, mais les tentatives de judiciarisation se heurtèrent à son immunité parlementaire et aux lois d’amnisties.
Domicilié à nouveau à Montreuil, il fut élu conseiller municipal le 29 avril 1945. Mais, c’est en Dordogne qu’il se fit élire député des deux Assemblées constituantes en 1945 puis député à Assemblée nationale en 1946. Yves Péron fut vice-président de la Haute Cour de Justice en 1945 et 1946. Une concurrence s’installa avec l’autre député de Dordogne, l’instituteur, Jean Dutard. Yves Péron apprit, sans doute par la commission des cadres, que Dutard avait condamné les procès de Moscou et donné sa démission par une lettre du 2 février 1938, très explicite sur la nature du stalinisme, lettre dont l’original était conservé à Moscou. Il le fit écarter du secrétariat fédéral en juin 1947 et remplacer par Roger Ranoux, puis de la candidature aux élections législatives.
Mounette Dutilleul, de la commission des cadres, dans un rapport sur la Fédération de la Dordogne à l’occasion du Comité fédéral élargi du 14 octobre 1946, signala que Yves Péron avait fait une auto-critique mais « trop formelle » devant le comité. Il avait suivi un stage de formation de directeur de l’École inter-fédérale en 1954. « Camarade intelligent, ayant de grandes capacités. Une certaine facilité de parole qui peut le conduire à parler beaucoup, mais qu’il a fait effort pour corriger réellement au cours de l’école ». Il avait fait un séjour en Pologne, en juillet-août 1950, sur invitation du Parti polonais.
Victime du système des apparentements, Yves Péron fut battu aux législatives du 17 juin 1951 et fut dès lors, jusqu’en 1974, permanent fédéral. Il ne reprit son mandat de député que pendant deux ans, de 1956 à 1958 et fut battu de justesse (seize voix) par le gaulliste Yves Guéna, son adversaire pendant quinze ans, qui dira à l’occasion du décès de Péron : « Sans doute la commune appartenance à la Résistance créait-elle entre nous des liens particuliers ».
Dans sa direction de la fédération communiste de Dordogne, Péron fut à la fois soutenu par la direction nationale de critique. Pierre Villon écrivait à propos de la conférence fédérale du 30 mai 1951 : « J’ai eu la confirmation que le camarade Péron qui a de grandes qualités et beaucoup d’autorité, doit être amené à mieux écouter, laisser parler, stimuler même la discussion au lieu de répondre immédiatement à celui qui ouvre la bouche. C’est là à mon avis la cause essentielle de la faiblesse relative de la discussion et de critique. »
Élu conseiller municipal de Périgueux de 1947 à 1959, il devint conseiller général de Périgueux-ouest de 1951 à 1958, puis réélu en 1973. Il fut membre du comité central du PCF de 1964 à 1976.
Dans la matinée du 22 juin 1952, une affiche était collée sur une porte de l’église de Labouquerie, arrondissement de Bergerac en Dordogne. La gendarmerie de Beaumont informée mena une enquête. L’affiche avait été donnée par Marcel B. vingt-six ans, aide-chimiste à A. du B, qui l’avait transmise à Francis F., cultivateur. Ce dernier la placarda sur la porte de l’église. Entendu par les gendarmes Marcel B. déclara avoir reçu l’affiche d’un membre du Parti communiste.
L’affiche était signée « Imprimerie spéciale du P.C.F. » Les gendarmes se rendirent au siège de l’organisation, ils rencontraient Yves Péron, le secrétaire fédéral, qui déclara qu’il s’agissait d’une affiche nationale et que « l’imprimerie spéciale » faisait référence au siège du 44 rue Le Pelletier à Paris (IXe arr.).
Le 16 mars 1953, De la Baume déposa plainte en diffamation contre le quotidien L’Écho du Centre et son rédacteur en chef, ainsi que contre Yves Péron, député communiste de la Dordogne, Secrétaire fédéral du Parti communiste. De la Baume estimait que les articles parus les 15 et 16 mars 1957 étaient diffamatoires à son égard. Les articles étaient titrés ainsi : « Quand M. le Colonel-Comte banquier chausse des sabots trop lourds pour ses pieds fins. »… « Les électeurs seront fidèles à Jacquou le Croquant » affirmait le journal qui concluait « Tous aux armes pour Lucien Dutard pour battre le candidat de la réaction cléricale de Georges Bonnet, de la banque et de la grosse propriété foncière. » Les deux premiers articles étaient signés par Yves Péron, le troisième n’était pas signé.
De la Baume se plaignit « d’être représenté comme un hobereau, comme le candidat de la réaction cléricale de Georges Bonnet » et « d’être allé prendre entre les deux tours de scrutin des leçons d’anticommunisme auprès du Pétainiste Tixier-Vignancourt, d’être présenté comme un ami du Général allemand Speidel et de ses patrons hitlériens. »
La plainte était déposée quelques jours après sa réélection au Conseil général, il avait battu le communiste Jean Dutard. Il estimait qu’être traité d’« hobereau » était diffamatoire, se considérant « comme un salarié ». Colonel de réserve, officier de la Légion d’honneur, il estimait « très grave le fait de lui prêter l’intention d’approuver la désignation du Général allemand Speidel à la tête d’un commandement important des forces de l’OTAN et injurieux de laisser entendre qu’il serait l’ami du Général Speidel et des hitlériens. »
Le 25 mars 1957, auditionné Yves Péron assuma être l’auteur des articles parus dans L’Écho du Centre, il réfuta les « imputations citées par monsieur de la Baume ». Il fit observer qu’il avait écrit : « Monsieur de la Baume continu à signer propriétaire exploitant, en oubliant de préciser que son activité professionnelle est banquier. Il n’est pas diffamatoire de dire à un banquier qu’il est banquier. »
Quant au soutien apporté par Georges Bonnet dont De La Baume s’était également plaint, Yves Péron fit observer que dans son propre matériel électoral, il écrivit « être soutenu par l’ensemble des radicaux ». De plus, la presse de ce lundi 25 mars, Nouvelle République et Sud-Ouest, Georges Bonnet dans un discours prononcé la veille à Périgueux avait salué l’élection de monsieur De la Baume comme « un succès personnel ».
Candidat dans la circonscription de Périgueux, il fut battu en 1968 et 1973 par le gaulliste Yves Guéna.
Il intervint au 20e Congrès du PCF qui se tint à Nanterre du 13 au 17 décembre 1972, à propos de la politique économique du gouvernement de l’UDR qu’Yves Guéna, député de la Dordogne qui l’avait battu. Il déclara notamment : « En Dordogne, l’immense majorité des travailleurs est payée au SMIC. […] Le département se situe au quatre-vingt sixième rang des départements français pour la rémunération du travail. Ils sont de 15% inférieurs à la moyenne nationale et de 46% inférieurs à la moyenne de la région parisienne. » Il relevait que les salaires y étaient de 15% inférieurs à la moyenne nationale et de 46% à ceux de la région parisienne. Il y avait 43 340 ouvriers, mais près de 66% d’entre eux étaient manœuvres et ouvriers spécialisés (OS). Il relevait aussi la diminution de près de 20% du nombre d’exploitants agricoles. Concernant l’éducation le bilan n’était pas plus brillant, près de 40% des élèves quittaient l’école primaire sans le CEP.
Il appréciait positivement l’adhésion décidée à la quasi-unanimité des radicaux de son département au Mouvement de la gauche radicale.
Décédé le 6 juin 1977 à Pujols-sur-Dordogne, il fut inhumé dans cette ville et c’est Guy Besse qui représenta le bureau politique.
Il était décoré de la Croix de guerre, de la médaille de la Résistance, et Officier de l’ordre de l’Empire britannique « Most Excellent Order of the British Empire »2, mais la demande d’obtention de la Légion d’honneur entamée en 1948 n’aboutit pas.
Un groupe scolaire de Boulazac porte son nom ainsi qu’une rue de Saint-Médard-de-Mussidan et une place de Coulounieix.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article163745, notice PÉRON Yves, Marie. Dans la résistance, Morlaix, Malouin, Caillo, version mise en ligne le 17 mai 2021, dernière modification le 26 juin 2021.

SOURCES : AN 200010157-1-467014 (transmis par Gilles Morin). – Arch. comité national du PCF. – Jean-Jacques Gillot, Les communistes en Périgord 1917-1958, Pilote 24 édition, 2007. – Dictionnaire de la Résistance - Dordogne - occupation, collaboration, libération, épuration, Pilote 24, Périgueux, 2007. – Jean-Jacques Gillot, Chroniques des années de guerre en Périgord. Occupation, collaboration et Résistance. Préface de Jean-Marc Berlière. – Maurice Chevalier, Ma route et mes chansons. Tempes grises, Éd. Julliard, t. 3 pp. 89-101. – Intervention au 20ème Congrès du PCF du 13 au 17 décembre 1972, Les Cahiers du communisme janvier-février 1973. – RGASPI, Moscou, 495 270 56 (pas encore consulté). – http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-hommes/yves-peron-et-les-trotskistes-de-la-prison-militaire-de-nontron-en-1944-15807.

Photographie : AN 200010157-1-467014

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