POTAVIN Jack

Par Claude Pennetier

Né le 14 novembre 1945 à Nîmes (Gard ) ; secrétaire de la Fédération CGT de l’Agriculture puis Agroalimentaire ; membre du secrétariat confédéral de la CGT ; militant communiste ; membre du Conseil économique et social.

Jack Potavin
Jack Potavin
Cliché Claude Pennetier

Fils de Raoul Potavin, artisan menuisier compagnon du tour de France, et de Marguerite Testai, culottière d’origine italienne dont les parents avaient fuit le fascisme, Jack Potavin eut un père de droite et une mère antifasciste. Élevé dans la religion catholique, il fréquenta l’école publique, obtint le CEP et le Brevet élémentaire mais arrêta ses études en classe de première, à dix-sept ans. Il s’occupait alors de l’Amicale laïque et du Foyer des jeunes.

Recruté à la Mutualité agricole de Nîmes, il vécut intensément la grève de mineurs de 1963 et adhéra la même année à la CGT et au Parti communiste. Délégué du personnel, il s’impliqua dans la vie de la Fédération de l’Agriculture et à celle de l’Union départementale CGT du Gard. Membre du bureau de l’UD à partir de 1967, il participa activement au mouvement de mai 68 qui le surprit.

C’est dans l’après 1968 qu’il fut de plus en plus sollicité par la Fédération de l’Agriculture qui avait une équipe vieillissante. Il accepta de venir pour trois ans à Paris et y resta quarante ans. En 1972, se posa la question de la succession du secrétaire général historique Maurice Carroué. Jack Potavin n’était pas en première ligne mais des soucis personnels de celui qui aurait pu prendre le relais l’amenèrent à accepter la fonction. Dans le même temps, il entra à la commission exécutive confédérale et en 1975 devint permanent du secteur « Action revendicative et politique contractuelle » sous la responsabilité d’Henri Krasucki*, secrétaire confédéral, et d’Oswald Calvetti, responsable du secteur.Il fut pendant vingt ans l’ami, l’homme de confiance et le collaborateur d’Henri Krasucki surtout lorsque celui-ci accéda au secrétariat général en 1982. Il fut responsable de la coordination des luttes, avec René Lomet, dans une période où les conflits longs et durs se multipliaient : fin de la grève du Parisien libéré, conflit de Manufrance à Saint-Étienne (Loire), mines de Ladrèche, Renault Douai, etc. Après 1985, il devint secrétaire confédéral. À ce titre il fit de déplacement à l’étranger, ainsi le 1er mai 1986 en Bulgarie. Après le congrès de 1988, il travailla dans le secteur « Liaisons et coopérations », sous la responsabilité de Louis Viannet*, en tant que responsable des relations avec les fédérations et les unions départementales. Après le congrès de 1992, il repassa au secteur « Politique et activités revendicatives », avec Michelle Commergnat, comme responsable « Animation et coordination des luttes ».

Lorsqu’en 1992 se posa la question de la succession d’Henri Krasucki, son nom fut évoqué, par le secrétaire général lui-même selon la rumeur interne et journalistique. En fait il n’était pas candidat à la candidature et les noms lancés par Krasucki avaient surtout pour fonction d’amener les autres candidats à se révéler. C’est Louis Viannet qui fut désigné mais Jack Potavin garda une position forte dans le secrétariat et le bureau confédéral. Son action se prolongea un temps sous le secrétariat de Bernard Thibault.

Plus syndicaliste que politique, il avait cependant été proposé pour l’École supérieure des sciences sociales du PCUS à Moscou par le secrétariat du comité central du PCF, le 22 juin 1971, avec Claude Lecerf et Jacky Laplume. Il effectua en effet cette formation internationale d’un an avec ces deux militants et avec Louis Aminot*.

Retraité syndical depuis 2005, il resta cinq ans en région parisienne en attendant le fin d’activité de sa femme, Joselyne [écrit souvent Jocelyne] Blanc (ex DSC CGT au Crédit du Nord et membre de l’UFR Banques Assurances), mariée le le 6 janvier 1973 à Montreuil (Seine-Saint-Denis), et se consacra à l’activité communiste en Seine-Saint-Denis comme membre du comité départemental. Domicilié à Montfermeil, il fut candidat du Parti communiste aux élections législatives de mai 2007 dans la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis, contre Éric Raoult. Campagne rude qui, si elle n’eut pas d’effet électoral, marqua la vie politique locale.

Jack Potavin siégea pendant dix ans au Conseil économique et social, section agriculture. Retiré à Aigues Vives (Gard) en 2010, il y créa et présida durablement le GOEES, Groupements des organisme employeurs de l’économie sociale, qui concerne 80% des salariées des comités d’entreprises.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article163769, notice POTAVIN Jack par Claude Pennetier, version mise en ligne le 23 septembre 2014, dernière modification le 20 juillet 2020.

Par Claude Pennetier

Jack Potavin
Jack Potavin
Cliché Claude Pennetier

SOURCES : Arch. CGT. — Dominique Andolfatto, Le personnel dirigeant de la CGT (1944-1996), CERAT, Grenoble, 1996. — Conversation téléphonique avec Jack Potavin, septembre 2014 — Notes de Paul Boulland. — Notes de Olivier Deprouwé. — État civil.

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