BERNARD André, Arthur, Pierre (dit BERNARD-ANDRÉ)

Par Jacques Girault, Yves Le Maner

Né le 22 septembre 1896 à Amiens (Somme), mort le 4 décembre 1956 à Amiens ; professeur ; militant et journaliste socialiste de la Somme ; résistant ; conseiller municipal d’Amiens (1925-1935, 1944-1956).

Fils de Nicolas Bernard, sujet belge, ouvrier mouleur (polisseur sur métaux à l’état civil) et d’Élisabeth Peters, tisseuse, devenus maraîchers, André Bernard connut une enfance misérable. Il fit de brillantes études à l’École normale d’instituteurs d’Amiens (1912-1914) d’où il sortit instituteur-stagiaire à l’école annexe d’Amiens.

Mobilisé en avril 1915 dans l’infanterie, promu aspirant dès le 1er septembre, il fut blessé aux jambes par une grenade le 4 juillet 1917. Hospitalisé pendant 12 mois, il reprit son service en juillet 1918 et fut démobilisé le 22 avril 1919, pensionné (15 % d’invalidité). Il conserva de la guerre un souvenir de constante horreur. Il fut pourtant nommé adjudant de réserve, le 16 novembre 1924.

André Bernard se maria le 27 novembre 1919 à Amiens avec Germaine Poiré employée de commerce, fille d’un employé de commerce. À la rentrée scolaire 1919, il fut nommé instituteur à Villers-Campsart, puis instituteur délégué à l’école primaire supérieure de Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) en 1922.

Reçu à la première partie du certificat d’aptitude au professorat (lettres) des ENI et des EPS en 1923, il fut promu professeur adjoint en 1925. Muté à l’EPS d’Amiens en 1926, reçu à la deuxième partie du professorat, il y fut nommé professeur en 1927. Il souhaita obtenir un poste à l’ENI d’Amiens, soutenu par des parlementaires, mais l’administration refusa en raison de son ignorance de l’anglais.

Selon l’inspecteur d’académie en 1928, André Bernard donnait des conférences sociales et politiques dans la région. Il s’inscrivit à la Ligue des droits de l’Homme et au Parti socialiste SFIO dont il devint rapidement l’un des plus actifs propagandistes dans la Somme, « inlassable, enthousiaste, irrésistible, Bernard parlait aux gens les villes, aux paysans et sur les salles frémissantes s’allumait l’espérance » (Pierre Doutrellot, Le Cri du peuple, 6 décembre 1956). Ecrivain, poète, rédacteur de l’hebdomadaire socialiste de la Somme Le Cri du Peuple, il siégea pendant des années à la commission exécutive fédérale de la Somme du Parti SFIO (voir Alexis Mailly). Toujours selon l’inspecteur d’académie, au milieu des années 1930, son activité strictement politique ralentissait au bénéfice de la Ligue des droits de l’Homme.

N’aimant guère briguer les suffrages des électeurs, il fut cependant conseiller municipal d’Amiens de 1925 à 1935, et candidat aux élections législatives de 1932 dans la circonscription de Montdidier. Il était syndiqué au SNPES (Syndicat national du personnel des EPS) de la FGE-CGT.

Mobilisé en septembre 1939, il fut fait prisonnier le 2 juin 1940 à Saint-Dié (Vosges) et resta captif en Allemagne jusqu’au 1er juin 1941. Il retrouva son poste à la rentrée suivante. Membre du réseau « Libération-Nord » et du Comité d’action socialiste pendant l’Occupation, diffuseur de Libération Nord, il organisa des réunions avec plusieurs mouvements et réseaux. Incarcéré pendant deux mois, après avoir été arrêté par la Gestapo le 2 août 1943, il fut interdit de séjour dans la Somme, et exerça comme professeur de lettres et de grammaire au collège moderne de Douai (Nord) où il était en résidence surveillée.

À la Libération, André Bernard retrouva son établissement à Amiens, devenu collège moderne, où il enseigna jusqu’à sa retraite, en 1956. Il conservait des relations avec le syndicalisme enseignant de la FEN, au SNCM puis au SNES.

Faisant partie du noyau dirigeant de la fédération socialiste de la Somme, il fut nommé au conseil municipal d’Amiens en octobre 1944, et en resta membre jusqu’à son décès. Il fut en outre secrétaire de la fédération départementale de la Ligue des droits de l’Homme.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16386, notice BERNARD André, Arthur, Pierre (dit BERNARD-ANDRÉ) par Jacques Girault, Yves Le Maner, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 23 décembre 2021.

Par Jacques Girault, Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Dép. Somme,79W142/2101, état civil, registre matricule. — La Résistance dans la Somme, DVD Rom. Fondation de la Résistance, AERI 80. — Le Cri du Peuple, 8 février 1947 et 6 décembre 1956. — Notes d’Alain Dalançon, Pierre Doutrellot, Philippe Pauchet et Léon Tellier.

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