ALCON-FERNANDEZ Émiliano

Par Daniel Grason

Né le 5 janvier 1911 à Valladolid (Espagne) ; terrassier ; résistant FTP ; déporté.

Émiliano Alcon-Fernandez fit partie d’un groupe de FTP-MOI avec Sébastien Madueno, Georges Perez, José Garcia, José Delgado et Domingo Tejero-Perez qui opéra à Bordeaux (Gironde). En juillet 1942, une bombe était déposée sous un camion allemand près du parc des sports de la ville, puis une cartouche de dynamite sous un camion allemand en stationnement rue Notre-Dame. Il assura la protection de José Delgado quand celui-ci enfonça un poinçon dans le dos d’un militaire allemand rue Davion. Les autorités firent appel à la délation par voie de presse et offrirent une prime de cinq mille francs pour celui ou celle qui permettrait l’arrestation des « terroristes ».

Les six hommes estimèrent plus prudent à la mi-août 1942 de quitter Bordeaux pour Paris. Ils arrivèrent dans la capitale vers le 20 août. Le 12 septembre avec en protection Georges Perez et José Delgado, Émiliano Alcon-Fernandez cassait la glace de la vitrine de la permanence des jeunesses populaires françaises (JPF), organisation de jeunesse du PPF, 15 Rue André-Chénier à Issy-les-Moulineaux. Il pénétrait dans la boutique, versait deux litres d’essence et y mettait le feu.

Le 16 septembre rue de Cadix, XVe arr., Émiliano Alcon-Fernandez et Georges Perez assuraient la protection de José Delgado qui tira sur deux militaires allemands, ceux-ci ne furent pas touchés. Le 19 il assura la protection de José Delgado quand il fit feu sur un soldat allemand à Issy-les Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine). Le 26 il assurait la protection de José Delgado quand il tira trois balles dans le dos du Hauptfeldwebel (sous-officier) Siebert, avenue Secrétan XIXe arr.

Le 30 septembre, le groupe réalisa une opération très audacieuse contre les jeunesses populaires françaises dans la cour de l’immeuble du PPF, rue Raffet, XVIe arr. Les jeunes collaborationnistes étaient alignés en carré, pour saluer la levée des couleurs, trois hommes surgirent, jetèrent des grenades et tirèrent : deux morts et plusieurs blessés. Une poursuite s’engagea Domingo Tejero-Perez et José Delgado parvinrent à s’enfuir, mais Émiliano Alcon-Fernandez était rattrapé au métro Jasmin.

Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales par des hommes de la BS2, il fut probablement battu, puis incarcéré et livré aux Allemands. Le 25 mars 1943 il était dans un wagon de voyageurs qui partit de la gare de l’Est à destination de Mauthausen (Autriche), transféré au Kommando d’Ebensee au pied des Alpes autrichiennes. Les détenus travaillaient à la création de quatorze usines souterraines creusées dans la montagne, ces installations devaient produire de l’essence synthétique et des armes secrètes. Le 5 mai 1945 le camp fut libéré par l’armée Américaine commandée par le général Omar Nelson Bradley, classé « NN » (condamné à disparaître), matricule 25285 la destinée d’Émiliano Alcon-Fernandez demeure inconnue.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article163879, notice ALCON-FERNANDEZ Émiliano par Daniel Grason, version mise en ligne le 15 septembre 2014, dernière modification le 10 juin 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1751, BA 1752, PCF carton 13 rapports hebdomadaire sur l’activité communiste, 77W 428. – S. Courtois, D. Peschanski, A. Rayski, Le sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989, pp. 181-183. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004.

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