LEJEUNE Joseph [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot et Gauthier Langlois

Né le 24 mai 1828 à La Flèche (Sarthe) ; homme de lettre, il fut arrêté suite au coup d’État du 2 décembre 1851 puis, expulsé, se réfugia en Belgique, à Jersey et aux États-Unis.

Joseph Lejeune photographié à Jersey en 1853 ou 1854
Joseph Lejeune photographié à Jersey en 1853 ou 1854
Photographie réalisée sans doute par Auguste Vacquerie ou Charles Hugo.
(Source : Maison de Victor Hugo - Hauteville House à Guernesey, Album Philippe Asplet, fol. 32)

Il était fils d’un couple d’artisans de la Flèche : le cordonnier Pierre Étienne Lejeune et son épouse Marie Madelaine Foulon. En 1851 il était marié, âgé de 25 ans et résidait 23, rue Caumartin à Paris (Ier ancien arr., actuel IXe arr.).

Arrêté au lendemain du coup d’État du Deux décembre, il fut interné à bord du ponton Duguesclin, en rade de Brest (Finistère) puis expulsé sur décision de la commission de révision de Paris. Celle-ci justifia cette mesure par le commentaire suivant : « Démagogue. Connu par l’exaltation de ses opinions anarchiques. A nié avoir pris part à l’insurrection, mais a déclaré que l’eût-il fait, il eût été dans son droit. Saisie de pièces manuscrites très compromettantes ».

Il se réfugia d’abord en Belgique puis à Jersey où il retrouva nombre de proscrits dont Victor Hugo. Il participa à leurs activités politiques et notamment, le 11 novembre 1853, à l’assemblée générale des proscrits républicains résidant à Jersey, qui déclara le sieur Julien Hubert comme espion et agent provocateur de la police de Napoléon III.

Avec Jean Courtès, Jean-Marie Ribaut, Auguste Lemeille, Auguste Le Floch, Félix Delamarre et leurs familles il obtint pour lui et sa femme un passage gratuit du Gouvernement britannique pour l’Amérique. Ils partirent pour Liverpool par le steamer City of Limerick. Puis de là ils partirent par le Sir Robert Peel vers New-York où ils arrivèrent le 26 juillet 1854.

De retour en France, il obtint une pension au titre de la loi de réparation nationale de 1881.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article164201, notice LEJEUNE Joseph [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot et Gauthier Langlois, version mise en ligne le 20 septembre 2014, dernière modification le 8 janvier 2021.

Par Michel Cordillot et Gauthier Langlois

Joseph Lejeune photographié à Jersey en 1853 ou 1854
Joseph Lejeune photographié à Jersey en 1853 ou 1854
Photographie réalisée sans doute par Auguste Vacquerie ou Charles Hugo.
(Source : Maison de Victor Hugo - Hauteville House à Guernesey, Album Philippe Asplet, fol. 32)

SOURCES : Archives de la Sarthe, Acte de naissance. — Archives nationales, F/7/*/2592 (liste générale), F15/4169 (demande de pension tardive), BB/22/190. — Service historique de la Défense, 7 J 23. — Archives de la Marine, Port de Brest 2A/2 222. — Maison de Victor Hugo - Hauteville House à Guernesey, Album Philippe Asplet, fol. 32. — Denise Devos, La Troisième République et la mémoire du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, Paris, Archives nationales, 1992, p. 457. — A la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey : imp. universelle, [1853]. — Robert Sinsoilliez, Marie-Louise Sinsoilliez, Victor Hugo et les proscrits de Jersey, Ancre de marine, 2008, p. 162. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Lejeune - Joseph », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013.

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