MARTINACHE Eugène [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Né à Orchies (Nord) le 10 juin 1817, demeurant à Lille, Eugène Martinache était officier de santé militaire. En 1848, il appartenait au groupement de la Société républicaine qui fut absorbé, le 17 décembre 1848, par L’Humanité, première société coopérative de consommation. Il était l’un des rédacteurs du journal Le Peuple, et avait une influence considérable sur la classe ouvrière. Il participa à l’élaboration du programme définitif de L’Humanité. Il en devint le médecin et s’intitulait « médecin de l’Humanité ». Il fut l’un de ceux grâce à qui la société put organiser des cours d’instruction populaire. C’était un socialiste ennemi de la violence.

Au moment des élections du 23 avril 1848, Eugène Martinache obtint quelques milliers de suffrages, mais l’on ne saurait dire s’il fit, réellement, acte de candidature. En 1850, lorsque les persécutions policières commencèrent contre L’Humanité, il fut nommé président de l’association.

Au moment du coup d’État, Eugène Martinache dut fuir, et les autorités le firent exécuter en effigie sur l’esplanade de Lille. Exilé volontaire en Belgique, il passa ensuite en Grande-Bretagne, et de là partit aux États-Unis.

Militant républicain actif, membre de la Société de la République universelle de New York, Martinache fut nommé organisateur officiel en août-septembre 1853 de la manifestation mise sur pied par le comité des « citoyens naturalisés et des réfugiés politiques de diverses nations » membres de la SRU pour soutenir le capitaine américain Ingraham : ce dernier avait pris le parti de sauver le Hongrois Martin Koszta, alors séquestré par les Autrichiens. En septembre de la même année, il était membre du comité provisoire démocratique qui s’affairait à préparer les statuts de la future Société de la République universelle (fondée le 8 octobre). Il fit partie de la direction élue lors de la fondation (avec Gerdy, Campdoras, Bacarisse, Saint-Gaudens et Morel).

Martinache fut également élu membre, en août 1854, du comité de direction de l’Imprimerie démocratique française installée dans les locaux de la SRU 80, Leonard str. (de même que Arpin, Baron, Caussidière, Écharte, Forbes, Frey, Gerdy, Mercier, Raszewski, Ricateau, Rodriguez et Vogeli). Il résidait alors 38 Lispenard street.

De retour en France, il demanda et obtint une pension au titre de la loi de réparation nationale de 1881.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article164514, notice MARTINACHE Eugène [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 23 septembre 2014, dernière modification le 23 septembre 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : Arch. Dép. Nord, M 140/34 ; AN, F15 4065, dossier 20 ; A.-M. Gossez, Le Département du Nord sous la Deuxième République, Lille, 1904, pp. 307-308, 387 ; Jean Gaumont, Histoire générale de la Coopération en France, Paris, FNCC, 1924, t. I ; Denise Devos, La Troisième République et la mémoire du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, Paris, Arch. nat., 1992 ; Charles Clerc, Les Républicains de langue française aux Etats-Unis, 1848-1871, Thèse, Univ. Paris XIII, 2001, p. 192-93, 195, 235 et suiv, 264.

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