MEINDRE ou (MINDRE) Jean [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Communiste icarien né le 10 avril 1809 à Faverolle (France), Jean Meindre s’était installé à Paris pour y exercer son métier de maçon. Répondant à l’appel de Cabet, il partit pour les États-Unis le 2 novembre 1848 avec le premier Grand départ du Havre (son certificat d’admission en Icarie avait été signé par Cabet le 6 octobre 1848). Arrivé à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) le 7 décembre, il rejoignit les Icariens. En mars 1849, il décida de partir avec eux à Nauvoo (Illinois). En 1850, il soutint Cabet face à ses opposants au sein de le communauté.

Jean Meindre demanda la citoyenneté américaine le 30 juillet 1852. En 1854, il était employé à l’atelier de fabrication de merrain et comme mineur de charbon par la communauté.

En juillet 1855, Jean Meindre se rangea aux côtés des opposants à Cabet, et il vota contre ce dernier le 12 mai 1856. Il partit quelques années plus tard avec la communauté pour s’installer à Corning (Iowa). Il y fit office de sabotier et de porteur d’eau. Pour bien montrer ses sentiments anti-royalistes, il avait baptisé ses bœufs Duc et Berry et il les injuriait copieusement lorsqu’il allait remplir sa citerne.

Lors de la scission de 1877, Jean Meindre resta fidèle à la Vieille Icarie, et le 1er mai 1879 il figurait parmi les signataires de l’acte d’incorporation de la Nouvelle société icarienne.

Dans ses souvenirs, Marie Marchand a décrit dans les termes suivants ce célibataire endurci : « Il chiquait continuellement et ne se lavait jamais. Toutes ses histoires commençaient ainsi ‘Pas’que mon ami…’. Son teint laiteux faisait l’envie de toutes les jeunes filles, et il ressemblait à un chérubin avec ses yeux bleus, ses fossettes et ses cheveux roux. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article164608, notice MEINDRE ou (MINDRE) Jean [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 24 septembre 2014, dernière modification le 24 septembre 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : Federal census 1850 ; Naturalization Records, Hancock County, Ill. ; Le Populaire de 1841, 1er juillet 1849 entre autres ; Colonie icarienne, 27 septembre 1854 ; Étienne Cabet, Guerre de l’opposition contre le citoyen Cabet, août 1856 ; Revue icarienne, n° 1, octobre 1856 ; Jules Prudhommeaux, Icarie et son fondateur Étienne Cabet, Paris, Cornély & cie, 1907, p. 632, 658 ; Fernand Rude, « Allons en Icarie ». Deux ouvriers viennois aux États-Unis en 1855, Grenoble, PUG, 1980, p. 171 ; Marie Marchand-Ross, Child of Icaria, New York, City Printing Company, 1938 ; Notes de Robert Sutton et François Fourn.

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