DUC Élie, Robert

Par Dominique Tantin

Né le 3 juillet 1910 à Hiers-Brouage (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), fusillé le 11 janvier 1944 au camp de Souge, commune de Martignas-sur-Jalle (Gironde) suite à une condamnation à mort ; marin et agriculteur ; résistant de l’Organisation civile et militaire (OCM), du groupe Honneur et Patrie et du réseau France Alerte en Charente-Maritime.

Élie était le fils de Pierre et de Jeanne Boisgrossiant. Le 20 août 1938, il épousa Madeleine Debert. De cette union naquirent trois enfants. Élie Duc résidait dans sa commune natale où il exerçait la profession de boucholeur (marin-paysan).
Il s’engagea dans la Résistance au sein du groupe « Honneur et Patrie », groupe Etchebarne (Robert Etchebarne, du réseau « Centurie » dans les Deux-Sèvres puis pour l’île d’Oléron), rattaché au mouvement de l’OCM et « France Alerte » de Charente-Maritime.
Élie Duc était actif dans le secteur de Marennes et Saint-Just-Luzac (Charente-Maritime, Charente-Inférieure), avec Guy Chotard, alias « Martin », Jacques Palacin, Paul Chiron, André Lecetre, Joseph Masquier, les frères Gorichon, Jean et René, leur cousin Roger, les frères Édouard, Victor Camus, et Marcel Neaud. Les 15 et 18 août 1943, il participa à la réception de parachutages d’armes à Saint-Just-Luzac à 500 mètres au nord-est du « Pont de la Bergère ».
Selon Jacques Jamain, délégué départemental de Mémoire et Espoir de la Résistance en Charente-Maritime, « Le 10 août 1943, un rapport de vingt pages, avec plans, aurait été remis par un commissaire divisionnaire, ex-commissaire central de La Rochelle, F... et son indicateur, le milicien H... au colonel Jodkum, 11 rue des Saussaies à Paris (siège de la Kommandantur de la Sipo-SD de Paris), puis transmis au service compétent, 72 avenue Foch [siège de la Sipo-SD dans le ressort du commandement militaire en France]. Un groupe de 15 policiers français et allemands de la Sipo de Paris, sous les ordres du colonel B..., se rendit à La Rochelle et fit procéder par la Feldgendarmerie à de nombreuses arrestations. Elles commencèrent à La Rochelle, au mois de septembre, et se poursuivirent dans le département » au mois d’octobre.
C’est dans ce contexte qu’Élie Duc fut arrêté le 10 octobre 1943 par la police française et la Sipo-SD de Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), à la suite de la découverte d’un dépôt d’armes à Saint-Just-Luzac, dans la ferme des Gorichon (également fusillés). Il fut interné à la prison Saint-Maurice de Rochefort jusqu’au 20 novembre 1943 puis transféré au fort du Hâ (Bordeaux, Gironde) avec soixante-dix-sept autres détenus de Charente-Inférieure (Charente-Maritime).
Ils furent jugés par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur 540 de La Rochelle siégeant à Bordeaux, présidé par le Kriegsgerichtrat Weide. Élie Duc fut l’un des vingt et un condamnés à mort le 29 décembre 1943 pour « aide à l’ennemi ». Il fut exécuté au camp de Souge le 11 janvier 1944, avec ses camarades, dont Félix Etchebarne, René et Jean Gorichon, Jacques Palacin et Pierre Wiehn. Ils quittèrent les cellules du fort du Hâ en chantant « la Marseillaise ».
Louis Prunier fut exécuté le 1er février. Édouard Camus, de Marennes, qui a réussi à échapper aux arrestations, fut condamné à mort par contumace. Trente-huit furent condamnés aux travaux forcés, et déportés. Vingt-quatre ne rentrèrent pas, dont : Pierre Balluret, Jean Gautier, Jean Hay, Clotaire Perdriaud, Marcel Neaud. Trois furent condamnés à une peine de prison. Seize furent libérés le 14 janvier 1944.
Une rue d’Hiers-Brouage porte le nom d’Élie Duc.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article164634, notice DUC Élie, Robert par Dominique Tantin, version mise en ligne le 24 septembre 2014, dernière modification le 3 janvier 2022.

Par Dominique Tantin

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – René Terrisse, Face aux pelotons nazis. Souge, le Mont-Valérien du Bordelais, Aubéron, 2000. – Site Internet : www.memoresist.org/. – Témoignage de Jacques Jamain. — Site de Souge

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