MESNIER Charles (aîné) [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Communiste icarien originaire de Paris, marié et père de famille, Charles Mesnier partit aux États-Unis le 4 mai 1852 avec ses parents, son frère et sa sœur. En juillet 1854, il était membre de la communauté de Nauvoo (Illinois). Il y vivait avec son seconde épouse Caroline et sa fille Joséphine-Aglaé (née le 25 mai 1844). Cette même année, il occupait la fonction de président de la communauté icarienne, fonction dans laquelle il fut reconduit le 27 janvier 1855 en raison de son apparente neutralité dans les luttes de factions qui secouaient la communauté. C’est ainsi que le 27 janvier 1855, il présidait l’assemblée générale de la communauté qui décida l’expulsion de Camus (voir ce nom).

Comme son père, Charles Mesnier opta finalement pour soutenir Cabet contre ceux qui avaient résolu de l’expulser de la communauté. Le 12 mai 1856, Charles Mesnier se prononça en faveur de Cabet, et il fut élu peu après dans la gérance mise en place par la minorité au moment de la séparation en août 1856.

Charles Mesnier suivit Cabet à Saint-Louis (Missouri). Après le 8 novembre 1856, il était toujours l’un des cinq gérants de la communauté des exclus de Nauvoo (avec Vogel, Heggi, Roy et Mercadier). Membre à partir de 1858 de la communauté de Cheltenham, il s’engagea en même temps que son père dans l’armée de l’Union en juin 1861. Il combattait encore en 1862.

Après la guerre de Sécession, les Mesnier s’installèrent définitivement à Saint-Louis. Membre de la section locale de l’Union républicaine de langue française, Charles Mesnier fut l’un des dirigeants du comité mis en place au sein de cette dernière à l’automne 1870 pour défendre la cause spécifique de l’Alsace Loraine.

En qualité de secrétaire de la section de Saint-Louis de l’URLF, il signa dans les premiers jours de mai 1871 le communiqué de soutien à la Commune de Paris : « Droits imprescriptibles de l’individu, les plus grandes libertés municipales dans la Commune, la République pour la France ; telle est la cause pour laquelle vous combattez… Nous venons vous dire que nous sommes avec vous et que nous approuvons votre conduite…Nous défendons ce que le drapeau rouge représente. Nous déclarons répudier le drapeau tricolore qui, au nom de la patrie et de la liberté est à jamais déshonoré […] Nous sommes forcés de reconnaître que l’Assemblée conduirait la France à la monarchie si on ne l’arrêtait pas. » Les autres signataires étaient V. Coëffé, G. Pierrot et B. Mercadier.

C’est sans doute lui — à moins qu’il ne s’agisse de son père — que l’on retrouve parmi les membres et sympathisants de la section française n° 14 de l’AIT ayant versé de l’argent aux souscriptions au bénéfice des réfugiés de la Commune et des veuves et orphelins des combattants parisiens en 1872 et 1873.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article164652, notice MESNIER Charles (aîné) [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 24 septembre 2014, dernière modification le 24 septembre 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : BN, Nafr. 18 148, f. 277 (Assemblée générale des Icariens à Nauvoo le 27 août 1854) ; Étienne Cabet, Guerre de l’opposition, août 1856, p. 63-64 ; Colonie icarienne, 16 août 1854 ; Bulletin des Lois, n° 9, 1er mars 1858 ; Le Messager, 15 octobre 1870, 10 mai 1871 ; Le Socialiste, 20 janvier 1872, 23 février 1873 ; Jules Prudhommeaux, Icarie et son fondateur Étienne Cabet, Paris, Cornély & cie, 1907, p. 340, 459 ; Fernand Rude, « Allons en Icarie ». Deux ouvriers viennois aux États-Unis en 1855, Grenoble, PUG, 1980, p. 171-172 ; Charles Clerc, Les Républicains de langue française aux Etats-Unis, 1848-1871, Thèse, Univ. Paris XIII, 2001, p. 324, 383 ; Note de François Fourn.

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